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(1) La famille de Menou est la même que celle de D'Aunay, successe Rex. Ces manuscrits sont ceux de d'AURAS lui-même, " “hs (2) Moreau p. 126.
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+ Malgré l'importance qu'attache M, Moreau aux documents dont est devenu possesseur ; malgré le désavantage manifeste et le tort exagéré qu'il se plait à donner à La Tour, dans le cours de sa ivalité avec d'Aunay, la portée de ces accusations le frappe, et <ontre son habitude, il fait précéder ce passage par des observaions qui, sous sa plume, en affaiblissent singulièrement la teneur. # Il faut en convenir, dit-il ; toutes les assertions de d'Aunay ont # un fondement. Quelles soient exagérées dans la forme, à la bonne # heure : assurément elles ne sont pas fausses.” Mais ce n'est
accusations de cet homme contre son ennemi sont exagérées dans la forme ou autrement ; ce sont les faits que nous devons examiher, et nous avons sur les faits et les hommes de cette époque des “Mocuments authentiques et exempts de partialité.
© L rivalité de La Tour et de d'Aunay, dont les suites ont été si d unestes à l’Acadie, a été divarsement interprétée par les histo- À iens. Denys, La Fargue, Charlevoix, Garneau même, donnent en
lecteur, je dis que le gouvernement français es: avant tout con- « amnable pour avoir favorisé, nourri ce duel à mort, en accordant Æfantôt à l'un tantôt à l’autre des deux prétendants, souvent à l’un €t à l’autre en même temps, le gouvernement de l'Acadie, cela faute de prendre connaissance exacte de la géographie du pays, et la plupart du temps en se hâtant de condamner un rival sur les âccusations de l'autre. Après coup, lorsque le pays était ruiné sans Hessources, la cour réservait à l’un des adversaires ruiné égale. Ment, des réhabilitations stériles qui ne le relevaient pas, qui ne Métablissaient pas les affaires de la colonie, et qui montraient
feulement avec quelle précipitation funeste jugement avait été
La Tour, maitre du fort Lamoron par la mort de Biencourt sur Menue en 1623 ou 1624, et du fort St. Louis bâti vers le même Æemps, fut confirmé dans la possession, ou si l'on veut dans la lieutenance de ces deux forts, en 1631, par une commission de Richelieu (1). D'Aunay, comme nous l'avons vu, s'était établi Port Royal après la mort de Razilly en 1635,et avait juridic-
(1) Latour tenait déjà, par l'entremise de son père, une commission de Sir Wil- Ham Alexander, datée 30 Novembre 1630. Il ne faut pas oublier qu'à cette époque Acadie appartenait à l'Angleterre. Cette commission le constituait seigneur ‘‘ des Days, côtes et iles à partir du Cap et Rivière Ingogan (près du cap Clouen) jus- “qu'au fort Latour, puis en continuant jusqu'au Mirliguestre et au delà (près du Port la Hève) sur une profondeur de quinze lieues dans les terres tirant vers le Mord” Il avait une autre commission de la compagnie elle-même.
darts
tion sur la Hève, sur Pentagoët (1) et sur l'Acadie généralement. La paix ne pouvait être de longue durée entre deux lieutenants gouverneurs aussi rapprochés dans leurs établissements, mal déter minés dans leurs possessions respectives, l’un (2) voyant ses prétentions lésées, l’autre aspiran à la domination exclusive de la Nouvelle-France.
La première querelle fut vidée devant les tribunaux. L'avantage resta à La Tour. Il obtint que l’Acadie fût partagée à peu près également entre lui et son rival. Le roi, par une lettre datée le 10 février 1638, établit d'Aunay ‘ son lieute- “ nant général en la côte des Etchemins, (Nouveau-Bruns- ‘ wick, partie sud-est) à prendre depuis le milieu de la terre “ ferme de la Baie Française en tirant vers les Virginies et gouvernement de Pentagoët (Penobscot, Maine); et La Tour son lieutenant général en la côte de l’Acadie, depuis le milieu de “ Ja dite Baie Française jusqu’au détroit de Canceaux”’ Il ajoute sur la même lettre : ‘ l'habitation de la rivière St. Jean restera: ‘ ainsi au Sieur de La Tour, qui ordonnera de son économie et ‘“ peuple comme il le jugera à propos ; et le dit sieur de La Tour “ ne s’ingèrera de rien changer aux habitations de la Hève et “ du Port Royal” appartenant à d'Aunay. De sorte qu’en défnitive, La Tour recevait le titre de lieutenant-général dans une partie de la colonie, où de fait il n'avait plus d'autorité ni depossession, et d’Aunay se trouvait dans le même cas. Que dire de ce partage où l'ignorance du gouvernement,sur la géographie des contrées dont il prend sur lui de déterminer les limites, est si lamentablement manifestée ? Loin d’avoir réglé les différends des deux rivaux, un nouveau champ de discorde et de querelle leur est ouvert. La guerre éclata bientôt, ‘“ guerre à la fois de pirate et. de procureur, guerre où les ruses de la procédure se mélèrent. aux violences des combats ; ” et M. Moreau aurait pu ajouter, où les armes de la calomnie furent largement mises à contribution.
Au second procès La Tour perdit tout. Le roi révoqua toutes. les concessions faites quelques années auparavant en sa faveur. Mais voyez sur quels griefs : “ La commission ci-devant donnée ‘ à Charles de St. Etienne, sieur de La Tour, etc., est révoquée ‘“ pour ses mauvais comportements, avec commandement au sieur ‘“ de La Tour de venir rendre raison à Sa Majesté..….…..Le dit ‘“ sieur La Tour empéche le progrès et avancement de la foi et reli-
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à ne de par Latour ; Denys p. 23, 24—Charlevoix, traduction de Shea p. 129 vol. If.
(2) Latour,
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X. L'avanpartagée à , par une son lieutereau-Brunsde la terre 'irginies et a Tour son milieu de Il ajoute an restera onomie et le La Tour la Hève et qu’en défidans une ité ni dedire de ce ie des conlamentades deux leur est pirate et.
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donnée évoquée Au sieur .Le dit et reli-
ea p. 129
‘ gion Aides mr les sauvages et l'établissement de la ‘ i aise ,
. pue, ces guerres ruineuses et ces procès Do ere blesque d’Aunay avait écrit contre La Tour cette série d pi ions dont M. Moreau s’est saisi avec avidité. Remarquons a HA cidence qu’il y a entre les clauses de la condamnation et les
i ’Aunay.
gi ere pa de | HAE La Tour courut dans les a se mêlant avec les sauvages, vivant d'une vie libertine et infâme comme bête brute, sans aucun exercice de religion, n s'ta pas même soin de jaire baptiser les enfants procréés, etc. illeurs, il lui impute d’avoir fait éprouver de mauvais HAIRTnR aux Pères Capucins, d’avoir fait plusieurs fois des tentatives ù do révolter les Indiens contre Razilly ” (2). 11 l’accuse as .e demeuré trois ans avec les sauvages (de ne ), et de leur avoir persuadé de faire quelque désorqre (3).
Pour ce qui concerne la première accusation, La lour, dans Me lettre au roi, écrite en 1627, lui rendant compte de ses jeppors avec les sauvages, dit : ‘‘ J’ai été contraint par le rt se, à ‘ ment que nous avons reçu des Anglais, (la prise e La ‘“ Royal en 1613) de vivre ainsi que les peuples du pays et w ‘ comme eux, chasser à force les bêtes. et pêcher les peine “ pour vivre” Et encore : ‘ Les Anglais ont charge et dessein ‘“ de se saisir du pays de la Nouvelle-France... ce à or je es «“ suis opposé avec les familles de mes alliés, peuples eh ‘“ ceux que j'ai d'ordinaire avec moi, ma petite troupe de ; a | les Souriquois, qui ont
Ce sont ces relations de La Tour avec es Souriquois, q à inspiré à d'Aunay les odieuses imputations que nous 10 s de voir. Mais était-ce bien à lui qu'il appartenait de se plaindre
‘des prétendus mauvais traitements infligés par son ennemi aux
Capucins, et des tentatives de révolte cp ts Hal ee és même temps, auprès des sauvages ? En 1634, en Fe du : hi 4 Razilly envoie lui-mème à Richelieu un mémoire long e étai sur les affaires de la colonie dont il était le a et pas un mot de reproche contre La Tour ne tombe de sa 2 ume. : Il ne parle ni d’insubordination, ce que d'Aunay lui pe M encore, nide mauvais comportements avec les at : qui n'eut assurément pas omis de mentionner au cardinal, lui le ver-
(1) Seconde série, vol. 1. p. 113, etc.
(2) Moreau, p. 133.
(3) Idem, p. 149.
tueux, le dévotieux Razilly, membre de la société de Saint-Jean-de- Jérusalem, qui sollicitait le Grand-Maiître de fonder en Acadie un prieuré de l’ordre, ce sont les mauvais traitèments subis par les Pères Capucins. Rien encore. Il dit au contraire : “ Les Pères “ Capucins nous ont si bien conduits par leur exemple, que, par ‘t Ja grâce de Dieu, le vice ne règne point en cette habitation “ (1).........la charité et l'amitié y sont sans contrainte." Pour les sauvages, ‘‘ils se soumettent de leur franche volonté, ajoute-t-il, à « toutes les lois qu'on veut leur imposer, soit divines soit hutt maines, reconnaissant Sa Majesté Très-Chrétienne pour roi.” (2), Après cetémoignage non équivoque, il reste peu de place aux accusations de d’Aunay.
La troisième imputation est aussi malheureuse que les deux précédentes ; elle tombe encore à faux. Dans le temps même que le gouvernement révoquait, en faveur de d’Aunay, la commission précédemment accordée à La Tour, celui-ci produisait, pour sa propre justification et contre d'Aunay, un certificat des deux Pères Récollets demeurant avec lui dans son fort de la rivière St. Jean (1642. Deux ans plus tard, étant une seconde fois condamné en France, il en produisit un autre dans le même sens, signé encore par les deux religieux.
Pour mieux perdre son ennemi, d'Aunay ne s'arrête pas là. Cette fois au moins, chacun reconnaitra La basse animosité qui le poussait. Non satisfait d’avoir calomnié La Tour dans sa vie privée et publique, d'avoir souillé sa réputation, il pénètre dans le foyer intime de la familie, et a l'effronterie d'accuser sa femme, celle qui a défendu si héroïquement, contre d'Aunay luimême, le fort de son époux à la rivière St. Jean, d’être de basse extraction et de mauvaises mœurs (3). Lorsqu'un chef de guerre, pour détiuire son rivai, s baisse à ces viles imputations sur l’honneur d’une femme, füt-ells coupable, cet homme n’est pas loyal. Au reste, le gouvernsnsnt français qui vient d'enlever à La Tour ses forts et ses habiiäsions au profit de son ennemi, le réintègre plus tard dans ses droits et dans son honneur, et fait complète jus.
(1) Par ‘“ cette habitation ” peut-être entend-il la Hève seulement ; je suis d'avis pourtant qu'il comprend aussi l'établissement de La Tour qui relevait en partie de lui, et auquel il envoyait des religieux. Parlant des Capucins, il ne pouvait faire cette distinction ; tous relevaient de lui. AS
(2) Ce qui a pu fournir à d'Aunay l'idée d’accuser La Tour de mauvais traitements contre les religieux, c'est peut-être cette lettre du secrétaire d'état, Bouthilier, à la date du 16 murs 1633 : ‘ Vous ferez retirer de votre fort, mande-t-it à La Tour, “ tous les gens d'église séculiers et religieux qui y peuvent être, lesquels vous ‘“ aurez soin de reconduire en France, et mettrez en leur lieu et place des pères “ vapucins.” La Tour, comme bien on le pense, se conforma à cette injonction.
(3) M. Moreau, p. 156. SA (t) 3
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tice les calomnies qui l'avaient perdu. C’est à la date du 27 février 1651, que Louis XIV, dans une lettre signée de lui et de son ministre, le réhabilite enfin. ‘ Etant bien informé et # assuré de la louable et recommandable affection, peines et dili- “ gence de notre cher et bien aimé Charles de St. Etienne, ‘# chevalier sieur de La Tour... lequel depuis quarante deux ans “ a coapporté (sic) et utilement employé tous ses soins tant à la
0 ‘ conversion des sauvages du dit pays, et à la foi et religion chré.
yienne, qu’à l'établissement de notre autorité dans toute l'éten- ‘# due du pays ; ayant construit deux forts et contribué de son possible pour l'instruction des sauvages, et par son courage chassé ‘# les étrangers religionnaires des forts desquels ils s'étaient emparé, ce qu’il aurait continué à faire, s'il n'en eut été empéché par le défunct Charles de Menou, sieur d'Aunay Charnisay, lequel aurait
À favorisé ses ennemis dans les accusations et suppositions qu'ils n'ont 0 ‘ pu vérifier, et desquelles le dit sieur de St. Etienne a été absous ‘4 le 16 février dernier........par l'avis de la Reine Régente..
et de notre pleine autorité Royale.....…..confirmons de nouveau, ordonnons et établissons icelui sieur de La Tour, gouverneur et notre lieutenant général en tous les pays, havres, côtes et con- ; fins de l'Acadie....avec pouvoir d'établir lois, statuts et ordon-
“1 ‘ nances.....de contracter paix et alliance et de faire guerre ou-
verte pour conserver notre autorité, etc,” (1). "1 Parelle-même et indépendamment des preuves de fausseté que MN je viens de donner, l’imputation faite à La Tour et à ses hommes, "ù d'avoir mené une ‘vie libertine et infâme,” d'avoir laissé à leurs 1 ‘“ misérables” mères les enfants procréés d’eux, etc., n’est pas souà tenable. Ce n’est pas lorsque LaTour avait le plus besoin de la | confiance et de l'amitié des Souriquois, qu’il se serait livré à ces (U actes de libertinage sévèrement répudiés par leurs mœurs. Cette #1 conduite lui aurait inévicablement aliéné leur estime, en aurait | fait des ennemis.
de n’entends pas ici béatifier La Tour, ni, à plus forte raison, le #4 disculper d’avoir entretenu des relations avec les Anglo-Américains. "© Ja nécessité, la justice même de la cause, —en supposant que LaTour 4 eût droit de cause dans sa rivalité avec d’Aunay—ne sauraient justifier son alliance avec les ennemis de son pays. Je ne vise pas non plus à faire äe ses hommes et de lui-même, des modèles
M decontinence. J'ai voulu montrer seulement la somme de croyance
} qu’il convient d'apporter aux accusations mesquines de son rival et ennemi mortel, d'Aunay.
(1) 2de série. vol. 1., pp. 207 à 210,
D'un autre eôté, les calculs de M. Rameau portent faux, même en concédant que La Tour ei ses hommes aient peuplé le pays de jeunes Métis de leur race. Il ne saurait rattacher la lignée des familles acadiennes à ces enfants illég‘times : les plus âgés d’entre eux n'auraient eu que sept à huit ans à l’arrivée de Razilly, en 1632. Ensuite ces enfants laissés à leurs “ misérables ” mères, sans avoir reçu l’eau du baptème, n'ayant aucune idée de civilisation, ignorant jusqu'aux auteurs de leurs jours, seraient restés dans la tribu avec leurs parents maternels, seraient devenus avec l’âge de courageux Micmacs, habiles à manier l'arc et à courir les orignaux, mais propres en aucune manière à la culture de la terre ou au soin d’une maison. Et les trente à quarante familles qui vinrent s'établir en Acadie avec Razilly, familles choisies avec soin dans les classes agricoles les plus morales et les plus religieuses de la France au dix-septième siècle, n’avaient pas plus le goût de la vie des bois, que les sauvages n’en avaient pour l’entretien d’un marais, ou d’une terre cultivée. Je pourrais encore apporter le témoignage des inissionnaires Capucins et Récollets, que la compagnie fournissait à la colonie, truis par habitation (1). Mais ces preuves seraient surabondantes ; celles que je viens de donner suffisent pour prouver la véracité du fait historique que je soutiens:
Non-seulement il ne s’est pas contracté d’unions entre les colons emmenés par Razilly et d'Aunay—seule et première souche des Acadiens—et les prétendus métis issus de La Tour et de ses compagnons, mais il n’yen a pas eu non plusentre leurs descendants respectifs. Les aventuriers du Cap Sable, dont le grand nombre était
fiile, St. Je fort :
ancie bonn
pêcheurs, les autres pirates ou flibustiers, tous compagnons pius ou e Ai moins persévérants de La Tour, ont péri par la guerre, se sont dis- hou persés sur le continent américain, ou sont retournés en France. Le trinc Cap Sable, la rivière St. Jean (2), puis Boston et les côtes du Maine, Raut tels ont été leurs champs de bataille et leurs lieux de retraite. 8 la dé Dans ces périlleuses embuscades, dans ces combats de corsaires, il #4 Va! en tombait toujours un grand nombre sous les mousquets plus à (0rie nombreux ou mieux exercés des soldats de d'Aunay. Contraints Æ —— en premier lieu d'abandonner le Cap Sable trop rapproché de Port M “à | D Royal; assiégés ensuite et forcés de rendre le fort de la rivière Angle St. Jean en 1645, malgré l’héroïisme de madame La Tour, leurcom- VF #idr mandant, les survivants resièrent bientôt sans autre refuge que M ar: : 0 1649:
(1) Mercure Français, vol. X1V, ?me partie, pages 238-9, 4 cl
(2j ‘‘ A la rivière St. Jean,d’Aunay a traité de son temps jusqu'à 3,000 nrignaux « par an, sans compter les castors et les loutres, ce qui fut la cause qu'il en dé- #8 PU *« posséda LaTour.” Denys, p. 50. e: el
aux, même:
le pays de lignée des âgés d’enée de Raisérables cune idée jours, sels, seraient ier l'arc et la culture varante faes choisies es plus repas plus le ur l’entreencore apcollets, que tation (1).
je viens de ique que je
e les colons souche des ses compandants resombre était ons plus ou se sont dis- France. Le du Maine, le retraite.
Orsaires, il quets plus
Contraints 4
hé de Port la rivière
,leurcom-
refuge que PA (2) Journal des Jésuiles, pp. 61-2, 78, 90 ; Régistres des Trois-Rivières, A. D.
$ 2 1649; Ferland, vol. 1, p. 202.
000 rrignaux à e qu'il en dé- #
Qu
! ‘les côtes du Maine et finale:nent Boston, où ils passèrent l'hiver
| 1645-6. , Au printemps suivant, La Tour s'embarqua avec les cinq compagnons qui lui restaient, et toujours infatignble, il alla faire la traite, peut-être aux dépens des Bostonais (1), dans les neiges de la Baie d'Hudson et au Canada (2), après avoir une dernière fois mais vainement sollicité quelques secours d’armes de son ancien ami, David Kirk, établi à l’île Terre-Neuve. Nous ne le revoyons plus sur le théâtre de l’Acadie qu’en 1651, après qu'il eut été © officiellement réhabilité et réintégré dans tous ses droits par le
gouvernement français. Trois ans plus tard, l’Acadie passa sous la domination anglaise ; et en 1656, Cromwell accorda à La Tour plus qu’il n'avait autrefois reçu de Sir William Alexander, le pärtage de tonte l’Acadie entre lui, Sir Thomas Temple et William Crown. C'est vers cette époque que, par une des plus étranges vicissitudes de la fortune, il épousa, veuf lui-même, la veuve de son ancien rival et détracteur, d'Aunay. Il est le seul de tous les compagnons de Poutrincourt, qui se soit allié au groupe principal de la race acadienne, à la souche premiere, et il n'y apportait pas de sang sauvage. Les enfants mêrnes issus de son premier mariage, ne s’y rallièrent pas, excepté une fille, Jeanne, qui épousa Martin d'Arpentigny, établi à la rivière St. Jean. Son fils avait été renvoyé en France après la prise du fort St. Jean, en 1645; et si, à cette époque, quelques-uns de ses anciens compagnons survivaient encore, c’est qu’ils avaient de bonne heure retourné à leur industrie première, la pêche de la morue. De là‘en France le trajet était facile (3).
Ainsi tombe l’assertion de M. Rameau, affirmant que la filiation des Acadiens établis à Port Royal en 167!, remonte à Poutrincourt. Avec cette asssertion s'écroule tout l'échafaudage au haut duquel était placée, comme en une position inaccessible, la découverte des mariages mixtes inaugurés en 1606. IL y arrivait par quatre degrés ascendants : 10 La tradition des historiens ; 20 l'amitié des Abénaquis pour les Acadiens, résultat
(1) “ Ses amis de Boston lui fournirent des marchandises pour la traite avec les Indiens de l'Est, Mais il les trahit, força ceux de son équipage qui étaient Anglais à prendre terre au Cap Sable, et se sauva avec le vaisseau et le butin.” Hildrelh, vol. 1. p. 314.
‘Il avait avec lui cinq Français.” —/Jubbard.
(3) Dès l’année 1621 nous lisons : ‘800 vaisseaux vont et reviennent (du ‘Canada et de l'Acadie en France) avec trente pour cent de profit de leur pêche pour chaque voyage.”
Mercure Français. vol. XVII, p. 74.
à tel nes ©
des mariages ; 30 la condition même des premiers colons,quasi ‘* bri-. gands ” aux habitudes flibustières ; puis finalement la filiation des 4% De 1 familles acadiennes remontant à Poutrincourt, c’est-à-dire vingtsix les f: ans avant qu'aucune femme française ne soit venue s'établir 1 Et o en Acadie (1). 4 liage
A présent qu'il est démontré, preuves en main, que la tradi- fE tant tion des historiens sur la question des mésalliances se réduitàä bi peu de chose; que l’amitié des Abénaquis pour les Acadiens avaitun Le motif tout autre que celui des échanges de femmes ; que les pre- 2} Fra miers colons, et tous ceux qu’ou peut appeler colons de l’Acadie, ait étaient des cultivateurs et des artisans ‘ choisis avec soin; ” que à a la descendance des familles acadiennes, au lieu de remonter à la p 1606, ne date pas plus haut que 1632, nous allons voir clairement, Nou positivement, qu’il n’y a aujourd'hui aucun mélange de sang Er entre les Abénaquis et les Acadiens, et qu'il n’y en a jamais eu. puise veiné avaié en n ont € à le
VIlL—pe 1632 à 1671.