LIVRE II, CHAPITRE VII. Bi
des corps bien ordonnés » dénués d'ailleurs de vie et d'intelligence. Ce sont des ames » dit Simplicius (a) toujours d’après la doctrine de son maître , Quiimpriment le mouvement aux sphères, dans lesquelles se meuvent les fixes et les planètes, Le ciel > le plus divin et le plus élevé de tous les corps qui composent l'assemblage que nous appelons monde , s’embrasse lui-même de ses contours ; il se cherche lui-même , ainsi que l’ame et l’intelligence (8) qui le meuvent. C’est là le but qu'il veut atteindre par cette rotation éternelle sur luimême , qui est l'espèce de mouvement le plus parfait, celui qui a le plus d'énergie , et qui renferme en soi plus de bien. Ce mouvement circulaire lui est imprimé par l'ame (c), le ciel étant un être vivant et animé.
Macrobe (d), parlant de cette rotation ou de ce retour du monde sur lui-même, l’attribue aussi (e) au désir qui l’attache à la poursuite de l'ame, laquelle se distribue dans toutes ses parties , mais dont la portion la plus pure compose les ames intelligentes que Cicéron dit (f) animer les corps sphériques et lumineux que nous appelons des astres, ou des étoiles et des planètes, qui achèvent leurs différentes révolutions avec une célérité admirable. :
Cette doctrine de Cicéron est absolument la même que celle de Timée ou de Platon. Celui-ci dissémine les ames humaines dans les astres » et les met sous la conduite de ces intelligences premières qu'il appelle des Dieux , auxquels il confie le soin d'organiser les animaux
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(a) Simpl. de Cæl., p. 18; id. , 1. 3, pe 92 —; (6) Ibid: ‘p, 15: D (e) Ibid. , p. 18: — (4) Macrob. Som. Sp. } 44 ce: hit (e) Ibid., c. 14. — (f) Cicer. Som. Scip., c. 3.
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ba RELIGION UNIVERSELLE.
qui vivent dans l'air, dans l’eau et sur la terre , et suriout l’homme, roi des auires animaux.
Aussi Proclus, commentateur de Platon («), assuret-il que ce philosophe regardait le soleil , la lune et les cinq autres planètes, comme autant de corps animés et intelligens , puisqu'il y avait préposé des ames et des intelligences. Il y aurait une étrange inconséquence , suivant Plotin (b), à donner à l’ame humaine l’immortalité et la participation à la nature céleste et divine, et à refuser cette mème vie immortelle au ciel et aux étoiles, dont la substance estinfiniment plus pure ; d'autant plus que tout ce que nons voyons placé dans cette région offre le spectacle le plus orné et le plus beau qui soit dans la Nature. Le même Plotin (c) suppose que le ciel, et tout l'intervalle qui sépare la terre du ciel , est rempli d'êtres animés et immortels. Il ne conçoit pas comment on pourrait ne pas regarder comme autant de Dieux les étoiles , tant celles qui brillent dans les sphères inférieures, que celles qui ont leur siége plus laut dans le ciel des fixes , dans cette région élevée où tout marche dans un ordre si constant et si régulier, et avec une harmonie aussi admirable. Il place, conformément aux principes de Platon (4) , une ame , une intelligence et Ja divinité dans la masse immense de la terre, qui, sans cette supposition, n'eütpas été appelée par Platon la première et la plus ancienne des divinités. D'ailleurs , ajoute Plotin , si nous regardons chaque astre comme un animal vivant, qui empêche quela terre, qui fait partie del’univers
(a) Procl. in Tim. Plat., 1. 4, p. 255. — (b) Plotin. Ennead. 2, L 9, c. 5. — (ce) Ibid. , c. 8. — (d) Ibid. , 4, 1.4, c: 20.