LIVRE II, CHAPITRE II
dans lesquelles l’allégorie sacrée se plaisait à peindre les phénomènes de la Nature, et l’ordre éternel du monde dont l'administration était supposée confiée aux deux grands corps lumineux, le soleil et la lune , agens premiers des générations , dans le système théologique des Égyptiens , et honorés, à ce titre, sous les noms sacrés d’'Osiris et Isis. La philosophie ancienne et l'astronomie ont fourni le canevas de ces histoires que broda ensuite la poésie. Ce qui s'accorde parfaitement avec la réputation qu'avaient les Égyptiens, et surtout les Thébains, d'avoir été les plus anciens mortels qui eussent cultivé la philosophie et l'astronomie (a). Aussi voyonsnous dans Plutarque que les fêtes lugubres[ 121 |, danslesquelles on faisait commémoration de la mort d'Osiris, avaient quatre objets principaux (b) qui tous sont tirés de l’ordre de la Nature et des vicissitudes que la terre éprouve par l'éloignement du soleil[ 122] ; la retraite du Nil, la cessation des vents étésiens , l'accourcissement des jours et le dépouillement de la terre. Si les cérémonies religieuses, établies en l'honneur d'Osiris et d'Isis, avaient pour objet la Nature et ses phénomènes périodiques , les aventures merveilleuses de ces divinités et toute leur histoire allégorique peuvent-elles avoir un autre objet ? On voit par-là comment la théologie, chez tous les peuples , a toujours cherché à s’envelopper d’un voile mystérieux. Point de franchise chez les prêtres de tous les pays: tromper, et tromper toujours, voilà leur devise.
(a) Diodor., L. 1, c. 32, p. 59. — (b) De Iside, p. 366.