‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 87 sur 240 · LIVRE JT, CHAPITRE L · texte numérisé non relu

LIVRE JT, CHAPITRE L

La réunion de ces différens événemens merveilleux, sous la même division du ciel, qui fournit tous les traits de ces différentes fictions, prouve que tous ces poëmes étaient du même genre, puisque cette réunion elle-même ne peut être un effet du hasard; car c’est à la suite de la conquête des chevaux de Diomède, qu'Her- cule s’embarque sur un vaisseau; qu'il va combattre des femmes guerrières pour obtenir une ceinture ; qu’il partage la gloire de l'expédition des Argonautes, et qu'il délivre une jeune princesse , comme Andromède, exposée à un monstre marin. Comme le soleil est prêt à repasser l'équateur et à s’avancer vers la partie boréale du monde où est Andromède, la poésie feint qu'Hercule passa dans le nord de l'Europe, pour aller attaquer ces Amazones qui habitaient les pays glacés des Cimmériens. La reine des Amazones était Hippolyte (a), nom tiré de celui de cheval; et ce sont aussi des chevaux qui devaient être le prix de la délivrance d’'Hésione exposée à un monstre dont le nom est Cëtos ou baleine, le même monstre auquel fut exposée Andromède. On remarquera de plus que ces chevaux de Laomédon lui avaient été donnés pour le consoler de la perte de Ganymède (b), ou du jeune homme du verseau , après lequel se lève Pégase ou le cheval céleste dont le lever précède immédiatement ceux de la baleine et d’Andrc= mède. On voit encore ici comment toutes ces fictions se tiennent.

Peut-être doit-on rapporter à cette époque du mouvement du soleil arrivé à l’équinoxe du printemps,

{a) Diodor. , p. 277. — (b) Apollod. La:

époque à laquelle ses fmages prenaient les traits d’un jeune honme sans barbe, la fiction sur Hercule que l’on suppose avoir resté pendant trois jours, comme Jonas, dans le ventre d’une baleine [45], d’où il était sorti tout épilé (a). Cette baleine ne peut être que ce monstre marin, ennemi d'Andromède, dont on crut découvrir dans la suite les ossemens près de Joppé ou du lieu même où la fable juive suppose que Jonas s'était embarqué. Voilà encore un point de contact entre les fictions des Juifs et celles des Grecs qui fixent aux mêmes lieux le séjour du même monstre marin qui engloutit Jonas ou Hercule, et qui les vomit tous deux sur le rivage. Le fondement de la fiction grecque est évidemment dans les cieux; donc celle des Juifs, qui n’en est que la copie, doit avoir le même fond.

Dixième division ou dixième travail.

À la suite du bélier à toison d’or ou du signe du bélier, vient le signe du taureau dans lequel Hercule ou le soleil entre immédiatement après sa sortie de la constellation du bélier. La succession de ces deux animaux célestes nous est exactement retracée dans la succession des deux travaux d’'Hercule, ou du neuvième et du. dixième travail. Car à la suite de l’expédition entreprise pour la conquête du bélier à toison d’or, vient la conquête des bœufs de Géryon. L’astronomie et la poésie offrent donc successivement les mêmes tableaux, puisque la fable suppose qu'Eurysthée imposa au vainqueur

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(a) Tzetès ad Lycoph,

LIVRE INT, CHAPITRE 1. 209 des Amazones un dixième travail, qui consistait à lui ame ner les bœufs de Géryon, qui paissaient dans les contrées voisines de l'Océan, et que la sphère, sous ce dixième signe , nous offre l'image d'un bœuf, et parmi ses para natellons celle d’un bouvier; ce bouvier descerid dans les flots de l'Océan qui baigne les côtes d’Espagne. C’est lui qui, dans la sphère indienne, est désigné dans le second décan du taureau sous l'image d'un homme actif, qui conduit des bœufs et qui réunit dans sa per sonne monstrueuse (a) les parties du corps de l’homme à celles du bélier et de la chèvre, et qui véritablement offre un composé de trois corps. Cet assemblage bizarre n'est que la réunion des trois principaux paranatellons du taureau, qui sont le bouvier, la chèvre et les parties antérieures du bélier. « Au lever du taureau , dit Hygin (b), se lève l'extrémité du pied gauche du cocher, et sa main droite, où sont les chevreaux et la chèvre. Arciophylax où le bouvier se couche. » Aratus et Théon en disent autant. Nous avons donc pu projeter ici le bouvier comme paranatellon du taureau.

“ Par la même raison, nous ÿ avons aussi projeté le cocher , qui porte la chèvre et ses chevreaux ou Aiïga femme de Pan, de ce Pan appelé autrement Faune par les peuples d'Italie. La sphère barbare de Scaliger met, comme nous, le cocher parmi les tableaux qui montent avec les derniers degrés du taureau. Aratus et Théon font pareïllement lever avec le taureau (c), la chèvre et les chevreaux qui font partie du cocher. Le calendrier des pontifes ou des Fastes d'Ovide fixe vers le milieu du Rp on ras te arte void «dirrs

(a) Scalig. not. ad Manil., p. 337. — (b) Hygin, 1. 4, c. 13. — (e) Theon, p. 177. |

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