‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 21 sur 240 · LIVRE 11, CHAPITRE VIT · texte numérisé non relu

LIVRE 11, CHAPITRE VIT

ainsi animé , ne soit elle-même un animal vivant, comme tous les autres grands corps ; dont l'assemblage compose, celui du monde ? Il n’est ni absurde , ni impossible que l’ame de la terre ait aussi la faculté de voir : car il faut bien faire attention que cette.ame n’est pas celle d’un vil animal (a) qui n’a qu'une existence passagère, mais qu'elle est intelligente, et qu’elle est une véritable divinité. Cette opinion de Plotin (b) rentre dans celle des stoïciens qui, suivant Cicéron (c), placaient les différentes divinités dans les différentes parties de la Nature , où se répandaient l'ame et l'intelligence universelles. Par exemple , ils placaient Cérès dans l'ame de la terre [5] ; Neptune dans celle des eaux; Jupiter dans celle de l'éther, etc. Plotin, dit Marsilius Ficin (d), son commentateur, était persuadé que la terre était pleine d'animaux immortels , ainsi que tout l’espace qui. est entre la terre etles cieux, et surtout le ciel lui-même. Dans la théologie d'Orphée, on admet des génies terrestres , des génies qui habitent l'air , d’autres l’éther , tous de nature immortelle. Dans les un célesies il existe parcillement des animaux immortels et divins ; ce sont les astres. Dans les sphères planétaires, certains auieurs placent des génies (e) soumis aux planètes, et qui leur sont subordonnés , comme les petites étoiles du Firmament le sont aux grandes. Marsilius Ficin cite l'autorité de Théophraste, qui refuse le titre de philo-

(a) Plotin Ennead. 4, 1. 4, ©. 26. — (b) August. de Civit. Dei., L si c. 23. — (c) Cic. de Nat. Deor., 1. 1, c. 15; 1. 2, c. 25 et 26. —(d) Mars. Fic. Comment. in Ennead. 2, 1. 9, c. 8. — (e) Ibid. , 2, L 1, c. A c.251.9,c. 8. Ennead. 3,1. 1, c. 6,1. 2, c. 2 et 18. Ennead. 4, L. 5,

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sophe à tout homme qui nie que les astres soient des êtres vivans et animés, Quant à leur intelligence , elle est, dit-il, prouvée par la marche réguliére et par l’ordre admirable qu'ils suivent constamment. Je renvoie à ce commentateur lui-même (a) tous eeux qui seront jaloux de connaître à fond les principes philosophiques de Plotin sur l’ame et sur l'intelligence universelle du monde , sur les ames et sur les intelligences particulières du soleil , de la lune , des planètes, des astres , ainsi que sur celles qui étaient censées répandues dans tous les élémens.

On reconnaitra, par la récapitulation des différens passages et des autorités diverses qu'il a empruntés des diverses sectes de philosophes , ét surtout des platoniciens , la vérité de ce que dit saint Augustin (b) aux adversaires de sa religion. Lés ouvrages, dit-il, de vos philosophes supposent que le soleil et tous les autres astrés sont des êtres vivans, animés , parfaitement heureux, et immortels comme leurs corps célestes et divins. Augustin ne devait pas ignorer que cette opinion ne leur était pas particulière, et qu’elle fut souvent adoptée par les Chrétiens eux-mêmes. Origène a la même opinion que les philosophes anciens sur les astres considérés comme autant d'êtres vivans et animés (c). Augustin lui-même n’admet-il pas des intelligences dans les astres, quand il nous dit que chaque chose visible en

ie soes . ; 2:

(a) Mars. Fic. Comment. Ennead. 2,1. 1,c. 1, 2,3,4,5et6;Lo, c. 1, %et3; 1. 3, c. 3, 6, 9 et 13; I. 6, é. 7; L. 2, ec. 4,.11, 12, 14 et 15. Ennead. 3,1.:5, ec. 3 et 8; 1. 4, c. 2: Ennead. 4,1. 4, ec. 10, 31 et 3. Ennead. 5,1. 1,0. 2. — (») August. Civ. Dei, 1. 20, c. ss Ce DE Mel À c. 3,1. 13, 15. — (c) Photius cod. 3.

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