LIVRE III, CHAPITRE LE
d'autres celui d'Europe, quelques-uns enfin celui de’ Marathon (a). Ce sont tous ces traits réunis qui nous ont fait donner au taureau céleste , qui passe en ce moment au méridien , la préférence surle centaure qui commence à se coucher. Ce taureau, dit-on, vomissait des flammes (D), caractère du taureau céleste qui brille de mille feux, et qu'il a conservé dans la fiction de la conquête du bélier à toison d’or auprès duquel il est placé; car c’est par lui que nous expliquons la fable du fameux taureau subjugué par Jason.
C'est à la suite de ce travail et sous le même titre du septième chant qu'Hercule est supposé arriver en Élide , monté sur le cheval Arion , et qu'il y institue les jeux olympiques [39] sur les bords du fleuve Alphée. Nonseulement il institue ces jeux, mais il donne même la dimension du stade olympique qu’il mesure avec som pied, et qu'il a fait de six cents pieds ou de six cents fois la longueur de son pied. Les juges de ces jeux furent portés au nombre de douze, fournis par chacune des tribus d'Élide , ou de la contrée consacrée au soleil en l'honneur duquel se célébraient ces jeux (c). Plusieurs Dieux y combattirent. Hercule lui-même entra en lice , et il sortit vainqueur de tous les combats. La série de ses travaux fut dans la suite gravée sur les portes du temple d’Olympie (d).
On remarquera que le signe céleste du verseau qu'occupe le soleil au septième mois ( e), est précisément celui dans lequel arrivait la pleine lune du solstice d'été, à EE RP ME
(a) Cointus Smyrnæus, 1. 6, v. 237. — (ë) Aulu-Gelle, I. +, c. 1. —
(e) Paus. Heliac. 1, p. 154, 156. — (d) Ibid. > P- 157. — (e) Petav. Rat, T'emp., part. 1.1.2. ce. 5. Freret. defen. Chron. , part. 1, p. 156.
108 RELIGION UNIVERSÉLLÉ.
laquelle était fixée la célébration des jeux olympiques. Polybe (a) dit que ce fut Hercule qui régla le cérémonial de ces fêtes. On y trouve aussi l’origme du nom Olympias que l'on donnait à la lune , qui ouvrait la car+ rière de la période olympique (b). Ce phénomène dela lune, pleine tous les ans dans le signe céleste du verseau, lorsqu'on annonçait au peuple la célébration des jeux, donna lieu aux poëtes qui chantèrent les courses du soleil, dans le poëme des douze travaux, de dire, à loccasion de son passage sous le verseau, qu'Hercule y célébrait les jeux olympiques dont le verseau était, par son union à la pleine luhe , le signal tous les ans. Aussi disait-on de l’homme du verseau , Aristée , qu’il avaït appris à observer les solstices et le lever de Sirius qui lPannonce (c) ; qu'il ramenait les vents étésiens qui tempèrent les ardeurs caniculaires (d).
J'ajouterai que , dans le temple de Jupiter Olympien, il y avait un lieu consacré sous le nom d'Olympias , et qu'on montrait en ce lieu un trou par lequel on supposait que s'étaient écoulées les eaux du déluge , sous Deucalion (e) : or, l’homme du verseau s’appelle aussi Deucalion en astronomie (f). On «joutait aussi que c'était Deucalion qui avait bâti ce temple, et on se servait même de cet argument pour prouver le séjour de Deucalion à Athènes. Si on fait attention qu'il s'appelle aussi Cécrops (g), qui fonda les douze bourgades d'Athènes , cette tradition s’expliquera aisément. On voyait un semblable trou dans un temple consacré à la Déesse tutélaire
(a) Polyb., 1. 12, — (b) Syncelle, p. 197. — (c) Justin, L 13, c Ts = (d) Hygin, L 2, in Boote. — (e) Pausan. Attic, » pe 16. — (f) Hyg:; 1,2, c. 30. Germ, Cæs., 0: 25. — (g) Ibid.