‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 65 sur 240 · LIVRE I, CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE

êtres, l'intelligence de la Nature universelle. Voilà l’idée qu'Héraclide, Cicéron, Macrobé et tous les anciens théologiens, et en particulier Procius cité dans le second livre de cet ouvrage (a), nous ont donnée du soleil ; et cette idée s'accorde parfaitement avec celle que nous venons de prendre d’Hercule que tantôt nous avons vu confondu avec le Dieu qui organise l'Univers , tantôt avec le Dieu qui en détermine les périodes et la marche, qui conduit à sa suite l’année et les saisons, et qui va d'Orient en Occident fournir la carrière des douze travaux qui se reproduisent sans cesse.

Voilà pour la partie théologique ; passons à la partie poétique.

Ici une nouvelle preuve va naïire et confirmer le principe que nous venons d'établir , savoir qu'Hercule est le soleil invincible. Cette preuve va sortir de l'accord étonnant qui se trouve entre la suite des douze travaux ou des douze combats d’'Hercule, et lamarche du soleil dans le ciel, considérée dans ses rapports avec les animaux célestes qui marquent les douze mois et qui partagent l’année conduite par Hercule. Outre que nous avons déjà vu le passage de Porphyre qui assure que la fiction des douze travaux d’Hercule n’a d’autre objet que d’exprimer la marche du soleil à travers les douze divisions du zodiaque, c’est aussi une conséquence qui déconle nécessairement de la vérité que nous venons d'établir , savoir qu Hercule est le soleil. En effet, si Hercule est le soleil , les travaux d'Hercule ne peuvent être que ceux du soleil ; les courses de ce héros ne se feront que dans

cm

(@) Macrob. Som. Scip., 1. 1, €. 0.

A dy

les cieux, et les monstres qu'il rencontrera sur sa route ne peuvent être que les animaux qui sont placés dans les champs de l'Olympe où voyage le soleil. C'est là que nous devons trouver le lion de Némée , l’hydre de Lerne, le taureau de Pasiphaé , le centaure, le sanglier d'Erymanthe , les oiseaux, le dragon et les autres animaux dont Hercule ‘ou le soleil triomphe. Si Hercule est le temps, sa marche doit ètre celle du temps; et s’il est le temps que mesure le soleil dans les douze mois, sa marche doit être divisée comme celle du soleil et marquée par les mêmes constellations qui se lient aux douze mois et qui Y président. C’est cette comparaison qui nous reste à faire, pour achever notre démonstration.

Les anciens avaient deux espèces de sphères ; l’une qui classait les étoiles et les constellations , suivant les rapporis qu’elles avaient avec les colures et les tropiques, et avec les autres cercles et points en apparence fixes dans la sphère. C'est encore celle qui nous est restée aujourd’hui , et dont les astronomes font usage dans leurs descriptions des cieux , soit sur les sphères, soit sur les planisphères. C’est proprement là ce que Vo peut appeler la sphère des astronomes.

Il était une seconde manière de classer les astres ; c'était de considérer les rapports que leurs différens levers et. leurs différens couchers ont avec le lever ou le coucher des douze, signes à travers lesquels Le soleil , la lune et tons les autres instrumens du temps circulent , et de déterminer par ce moyen la succession des mois et des saisons. C’est sur ce principe qu'étaient composés les anciens calendriers dont le navigateur et le laboureur firent usage primitivement, et que le théologien et le poëte consacrèrent ensuite dans des fêtes et dans des

er

Page 1