LIVRE III, CHAPITRE I
monta sur un bûcher où il se brüla, après avoir remis ses flèches à Philoctète. Son corps fat réduit en cendres ; et lorsqu'on vint pour recueillir ses ossemens, on ne trouva plus rien; ce qui fit juger qu'Hercule, comme l'avait dit l’oracle, avait quitté la terre pour aller dans l'Olympe jouir de l’immortalité des Dieux (a). Depuis ce moment, on sacrifia à Hercule comme à un héros; et bientôt après les Athéniens déterminèrent, par leur exemple , tous les autres Grecs à lui sacrifier comme à un Dieu. Junon , réconciliée avec lui , l’adopta dans l'O- Iympe , et lui donna pour épouse Hébé, qui servait d’échanson aux Dieux.
À ces tableaux de la poésie, nous allons opposer ceux qu'offre le ciel au moment où le soleil achève sa carrière annuelle, et où l'{ngeniculus, l’'Hercule constellation, disparaît au couchant. C’est alors que se lève le fleuve du verseau, signe de Junon, dont l’eau s'appelle le nectar des Dieux. Comme le génie qui tient l’urne d’où s'échappe ce fleuve s’appelle Ganymède, échanson des Dieux, nous l’avons donc projeté sur notre douzième division. Le centaure achève de se coucher : nous l’avons également projeté, ainsi que l’autel sur lequel on dit qu'il sacrifie, et qui fixe son coucher au lever du verseau (b). Conséquemiment il est paranatellon de ce signe et du signe opposé, c'est-à-dire de la fin du cancer et du commencement du lion. Ainsi son coucher annonce la fin de la révolution de l’année , dont le commencement est au lion, où la fin de la période dont nous venons de comparer les douze divisions avec les constellations
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(a) Diod., c. 36, p. 283. — (b) Hygin, L 3.
qui s’y lient et qui les fixent. C'est donc la figure du centaure qui fixe le terme de la carrière mortelle d'Hercule, ou du génie, du Dieu ou héros chanté sous ce nom , dans le poëme sur les douze Travaux du Soleil.
La dernière nuit de l’année olympique, ou de l’année solsticiale , était ouverte par l'apparition du génie qui sert à boire aux Dieux, fonction qu'avait remplie Hébé, et par le coucher du centaure. Le lendemain , la nouvelle période recommençait à l'entrée du soleil au lion; ‘époque fixée à l’aurore par un groupe d'étoiles placé au couchant, et sur lesquelles on dessina la figure d'un homme vêtu d’une peau de lion et armé d'une massue , image connue encore aujourd'hui sous le nom d’Hercule, dont elle a tous les attributs. Cet Hercule agenouillé était donc le premier paranatellon de l’année, celui qui en ouvrait la marche, comme le centaure, qui cause la mort d'Hercule, en était le dernier, et fxait le terme de la carrière annuelle du soleil.
Non-seulement nous retrouvons aux cieux les deux constellations qui, par leur coucher, l’une le soir et l’autre le matin, forment les deux termes de la révolution annuelle; mais nous avons encore vu que les douze divisions qui partagent cette même révolution en mois, sont marquées par la succession de levers et de couchers de figures célestes, qui offrent les mêmes tableaux que ceux des douze titres principaux des douze combats, et qui nous les présentent absolument dans le mème ordre. Les points intermédiaires et les points extrèmes, qui partagent et qui bornent la carrière annuelle du soleil, sont donnés par la révoluuon de la sphère, et peuvent encore se reconnaître aujourd'hui par tout homme qui voudra les observer. Un accord aussi parfait