TOME IL
ques-uns font Augias fils du soleil. Le capricorne, sous le nom de Pan et d’Ægipan, était petit-fils du soleil. Ceux-ci font Augias fils de Nyctée, nom qui désigne la nuit, et qui contient une allusion manifeste aux longues nuits du solstice d'hiver. Ceux-là lui donnent pour père Æ£poché, où terme : c'était le derniér des signes descendans et le terme de la descente du soleil vers les régions australes ; d’autres enfin lui donnent pour père Phorbas (a); c’est le nom du serpentaire, à la suite duquel il se lève immédiatement. De toutes ces filiations il n’en est aucune, comme on voit, qui ne puisse convenir au signe du bouc céleste ou au capricorne.
Septième division ou septième travail.
Le soleil, sorti du capricorne , passait dans le signe du solstice d'hiver, occupé alors par le verseau. Cette époque importante du temps était fixée le soir par le coucher de la lyre ou du vautour céleste placé à côté de la constellation appelée Prométhée , et par le passage au méridien du taureau céleste appelé taureau de Pasiphaé, taureau de Marathon , enfin taureau d'Europe. Nous avons projeté ces deux animaux dans cette division que parcourt le soleil au septième moiïs ou au septième signe. Le calendrier sacré des Romains et les Fastes d'Ovide (b) marquent effectivement en janvier le passage du soleil au verseau , et sept jours après le coucher de la Iyre ou du vautour. Aïnsi l'observation du coucher du vautour
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(a) Apollod., 1. 2. — (b) Ovid. Fast., L x.
YAVRE IL, CHAPITRE I. 105 dans le mois où le soleil parcourt le verseau , et la liaison du coucher de ce paranatellon à ce signe, ont été conservées même par les Romains dans leur calendrier sacré. Le calendrier rural de Columelle (a) fixe au onze des calendes de février , ou au dix-neuf janvier , le coucher@u soir de cette même constellation , avec indication de pluie, |
Nous n'avons donc fait que rétablir les anciens plamisphères, en projetant le vautour dans la division du verseau. Quant au taureau , ce n’était ni par son lever, ni par son coucher, maïs par son passage au méridien , au-coucher du soleil, qu'il marquait la même époque, Cette manière de fixer les divisions du zodiaque fut employée quelquefois par les anciens, et c'était une détermination de plus que l’on avait, et qui se liait au coucher ou au lever des signes. Cette manière de fixer les divisions des signes, et conséquemment les mois qui y répondent, a été employée par Hipparque (b).
Nous avions d'abord été persuadés que le taureau de Crète pouvait être le centaure , dont la partie postérieure se couche au lever du verseau , suivant l'observation d'Hygin (c) et de Théon (d). Nous avons été séduits par l'autorité de quelques auteurs qui ont cru que la partie postérieure des centaures était originairement un corps de bœuf (e) ; opinion peut-être qui n’est fondée que sur létymologie , la plus fausse de toutes les bases d'explications. L'épithète d'animaux féroces armés de cornes ( f}, que leur donne Nonnus [38], confirmait encore cette
(a) Columelle, L. 11, c. 2, p. 420. — (&) Hipp., 1. 2, c. 19 et 20; L5,c: 1. —(c) Hygiu, 1 4. — (d) Lheon àd Arat. Phænom y D. 195. — (e) Palœphat., 1. 2. — (f) Dionys. À 5, v. 615.
opinion. Le sagittaire , qui est un centaure , porte dans Bayer (a) et dans Blaeü le nom de Taurus; et Manilins (b) lui-même à cru y voir le fruit monstrueux des amours de Pasiphaé et le fils du monstre de Crète qu’amena Hercule, et qui figurait dans la fiction des amours de Pasiphaé. Tous ces accords nous ontlong-temps fait croire qu'il s'agissait effectivement du centaure qui se couche avec le verseau le matin, le jour même où le vautour s’y couche le soir. Néanmoins , comme les traditions disent que ce taureau était non le fruit des amours de Pasiphaé, mais le taureau (c) avec qui elle eut commerce ; etcomme ce taureau, amant de Pasiphaé, est incontestablement celui des signes , ou celui qui suit le bélier , et qui à cette époque culmine ou passe au méridien, au coucher du verseau et du vautour, nous avons cru devoir préférer celui-ci, d'autant plus que les passages au méridien ont été aussi employés , quoique plus rarement, à fixer la marche du temps avec les levers et les couchers. J’ajouterai encore que ce taureau de Crète ne fut pas tué par Hercule, maïs simplement amené à Eurysthée : au lieu qu'on dit du vautour qu'il fut tué; etil se couche effectivement. Enfin il ne peut guère rester de doute que ce ne soit le taureau des signes, puisqu'on lui donne tous les noms que portait celui-ci. Apollodore dit en effet que ce taureau, objet du septième travail, était celui qui enleva Europe (d), et qu'après avoir été lâché par Hercule , il alla ravager les terres voisines de Marathon. Or, tous ces traits conviennent au taureau céleste que les uns disent être l'amant de Pasiphaé,
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(a) Bayer Uranom., tab. 41. — (b) Manil., v. 9, 1. 4, v. 780. — (c) Hyg., 1 2. — (d) Theon, p. 124. Hygin, 1. 2. German. Cæs.