LIVRE 1, CHAPITRE VII
sont des êtres vivans [6]. Origène les appelle d'illastres prédicatèurs ; qui annoncent aux hommes les perfections de la divinité. Clément d'Alexandrie et l’auteur des recognitions qui portent le nom de Clément Romain (a), en ont jugé de même.
C'était l'opinion des anciens Égyptiens dont Clément d'Alexandrie adopta la doctrine. En eflet, ils placaient dans les astres les ames de leurs divinités; c'était la qu'elles brillaient d’un éclat éternel , suivant Plutarque (à) qui nous a donné un précis de leur doctrine religieuse. Invoquaient -ils leur grand Dieu Osiris dans leurs chants sacrés? ils le supposaient enveloppé de la lumière céleste qui brille dans le soleil (ce). Hercule était une autre dénomination (d) que l’on donnait à l’intelligence chargée de conduire le char du soleil, et qui était censée voyager dans cet astre. On faisait égalémént voyager Mercure dans la lune.
Les Perses ont aussi leur ange conducteur du soleil, qu'ils appellent l'ange Chur (e). C’est l'Apollon des Grecs, ou le génie tutélaire du soleil , lintelligehce divine qui y siége. C'est aussi lOrus égyptien , chargé de distribuer les saisons à la terre avec la lumière. Car Plutarque observe que l'intelligence qui préside an mou vement du soleil, et que les Grecs appelaient Apollon (f), était la mème divinité que les Égyptiens appelaient Orus [7]. Le mème auteur, dans un autre endroit de ses ouvrages , fait dire à un des interlocuteurs de ce
(a) Recogn. Clem., L. ‘5, 16, p. 544, coll. 2. — (b) Plut. de jade P. 300. — (ec) Ibid., # 372. — (d)1 ibid y P+ 367. — (e) Hyd, de Vet, Pers. Relig. , p. 26. — 5 Pluf. de Eside, p. 36.
dialogue : Pensez-vous qu’Apollon diffère du soleil (a)? Infiniment , répond l’autre. Mais le soleil a fait oublier Apollon , et son corps visible, en frappant nos regards, a détourné notre esprit de l’objet réel vers l'objet apparent.
Il résulte de cette opinion que le soleil n’est que le corps sensible, dont Apollon est l'intelligence. Aussi , Homère RATE le soleil intelligent et capable d’entendre Îles prières que lui adressaient ses adorateurs : lorsqu'il met ces mots dans la bouche d’Agamemnon , au moment où celui-ci le prend à témoin d’un iraité : O soleil , qui vois et entends tout. Cette apostrophe suppose bien qu'Homère croyait le soleil animé et intelligent ; je dis plus, l'existence du culte des astres le suppose ; car, comme nous l’avons déjà observé , sans cette persuasion point de culte. L’invocation de Sinon , dans Virgile (8), est du même genre. Apollonius de Thyane demande au roi Phraote la permission d'adresser , suivant sa coutume , ses prières au soleil ; le roi lui répond :« Je’sais qu'il les exaucera ; car il aime tous ceux qui s'occupent de l'étude de la sagesse (c). »
Le sabisme n’a jamais exclu les intelligences dés astres, ni dirigé son culte vers des êtres purement matériels et incapables d'entendre et d’exaucer les prières des homines , puisqu'il admettait une ame universelle , répandue dans les sphères et dans toutes les parties du ciel , dont la substance divine composait celle des astres qui étaient pour eux autant de divinités. Plusieurs apo-
(a) De Pythic. Orac., Fe 400. — (b) Virgil. AEneid. ,1. 2, v. 154. — (c) Philos. Vit. Apollon. , !. 2, c.'15.