‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 55 sur 240 · LIVRE II, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE I

Ses images même portent tous les attributs de l’astre invincible qui subjugue la Nature et qui enchaîne l’Univers sous ses lois. Le lion céleste, dans lequel les astronmomes anciens placçaient le domicile du soleil , lui fourmt la parure qu'il porte partout avec lui et qui caractérise le premier asire, de même que le cancer posé sur le sein de Diane caractérise le second astre ou la lune, qui a son domicile dans le signe de l’écrevisse. Aussi les Égyptiens plaçaient - ils l’image du lion aux pieds du rône de leur Apollon , ou du Dieu Horus qui présidait à la distribution de la lumière et des saisons. C’est par la. même raison qu'ils imprimaient l’efligie de cet animal sur les portes des temples, et qu'ils términaient par des têtes de lion l'extrémité des tuyaux des fontaines d’où coulait l'eau du Nil, pour exprimer , disent-ils, les rapports qu'il y avait entre le commencement du débordement de leur fleuve, et l'entrée du soleil au signe céleste où il avait établi son domicile. C'était le symbole sous lequel on adorait ce Dieu à Léontopolis , ou dans la ville des Lions , et dans les temples d'Héliopolis , ou de la ville du Soleil (a); c'est ce lion que l’on trouve placé sous l'image du soleil dans lés monumens de Mithra [22] ou du soleil adoré sous ce nom chez les Perses. Partout où l’on trouve les attributs du lion dans les monumens des religions anciennes , c’est presque toujours le soleil qu'il faut y voir. C’est le lion de la tribu de Juda ci désigne Christ, ou le soleil , chez les Chrétiens : silnya de différence que dans la manière d'employer cet emblème. Au lieu de peindre un génie à tête de lion,

Po

(a) Strabon, 1. 17, p. 812:

tel qu’on le voyait dans le temple du soleil à Héliopolis, ou un Dieu appuyé sur un lion , les Grecs ont préféré de représenter le Dieu-soleil sous les traits d’un prince invincible , revêtu d’une peau de lion qui lui sert de manteau. Ce manteau lui-même fut souvent semé d'étoiles, comme l'annonce l’épithète d’astrochyion, ou habillé d'étoiles, que les poëtes ont donnée à l’Hercule tyrien (a). C’est sous ce nom qu'il est désigné dans Nonnus, poëte (b) de Panople-en Égypte. « Les épithètes de roi du feu, de chef du monde et des astres, de nourricier des rs 4 Pts Dieu dont le disque lumineux roule éternellement auite1r de la terre, et qui faisant circuler à sa suite l’année , fille du temps et mère des douze mois , ramène successivement les périodes du temps qui sans cesse se reproduisent ; tous ces titres sont autant de traits auxquels on ne pourrait méconnaître le soleil, quand bien même le poëte ne l'aurait pas nommé, comme il l’a fait, en appelant son Hercule Astrochyton, Hélios ou Soleil. I nous représente le temps, tel que Janus , avec la double figure d’un vieillard et d’un jeune homme qui s'enfuit sur les traces du char d'Hercule; la lune qui recueille les rayons de’ sa lumière , qu’elle réfléchit vers 105 yeux ; les quatre saisons qui se succèdent et accompagnent le char attelé de quatre chevaux, sur lequel est porté l'œil brillant de l’éther, devant lequel fuit la nuit et s’éclipsent les étoiles, et qui, baigné dans. les eaux de l'Océan oriental, va répandre la rosée bienfaisante sur la terre et féconder les guérets, » C’est à la suite de ce tableau

nm

(a) Nonnus Dionys., 1, 40, V. 415. — (D) 1bid., v. 395.

Page 1