‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 23 sur 240 · LIVRE LI, CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

LIVRE LI, CHAPITRE VIL

nombre de docteurs chrétiens en ont jugé de mème. Saint Augustin hésite, saint Jérôme doute si Salomon n'a pas donné une ame aux astres. Saint Ambroise n’en doute pas, et du temps d'Eusèbe cette opinion était trèés-commune chez les Catholiques. Parmi ceux qui sont dans l'Église, dit Pamphile » il y en a qui croient que les luminaires du ciel sont des animaux raisonnables, etc.; d'autres pensent qu'ils ne sont point animés ; mais ni les uns, ni les autres ne sont point hérétiques (a), parce que la doctrine ecclésiastique ne s'explique pas clairement là-dessus. Effectivement M. Huet a fait voir que la question de savoir si les astres sont animés, a été un problème que l'antiquité chrétienne n’a pas décidé.

Les Manichéens allaient plus loin ; ils soutenaient que tout était animé dans la Nature ; jusqu'aux pierres mêmes (b). C'était une suite de l'opinion qu'ils avaient sur l’ame universelle répandue partout. Manichée , dans sa lettre à Menoch (c), prétend que l'ame est répandue confusément dans tous les corps, dans toutes les saveurs, et en général dans toutes les espèces d'êtres. Alexandre de Lycople soutient même qu'ils enseignaient que tout est esprit dans la Nature’, ou que l'intelligence est répandue partout.

Ces différens dogmes des Manichéens ne sont que des conséquencés du système de Pythagore et de Platon sur l'ame du monde et sur l'intelligence universelle , Opinion que l’on retrouve pariout sous différentes formes. Les Chaldéens (d) avaient leur feu vivifiant, qui agite la

(a) Pamphil. Apolog. pro.Origen. , p. 128. — (b) Beausob:., t..2, 1. 6, c. 6, \ 14, p. 369. — (c) Manich. Ep. ad Men. apud August, Gp. imp., » 1.3, p. 162. — (d) Stanteb, de Phil. Chall., p. 1123,

matière, et qui la pénètre jusqu’au centre. Porphyre met de l'entendement partout; mais il le gradue depuis les astres jusqu'aux (a) plantes où il n’est qu'en semence. C'est aussi l'opinion de Tatien (b), qui dilférencie l'ame suivant Jes sujets qu’elle anime. Tatien croit tout cela fondé sur l'Écriture , et les docteurs juifs n’en doutent pas (c). {ls ont leur Sandalphon qu'ils définissent l’esprit de la Nature , lequel demeure dans le monde azilutique ou matériel, dont il anime et pénètre toutes les parties. L'opinion des Manichéens était celle de tous les philosophes anciens , à quelques nuances près (d).

Beausobre a rassemblé une foule d’autorités tirées

de la phosophie de tous les peuples, pour prouver l'u- | niversalité de l'opinion qui place une ame et une intelligence dans le ciel, dans le soleil, dans là lune , dans les planètes , et dans tous les corps célestes. H justifie les anciens d’avoir honoré le soleil , la lune et les astres, pusqu'ils les croyaient animés par des intelligences pures ; opinion qui a été admise par les docteurs chrétiens , dont plusieurs n’ont pas douté que les corps célestes ne fussent animés par des intéligences trèspures et très-saintes, qui réunissent le double avantage de la fumière corporelle et visible dont ïls resplendissent , et de la lumière spirituelle et intelligible qui éclaire leurs esprits. Ce sont des ames, suivant eux, revêtues de corps nmortels ét lumineux. IL est certain, ajoute Beausobre (e), que divérs pères , et des plus habiles , ont cru que le soleil, et en général tous lés astres,

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(a) Porph. Sént., n. 10, p. 221. — (8) Fat. Conf. Gen. , p. 159. — (e) Beausoh. Tbid., t. 2, Pur 2704 me (A) DEN. 7 Te 2 du 07 Le 15 T L0S p. 594, etc. — (e) Ibid. , t. 2, p. 599.

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