LIVRE IT, CHAPITRE III
des gémeaux, trouve donc sur sa route les mêmes ornemens et les mêmes chiens que la lune rencontre dans sa station du cancer, c’est-à-dire une couronne de mélilot, des chiens, et, entre autres, le fameux Anubis ; ce qui ne doit point nous surprendre, si Isis et la lune sont la même Divinité. Les tableaux du ciel s'accordent donc en-
core Ici entièrement avec ceux de la légende d’Isis. Suivons cette Déesse dans son passage sous le lion, signe qui sert de domicile au soleil où au Dieu de Biblos, Adonis, qui même en prend Pépithète de Biblus- Adonis (a). Là, elle trouve le roi d’Éthiopie, où Céphée, paranatellon de ce signe , et le fleuve du verseau qui est en opposition avec le lion, et qui en fixe par son ascension les divisions : car le lion sé couche toujours au lever du fleuve du verseau. Qu'arrive-t-il à Isis après avoir irouvé Anubis? Elle se transporte à Biblos, ét ‘va se placer près d'une fontaine où elle avait appris que s'était arrêté le coffre sacré qui recelaït le corps de son époux : là , elle s’assied triste et muette , Et verse un torrent de larmes. Elle y trouve un roi et une reine ; et des femmes, attachées à la princesse , l’invitent à venir à la cour. On la charge de nourrir un jeune enfant à la mamelle : € était le fils du prince. Isis nourrit l'enfant ; mais, au lieu du bout de son sein ; c'est le bout de son doigt qu'elle lui met dans la bouche. Elle brûle pendant la nuit les parties de son Corps qui étaient mortelles, et elle-même prend des ailes, et , S'envolant sous la forme d’hirondelle, elle va se placer près d’une colonne, laquelle renfermait le coffre qui contenait le corps de son
époux. |
Re tn (@) Martian. Capell. Hymn. in Solem.
Quels tableaux nous offre le ciel? Celui d’une fontaine, celui d’un roi et de son épouse, c'est-à-dire Céphée et Cassiopée; celui d’une femme, c'est Adromède leur fille: celui d’une autre femme qui allaite un enfant, comme fit Isis: c’est la vierge céleste qu'Ératosthène appelle limage d'Isis ou Isis; celui du poisson-hirondelle ou de l’hirondelle placée sur le mât du vaisseau, qui croît, et qui, montant peu à peu, devient cette grande colonne près de laquelle se trouve le coffre précieux. Isis aussitôt s'embarque avec le fiis aîné du roi ; elle dessèche un fleuve d'où s'élevait lé matin un vent trop dur [92|.
Que trouvons-nous dans la sphère à la suite des tableaux que nous venons de voir ? Persée , gendre du roi d'Éthiopie , et son fils conséquemment ; le vaisseau céleste, appelé vaisseau d'Isis ; et le fleuve d’'Orion, qui se couche alors le matin, et que l’allégorie dit avoir été desséché par Isis. On verra dans la suite la même idée exprimée dans l’Apocalypse, par l’image d’un fleuve que la terre engloutit au moment.où l’auteur de cet ouvrage voit dans le ciel une femme accouchant d’un jeune enfant destiné à régner sur le monde : cette femme a des ailes à l’aide desquelles elle prend la fuite devant le dragon qui la poursuit.
Suivons toujours Isis. Où la conduit son vaisseau ? Chez le nourricier d'Orus à Boutos. Où va la lune ? Elle entre dans le signe de la balance, à l’entrée duquel se trouve le bootès appelé le nourricier d'Orus. Isis rencontre donc ici tout ce que rencontre la lune. Que faitelle alors ? Elle dépose à l'écart le coffret précieux (a).
(a) De Iside, p. 358.