‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 111 sur 240 · LIVRE TI, CHAPITRE IF · texte numérisé non relu

LIVRE TI, CHAPITRE IF

nant le considérer sous un autre point de vue, et l'envisager comme l'astre fécond qui, par sa chaleur, appelle tous les êtres à la génération, et répand dans le monde sublunaire tous les bienfaits du ciel. Ce n’est plus le soleil fort; c'est le soleil bienfaisant et Jfécond qui va s'offrir à nous; c’est le génie tutélaire de la végétation

Mniverselle qui met en mouvement la terre par un ferment intérieur, et fait éclore et müûrir les productions qui tous les ans sortent de son sein, depuis le moment où le soleil revient dans notre hémisphère jusqu'à ce quil repasse vers les régions australes du monde.

C'est sous ce rapport qu'il s'appelle Osiris, époux d'Isis, Dieu du labourage et bienfaiteur des hommes qu'il enrichit des dons de la Divinité; laquelle, dit Jamblique, varie ses noms à raison de ses diverses Opérations [60], et prend en particulier celui d'Osiris (a), quand elle verse sur nous ses bienfaits. Osiris est donc le soleil, considéré comme bon principe et source des biens dont l’homme jouit ici bas. Aussi Jui oppose-t-on pour ennemi Typhon qui, dans la théologie égyptienne, est l’antagoniste d'Osiris, comme Arhiman l'est du bon principe Ormusd dans la théologie des Perses. Voilà donc le caractère particulier que l’on doit considérer dans le Dieu-soleil sous son nom d'Osiris, et celui auquel doivent se rapporter les attributs et toute l’histoire merveilleuse de cet asire sous la dénomination d'Osiris. L'examen que nous allons en faire justificra notre assertion.

Les hommes , qui les premiers habitèrent l'Égypte $ suivant Diodore de Sicile (8), frappés du spectacle des

(a) Jamblich. , ce. 39. — (b) Diod., 1. 1, e, 17, p. 14.

cieux et de l’ordre admirable de toute la Nature, crurent.

apercevoir dans le ciel deux causes premières’ et éternelles, ou deux grandes divinités , et ils appelèrent l’une ou le soleil, Osiris, et l’autre ou la lune, Isis [Gr]: Cette ancienne opinion des Égyptiens sur le soleil et sur la lune, considérés comme causes de toutes les générations d’ici-bas, ou comme premiers Dieux, leur était commune avec les Phéniciens , comme nous le dit Eu-

sèbe dans le passage que nous avons rapporté déjà dans

le premier livre de cet ouvrage. Elle est conforme à la

doctrine de Chérémon et des plus savans prêtres ae l'Égypte , qui pensaient que les premiers Égyptiens n'avaient eu d'autres divinités que les astres, et principalement le soleil et la lune; qu'ils avaient toujours regardé celui-là comme le grand architecte de l'Univers ; et conséquemment que la grande fable d'Osiris et d’Isis devait s'expliquer par le soleil et la lune et par les apparences célestes. Diodore ajoute (a) que l'administration du monde, d’après les dogmes des Égyptiens, était censée dépendre de ces deux grandes divinités; et que tous les corps sublunaires tiraient d’eux leur nourriture

et leur accroissement durant la révolution annuelle

qu'ils engendrent , et les différentes saisons qui la partagent ; que de l’action combinée des natures variées et

opposées de ces deux causes résultait l’heureuse harmonie , d’où se compose la température de l’année ; que

ces deux divinités contribuaient plus qu'aucune autre à la génération de tous lestêtres, étant dépositaires , l’une des qualités ignées et spiritueuses , et l’autre des qua-

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(a) Diodor., 1. 1, 0. 11, p. 15.

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