‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 146 sur 240 · LIVRE II, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE I

Il est bientôt trouvé par Typhon qui chassait au clair de la lune. Quel était le chien de Typhon ? L’ourse céleste, dit Plutarque ; cette ourse fut appelée autrement le porc d'Érymanthe. C’est là ce qui donna lieu à la tradition égyptienne rapportée par Plutarque (a), lorsqu'il nous dit que Typhon poursuivait à la pleine lune un porc, quandil trouva le coffre [93 ] qui renfermait le corps - d'Osiris. Il le brisa pour en tirer ce corps qu'il coupa en quatorze morceaux (b); ce sont ces morceaux épars que rassemble [sis. Quels tableaux nous présente le ciel dans la partie où la lune se trouve pleine, avant qu’'Isis retrouve son époux ressuscité , ou dans la dernière pleine lune, qui avait lieu avant la néoménie équinoxiale qui les réunit l’un’ et l’autre dans l’empire de la lumière ? Nous trouvons le dragon des Hespérides , celui dont Typhon prend la forme et les attributs; nous trouvons l’ourse céleste , ou Le porc d'Érymanthe , le chien de Typhon. Voilà les paranatellons qui composent le coriége de la dernière des pleines lunes, qui arrivent pendant le temps que le soleil reste dans l'hémisphère inférieur, ou de celle qui précède l’époque à laquelle il regagne l'hémisphère supérieur. Entre cette pleine lune et la néoménie équinoxiale , il s'écoule quatorze jours ; ce sont les quatorze morceaux (c) dans lesquels est partagé le corps d’Osiris ou la lumière du soleil, que reçoit la lune pleine [94], et qui est une émanation d'Osiris. Cette explication du démembrement des parties du COTPS d'Osiris, qui est la seule véritable, nous est donnée par Plutarque lui-même. « Quant au partage, dit Plutarque,

(a) De Iside, p. 354. — (b) Ibid, p. 358. — (c) Ibid., p. 368.

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du corps d'Osiris en quatorze parties, on doit y voir les quatorze jours qui s’écoulent depuis la pleine lune jusqu'à la nouvelle. C’est également pour cela qu'ils donnent la forme échancrée du disque lunaire au coffre qu'ils construisent en bois dans les funérailles 4’'Osiris , pour imiter la forme que prend la lune lorsqu'elle se rapproche du soleil et de la néoménie. Les vingt-huit années que l’on donne à la durée de la vie, ou, suivant d’autres, du règne d'Osiris, nous dit toujours Pluiarque (a), répondent aux vingt-huit jours de la durée de la lumière lunaire, à chaque révolution ou à chaque mois. »

Ces traditions précieuses, recueillies par Plutarque , justifient Le système d'explications que nous suivons ici, dans lequel toutes les aventures d'Osiris et d'Isis ne sont que les phénomènes luni-solaires, et se réduisent à la course du soleil et de la lune considérés dans leurs rapports entre eux et avec les signes supérieurs et inférieurs , avec l'hémisphère diurne et l’hémisphère nocturne, et avec les astres paranatellons. On se rappellera que nous ne faisons que suivre iei la marche que nous indiquent Chérémon et les autres savans égyptiens , pour l’explicaon des fables sacrées en général, et en particulier pour celle d'Osiris et d'fsis, qui n’est pas la seule , dit Chérémon, qui doive s'expliquer par ces principes. Nous avons rapporté ailleurs ce passage fondamental (b) que le lecteur fera bien de remetire sous ses veux, afin qu'il voie que notre marche est rigoureusement conforme aux préceptes qui nous ont été donnés par les savans égyp-

Uens, dans ce précieux passage.

(a) De Iside, p. 368. — (b) Voy. ci-dessus, L 1, €. 2.

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