LIVRE III, CHAPITRE L
que lui a conservée Hésychius. Les Gnostiques , qui adoraient le soleil sous le nom d’Ia, représentaient ce Dieu avec une tête de lion environnée de rayons, et le reste du corps était un serpent. Ce symbole rentre assez dans l'idée du dragon à tête de serpent dont parle Athénagore d’après les Orphiques. Chez les Chinois (a), la mère de Fohi devint enceinte de lui en marchant sur les traces d’un géant. Sa grossesse dura un nombre de mois égal à celui des douze travaux ou des douze mois. Fohi eut beaucoup d'esprit; son corps était comme celui d’un serpent, mais surmonté d’une tête d'homme. Fohi fit le ciel et la terre, régla les ciuq élémens , dirigea le cours des planètes qui avaient un mouvement désordonné. L’Arabe Gelaldin parle d’un certain Mesraïm qui, monté sur un lion, alla porter sur les bords de l'Océan le culte du soleil (b}, et éleva la statue de cette divinité ; il prenait lui-même le titre de Mesraïm , géant redoutable par sa force. Ce fion sur lequel on le dit monté , est évidemment le lion solaire , que nous retrouvons partout. On trouve dans Kirker (c) des Abraxas , où l’on voit un serpent à tête de lion entourée de rayons solaires, avec ces mots : Cnoubeï et Chnoumisrei. Ce sont des monumens de la religion des Gnostiques et des Ophionites. La tête du lion donnée à l'animal symbolique qui naît du limon , nous rappelle encore au soleil et au signe céleste qu'il occupe lorsque le Nil se déborde , et à la constellation du serpent qui termine par son lever le débordement, et marque le moment où le limon
. (a) Mém. sur les Chin. par les Miss. de Pékin, t. 1, p. 102, (b) Kirker OEdip., t. 1, p. 73. — (c) Ibid. t. 2, part. 2, p. 464.
se durcit par l’action du soleil. C’est à cette action da soleil sur Le limon que Île Nil laisse après la retraité des eaux, que la cosmogonie égyptienne , rapportée par Diodore , attribue la formation des animaux et celle de l’homme, enfin l’organisation des êtres (a). C'est là l’idée cosmogonique qui a été conservée dans ce passage de la théologie d'Orphée: Aussi irouve-t-on, dans la partie du ciel où répond le soleil à cette époque de son mouvement annuel , une figure absolument semblable à celle dont parle Athénagore , et qui occupe le milieu du corps d’am serpent, laquelle figure a conservé jusqu’à nos jours le nom d’'/Æ/ercule. C'est le serpentaire ou l'ophiucus, appelé Hercule et Esculape ; il était adoré sous ce dernier nom à Sidon et à Carthage, colonie de Sidoniens, comme il l'était sous celui d'Hercule à Thèbes en Grèce, et de Cadmus à Gortynie en Crète, colonie de Gortys en Arcadie, où on l’adorait sous celui d’Esculape : tant son culte s’est partout multiplié sous diverses dénominations. |
La doctrine d’Orphée sur Hercule et sur ses rapports avec le soleil est encore mieux développée dans un des hymnes qu'Orphée lui-même adresse à ce Dieu. L'auteur (b) , qui paraît avoir été dans les mêmes principes théologiques que Nonnus a consacrés dans ses Dionysiaques, qualifie Hercule de Dieu générateur du temps , dont les formes varient [26], de père de toutes choses et qui les détruit toutes ; de Diewqui ramène tour à tour l'aurore et la nuit noire , et qui de lorient au couchant parcourt la carrière des douze travaux; valeureux titan,
(a) Euseb. Præp. Ev., L x y & 7. — (b) Hym. Orph. Poet. Græci,