LIVRE 11, CHAPITRE II
les muses qui l'ont placée aux cieux. Nous avons donc projeté ces constellations sur un planisphère dans le voisinage des points équinoxiaux, ou aux termes de la carrière que parcourt Osiris dans la partie supérieure de notre hémisphère.
On sait que le grand chien ou Sirius fut honoré sous le nom d’Ænubis en Égypte , ét qu'il était le paranatellon du taureau. On se rappelle ce beau vers de Virgile : « Lorsque le taureau brillant ouvre avec ses cornes dorées les portes de l’année, et que le chien céleste, se couchant avec lui, abandonne l’Olympe (a). » Le commentateur de Virgile , Servius, fixe cette époque du coucher héliaque du grand chien au temps où le soleil parcourt le taureau. Columelle marque ce coucher pour la veille des calendes de mai(b), qui de son temps répondaient vers le milieu du taureau.
Le calendrier des pontifes romains fixe au lendemain Je lever de la chèvre qui fait partie du cocher (c), et qu'on dit être la femme de Pan. Effectivement , dans le planisphère égyptien de Kirker, on voit sur le taureau une figure de Pan avec sa flüte à sept tuyaux. Nous le trouverons encore bientôt uni au taureau, dans le planisphère qui nous servira à expliquer les courses d'Tsis. Columelle place ce lever au 3 des calendes de mai (d), toujours sous le taureau , lorsque le soleil répond vers le milieu de ce signe, qui autrefois était le premier à partir de l’équinoxe du printemps. Quant à Orion qui est placé aux cieux sous ce même taureau,
(a) Virg. Georg. 1, v. 2197. Servius, ibid. — (b) Columelle, L. 11, ©. 2, p. 425. — (c) Ovid. Fast., 1. 5. — (d) Ibid. Columelle, 1. 11,
Ce 2,
son coucher héliaque précède de quelques jours celui du chien, mais alors il se couche cosmiquement avec le taureau. Aussi le calendrier des pontifes (a) marque-til un coucher d'Orion sous le taureau. C’est également au à avant les calendes de mai, ou sous le taureau, que le calendrier de Germanicus César fixe le coucher total d'Orion (b). Nous l’avons déjà placé dans notre planisphère d'Hercule sous ce même signe du taureau, etil y joue un rôle sous le nom de Busiris, amant et ravisseur des Atlantides ou des pleïades. Les gémeaux , Qui suivent immédiatement le taureau, se couchent héliaquement lorsque le soleil arrive vers le milieu du taureau. On leur a donné, entre autres noms, ceux de Triptolème et d'Apollon a
Les autres constellations sont celles qui avoisinent l’équinoxe d'automne , et qui par leur lever du soir fixaient le départ du soleil dans la route supérieure des signes , le jour même où celles dont nous venons de parler le fixaiént par leur coucher du soir ou par leur lever du matin. Ces constellations sont le loup , l’'Hercule, soit Zngéniculus, soit Esculape, et la Iyre d’'Apollon consacrée par les muses et placée par elles aux cieux. Il n’est pas difcile de s'assurer, à l’aide d’un olobe qu'elles montent avec le scorpion ou avec le signe opposé au taureau équinoxial. Nous pouvons y joindre de plus les autorités des anciens auteurs. Hygin (d) et Eratosthène placent le loup au nombre des paranatellons du scorpion , autrefois signe équinoxial d'automne. La sphère indienne de Scaliger l’y met aussi. Eratosthène
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(a) Ovid. Fast., 1. 5, — (b) Germ. Cæs. sûb Finem. — (c) Hygin., 1.2. — (d) Ibid., 1. 4, c. 13,