‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 92 sur 240 · LIVRE 111, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE 111, CHAPITRE I

entre les douze grands tableaux du ciel et les douze titres des douze chants sur les exploits d'Hercule, nous autorise à voir, dans la suite des douze travaux d'Hercule, un poëme solaire qui a son unité comme l’année et ses divisions en chants, comme celle-ci les a en mois et en’ saisons. C’est un poëme avec une unité d'action, laquelle résulte du rapport des douze travaux à un objet commun qui les lie et les amène nécessairement à la suite les uns des autres.

Cet objet commun est la révolution du temps , qu’engendre le soleil en luttant contre le mouvement du ciel, et contre le mouvement journalier ou du premier mobile , qui entraine tous les corps célestes. C’est cet effort du soleil dans le zodiaque , où il se meut en sens contraire du monde, qui l’a fait nommer l'infatigable voyageur par Homère , comme l’a très-bien observé Servius (a). Le soleil lui-même , dans le discours que Fi prête Ovide , vante la force constante avec laquelle il lutte contre le mouvement des cieux, qui emporte tous les astres , et auquel ïl résiste par sa marche annuelle , qui lui fait remonter successivement tous les signes. Voilà ces travaux du soleil, qui faisaient l’objet des chants poétiques des prêtres, qui se disaient inspirés des Dieux , et instruits par les savantes lecons d’Atlas, leçons qu'Iopas , sur sa lyre d'or, répéta à la fin du repas que Didon donna aux Troyens.

On célébrait des fètes en honneur d’Hercule à Thisbé et à Tipla en Béotie (b). Les plus anciens théologiens, dit Proclus (c), ont chanté le temps comme un Dieu ;

(a) Servius AFneid., L. 1, p. 545. — (b) Pausanias Bœotic., p. > - (ec) Procl. in Tim. ne À, pr40:

c'est lui qui vieillit et rajeunit tout, et qui ramène tout en cercle. Or, toutes les fois que les anciens célébraient des fêtes en honneur d’une divinité , ïls rappelaient dans des hymnes ‘sacrés les actions que l’on supposait leur avoir mérité l'immortalité et les hommages des mortels. C'est ainsi qu’à la suite d’un sacrifice à Hercule, on voit les Arcadiens qui étaient venus avec Evandre en Italie (a), former des chœurs de jeunes gens.et de vieillards, qui célébraient les douze travaux d'Hercule, et surtout sa victoire sur le méchant ou sur Cacus. Les adorateurs du soleil chantaient sa puissance et ses bienfaits. Ce sont les débris de ces poëmes antiques, qui sont entrés dans la masse confuse des fictions mythologiques , et qui avaient pour objet le soleil et les astres qu'il rencontre dans sa route. Ces fables furent réunies en un corps de poëme, sous le nom de l’/Zéracléide [53], par Panyasis (b), Pisandre (c) et Créophile (d). Les Grecs répéièrent dans leurs statues et dans leurs images [54] et retracèrent partout les tableaux des victoires d'Hercule, quoiqu ils ne les entendissent plus , et cela, parce qu'ils cherchaient sur la terre les traces du héros du poëme, qui n habite que les cieux ,-et qui n’en descendit jamais, que dans les, fictions sacrées. Mais en nous reportant vers les régions lumineuses de l’'Olympe , nous y avons trouvé le canevas simple du poëme solaire , appelé l'Heracléide. Nous allons mettre ici sous les yeux du lecteur le tableau comparatif des constellations qui se lèvent ou qui se couchent chaque mois , dans l'ordre successif des

(a) AEneïd. , 1. 8, v. 285. — (b) Athen. >» Loir. — (c) Strabon, I. 15 p. 688. — (d) Pausan. Messeni., P. 112

LIVRE III, CHAPITRE 1. 231 mois , à compter du solstice d'été , et celui des titres des douze chants du poëme , à commencer par la victoire sur le lion, qui est le premier chant de ce poëme. Ce rapprochement mettra le lecteur à portée de saisir d’un

seul coup-d'œil l’ensemble des rapports , et de juger

de leur vérité.

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