UN SEUL MARIAGE MIXTE PEUT-IL, APRÈS DEUX CENTS ANS, LAISSER
QUELQUES GOUTTES DE SANG INDIEN DANS LES VEINES DE 150,000 aAMeEs ?
\ cont , : k * ARR nues L’affirmation du mélange des sangs, qui est la déduction tirée des tou antécédents dont nous avons vu la valeur sous les titres de Première, 10 Seconde et Troisième erreur, a ceci de particulier que, contrairement LE à aux prémisses, elle n’admet point de *‘ peut-être ” ni de ‘sinon ”, ne elle est positive. Nous l'avons déjà lue, elle mérite d’ètre répétée : ils s la voici en toutes lettres. ‘Comme les familles originaires des qu'ù ‘“ Acadiens ont été peu nombreuses, on peut donc affirmer que, par Bla! “ suite des mariages subséquents, il est pau de familles acadiennes Les ‘# qui n'aient quelques gouttes de sang indien dans les veines (2). au Ces mariages subséquents sont ceux au moyen desquels M. Ra- Ado meau fait remonter jusqu'à Poutrincourt la filiation des Acadiens. C Nous avons vu l’inexactitude de cette affirmation sous le titre de sai troisième erreur. opé À quelle date ont été contractés ces mariages subséquents dont ni l'effet a été de mêler abondamment le sang sauvage au sang acadien.. mo (1) Je dois excepter Rivedon, qui vint s’y fixer avec sa femme vers l’année 1630 j (] (Denys, vol. 2, p. 235) et peut-être aussi le capitaine Daniel, qu’une lettre du 5h son: Père Lallemand, naufragé vers la même époque avec plusieurs autres mission- NU Car naires, sur les côtes de | Acadie, nous dit occupé à ‘ bâtir une maison.” Mais pro le séjour de ces deux pêcheurs hivernants est passager et n'influe en rien sur Es, cou la race acadienne. | les
(2?) Rameau, p. 124.
ORIGINE DES ACADIENS. 39 î
à tel point qu'aujourd'hui encore il y ait peu de familles acadien- M nes qui n’en aient retenu quelques gouttes dans leurs veines ? ® De 1606 à 1671, nous dit M. Rameau: c’est-à-dire en rétablissant les faits selon qu'il a été démontré, de 1632 à 1671. Cette assertion est encore remarquable en ce qu’elle laisse dans le même cas d’alliage tous les descendants des familles acadiennes de 1671; partant la population entière de l’Acadie en 1755, tant ceux que la proscription a jetés aux quatre vents du ciel, à la Louisiane, aux Antilles, à Terre-Neuve, aux îles St. Pierre et Miquelon, en France même dans les landes d’Archigny, au Canada dans les paroisses St. Jacques, Nicolet, Bécancourt, Acadieville, la Beauce, St, Gervais, Bonaventure, etc, et qui sont demeurés où les a jetés
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lairement la proscription ; que ceux qui sont restés ou sont revenus à la dé san k Nouvelle-Ecosse, au Nouveau-Brunswick, et à l'Ile Prince-Edouard.
mais eu En 1755 les Acadiens devaient être encore fortement mélangés,
puisqu’après cent vingt autres années, il leur reste dans les veines quelques gouttes de sang indien. Cependant, en 1755, ils avaient déjà travaillé près d’un siècle à la purification de leur sang, en ne s’aliiant plus aux sauvages. Les familles qui, à cette époque,
LAISSER 8 ont été déportées, n’ont pu procéder avec beaucoup plus de vitesse à leur dépuration que celles de l’Acadie mème, puisque celles-ci ‘ contractaient un grand nombre de mariages avec des familles veà tirée des nues directemen: de France, et que les autres formaient presque | Première toujours de petits groupes à part et distincts sur la terre étranairamant gère. Ainsi, au Canada où les Acadiens ont émigré en grand ‘sinon ” nombre, non-seulement en 1755, mais à diverses époques, où, à L à tr répétée : cause de l’affinité des deux races et la ressemblance des mœurs, aires des ils se sont alliés plus qu'ailleurs aux colons originaires, il s'ensuit * que, par qu'une bonne partie de la population d'aujourd'hui, que les Leadiennes Blanc, les Girouard, ies Poirier, les Bourc, les Landry, les Caissy, nes (2) les Dugast, les Melanson, les Gaudet, les Bonrgeüis, etc., etc, et s M. Ra. ceux auxquels ils se sont alliés, ont quelques gouttes de sang indien \cadiens dans les veines (1).
titre de Cependant, si, de 1632 à 1671, il était prouvé que le mélange des | sangs entre les Micmacs et les Acadiens a été moins radicalement | nts dont opéré que ne le suppose M. Rameau, les gouttes de sang indien se acadien trouveraient aujourd’hui singulièrement clarifiées. Et s’il est déà montré clairement, positivement, que pendant toute cette période ti (200 (1) C’est ce que me faisait remarquer très-judicieusemént un écrivain dont pers mission sonne ne Contestera les vastes connaissances sur l'origine des Acadiens et des n." Mais Canadiens, M. l'Abbé Tanguuy. Sur la question des mariages mixtes, M. l’Abbè ri Fr +7 professe une cpinion contraire à celle de M. Suite, et pense que le sang européen Le coule dans les veines des Acadiens aussi pur, aussi exempt de mélange, que dans |
les veines d'aucune autre nation transplantée sur le continent américain.
il n’y eut de contracté avec les sauvages qu'un seul mariage, àquoi se trouveraient réduites les conclusions et les gouttes de sang indien de M. Rameau? Tei il n’y a plus lieu de tâtonner, les “ peutêtre ” et les “ sinon ” ne sont pas admis: nous avons des documents, des documents authentiques et complets.
Le recensement de 1671 est nominal, et presqu'aussi détaillé que celui qui vient d’être exécuté par M. Taché. Il contient, entre autres détails, les noms prénoms, âges et professions des chefs de famille, maris et femmes, les prénoms et âges des enfants ; et, indiquant la date des mariages antérieurs par l’âge des enfants, il remonte à l’établissement des premières familles françaises dont la lignée s’est perpétuée en Acadie, c'est-à-dire à 1632.
Il accuse pour l’Acadie une population de près de 400 âmes, réparties en 69 ou plutôt en 67 familles. Voici les noms de ces familles que j'ai arrangés par ordre alphabétique pour la commodité du lecteur, Ce sont: