LIVRE II, CHAPITRE XL
d'Hercule où du soleil adoré sous ce nom à Tyr, que le poëte ajoute , « qu'il est le même Dieu que les différens peuples adorent sous divers noms ; que c'est lui qui est honoré sous le nom de Bélus (a) sur les rives de l’'Euphrate [23], sous celui d’Ammon en Libye, d’Apis à Memphis, de Saturne en Arabie, de Jupiter chez .les Assyriens ;. de Sérapis en Égypte, de Dieu du temps (c'est le nom que lui donne aussi Athénagore), de Phaéton ou de Dieu brillant aux mille noms , de Mithra en Perse, d’Hélios chez les Babyloniens, d’Apollon à Delphes et dans toute la Grèce, d'Esculape (2) qui guérit les maux des mortels, de Dieu Éther, nuancé de mille feux; enfin d’Astrochyton , nom tiré de la foule des astres dont' paraît semé pendant la nuit le manteau du ciel. Le poëte ajoute que ce Dieu portait une robe (c) qui représentait les figures variées du ciel, et offrait l'image du monde ; que ses joues rayonnaient d’une douce lumière , et que sa barbe était semée d'étoiles (d). » Cette multiplicité de noms donnés à l’astre brillant qui semble être l’ame de touié la Nature, et qui à ce titre a dû recevoir les hommages de tous les peuples [24], et être invoqué sous diverses dénominations dans les différentes langues, est confirmée par Martianus-Capella dans son superbe hymne au soleil, dont nous aurons lieu de parler ailleurs plus au long. Nous dirons seulement ici que, comme Nonnus , il assure que c’est le Dieu que les Libyens adorent sous le nom d’Ammon » Ceux de Memphis sous celui d’'Osiris ; qu'il est Apollon ou Phébus à Delphes, Sérapis sur les rives du Nil » Mithra en
een en
(a) V. 396. — (à) V. 405. — (c) V. 414 (d) V. 4ar. TOME 11]. 10
Perse, Atys en Phrygie, Bacchus ailleurs; enfin qu'il est le Dieu que l'Univers entier invoque sous mille noms. Le poëte Ausone (a) et le savant Macrobe s'accordent également à reconnaître la divinité unique du soleil, dans une foule de Dieux différens en apparence l’un de l’autre , ét dont la nomenclature n’est que la collection des divers noms du même astre chez différentes nations, parmi lesquelles le culte du soleil était établi sous diverses formes, et accompagné d’un cérémonial différent. Hercule était celui qu'il avait à Thèbes, dans la Haute- Égypte, et à Tyr en Phénicie. La Thèbes de Grèce, fondée par des colonies phéniciennes, le recut de Tyr, comme la ville de Cadix l'avait reçu pareïllement des Phéniciens qui vinrent s’y établir. Partout on retrouve l’Astrochyton dont parle Nonnus, ou la grande Divinité des Tyriens. Le nom de grand roi, de Aelicarte on Melicerte, qu'il portait en Phénicie (b), ne fut pas inconnu aux Grecs. On le nommait en tale le grand Hercule (c). Les Romains appelaient l'autel sur lequel ils sacrifiaient à ce Dieu le très-grand autel, comme on peut le voir dans Tite-Live (4) et dans Virgile; et ül avait une telle prééminence, que, dans les sacrifices qu'on Pni faisait à Rome , il n’était pas permis de proférer le om d'aucune autre Divinité (e). L'empereur Julien l'appelle maître et seigneur, épithète qu'il donne ailleurs au soleil (f), ainsi que Porphyre (g). On conserva aussi son nom oriental Æsida, le lion, et on en fit un
(a) L. 2, c. 4, Auson. Epigr., p. 29. — (b) Euseb. Præp. Ev., 1. 5, c. 10.— (c) Arnob., 1. 1, p. 24. — (d) Tit.-Liv. Décad. 1,1. 7. Virgil. AEneid. , 1. 8, v. 272. — (e) Plut. Quæst. Rom., p. 825. — (f) Julian. Orat. 7, p. 408. — (g) Porphyr. de Abst., 1. 4, p. 379.