‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 88 sur 240 · TOME. Il · texte numérisé non relu

TOME. Il

mois où le soleil parcourt le taureau, le lever de là * chèvre Amalthée. Le calendrier rustique de Columelle (&} marque aussi à la fin d'avril, sous le taureau, le lever de la chèvre. Ce paranatellon. gst donc ici à sa place. Nous pouvons: en dire autant d'Orion et des pleïades, que nous avons aussi projetés sous la dixième division de notre planisphèré ou sous le mois du taureau. En eflet, le calendrier des pontifes indique pour ce mois le cou-= cher d'Orion et le lever des pleïades ou des Atlantides. C'est à ce lever des pleïadés et des étoiles du front du taureau, qui sont à côté, que Jes traditions des pontifes fixent une cérémonie réligieuse, commémorative de l’arrivée -d'Hereule en Italie avec les bœufs de Géryon, qu'il venait de conquérir, et cela peu de temps avant qu'il s’acheminât à son onzième travail. C'était au moment même où l’on célébrait les mystères de la bonne Déesse , au lever de la chèvre, suivant le calendrier sacré des Romains. Hercule , ajoute-t-on , fut recu par Faune. Nous avons donc eu toutes sortes de raisons pour marquer sous cette division les sept Atlantides ou pleïades ; qui font partie dela constellation du taureau. D'ailleurs: les Atlantides figurent dans la mythologie avéc Orion ; sous le nom des sept filles d'Hespérie et d’Atlas, à læ& poursuite desquelles s'attachait Orion, qui effectivement monte sur l'horizon après elles , et qui semble les pour suivre toujours dans les cieux.

Théon(b}, en parlant des pleïndes ou des filles de: Pleïone et. d’Atlas, dit qu’elles avaient été obligées de: fuir les poursuites d'Orion, fils de Neptune, qui pendant cinq ans s’attacha à leurs pas et à ceux de leur

(æ&) Columelle, L 11,0. 2, p. 425. — (b) P. r32.

LIVRE III, CHAPITRE f. PRE mére, et voilait les violer. J upiter, touché de leur sort, les métamorphosa en pleïades et les plaça aux cieux sous le nom d’Atlantides. Il fixe pareïllement leur lever du matin én mai (a); le soleil étant, dit-il, dans le taua reau , c'est-à-dire > SOus notre première division ou soug le mois auquel répond le dixième chañt du poëmeé d’'Hera cule, C’est précisément dans ce même chant que l’aus teur du poëme d'Hercule place l'aventure des sept filles d'Atlas ou des Atlantides , dont la beauté et la sagesse avaient inspiré de l'amour à Busiris roi d'Égypte, fils de Neptune (b}, qui, voulant s’en rendre maître, avait envoyé des pirates pour les enlever, Hercule tua les pirates et rendit les filles à leur père Atlas, qui, en re= connaissance , fit part à Hercule des connaissances astro nomiques qu'il porta ensuite en Grèce. Hercule (c) tua aussi alors Pusiris ; Le ravisseur de ces filles, prince féroce qui égorgeait les étrangers qui abordaïent en Égypte , eË bätit ensuite la superbe ville de Thèbes dans la Haute» Égypte. k

n'est pas difficile d’xpercevoir qu'il n’y 4 que le nom. d'Orion à substituer à celui de Busiris, pour reconnaitre les amours d’Orion dans ceux de Busiris poux les pleïades que l’un et l’autre veulent ravir, l'un près dé Thébes cn Béoue, l’autre près de Thèbes en Egypte: On ÿ voit un même phénomène astronomique qui à lieu au lever du taureau, sur lequel sont placées les pleïades, etsous lequel et à la suite duquel se lève et monte toujours Orion, On remarquera que le serpentaire, qui porte les noms de Cadmus et d'Hercule, fonda aussi la Thèbes de Béotie, dans le lieu où le taureau d'Europe, celui-là (a) Theon, p; 135. — (b) Diod, Sic., C. #7 — (c) Ibid. , e. 18.

même:qui est au ciel’et qui porte lés pleïades vint sé reposer. Un voit par là*comment les fäbles sacrées de a Thèbes d'Égypte et celles de la Thèbes de Grèce [46] se rapprochent dans l'aventure des Atlantides, poursuivies ici par Busiris,. fils de Neptune , et là par Orion, fils d’un:bœuf où d’un taureau dont Neptune féconda. la peau. Dans:les Dionysiaques de Nonnus (a), c'ést aussi à la fin de l'hiver, lorsque le soleil se lève avec le taureau et avec Orion, dit le poëte, que Cadmus fonde sa ville.de Thèbes : c’est alors que paraît, dans Nonnus, le jeune Emathion , fils d'Électre, ou d’une des sept pleïadés', qui reçoit Cadmus (b). C'est également dans le poëme d° Hercul®, dont Diodore nous a conservé les débris , à l’époque des amours de Busiris pour les pléiades ; qu'est rapportée l'histoire d'Émathion , roi d’ Éthiopie , dont Hercule triomphe ; nouveau rapprochement entre les fictions des Grecs et celles des Égyptiens , en cet endroit du poëme. Lorsque Cadmus fonde sa ville de Thèbes, c’est-à-dire au moment où le soleil arrive au taureau, Jupiter venait de détruire Typhon, ou le mauvais prineipe , qui avait régné tout l'hiver. De mème Hercule , lorsqu'il va en Égypte fonder Thèbes, venait de délivrer la Crète de tous les animaux venimeux, des repiles , dés ours , des loups, et la purger de toutes les productions du mauvais principe. C’est une allusion à ce qui se pratiquait en Orient, à l’équinoxe de printemps (c), où l’on signalait sa dévotion en tuant toutes les productions d’Arhiman, et en se munissant de talismans

qui avaient la vertu de chasser les scorpions et les autres

(a) Dionysiaq. , 1. 3. — (b) Ibid. — (c) Zend-Avest, p- #77. Hyde, c. 16, p. 259.

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