‹ Origine des Acadiens [microforme]Chapitre 8 sur 28 · M CL · texte numérisé non relu

M CL

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jamais songé à son ode Eregi monumentum, le roi David disait : Un abime en attire un autre. Ne pourrait-on pas appliquer cet apophthegme aux compositeurs de l’histoire, chez lesquels une erreur est toujours suivie et souvent précédée d’une autre erreur ?

M. Rameau, ayant posé comme fait l'existence d’un nombre donné de gouttes de sang indien dans les veines des Acadiens, appuie cette hypothèse sur deux suppositions dont je viens de démontrer la fausseté. De fait il serait plus exact de dire trois, puisque le paragraphe sur les causes de l'amitié forme une fausse proposition, indépendamment des deux autres. N’eut:il pas mieux fait de s’arrêter à ce nombre de bon augure, auque. Pythagore attribuait tant d'excellentes propriétés! Un abime en attire un autre.

Pour justifier la date qu'il donne à ses mariages mixtes,—de 1606 à 1671—l’auteur de la France aux Colonies nous dit qu’un bon nombre des familles originaires des Acadiens, mentionnées dans le recensement de 1671, remontent à Poutrincourt. Je cite ses paroles : “ La physionomie génerale que présentent les familles ‘“ (nommées dans le recensement de 1671), le grand nombre de ‘“ subdivisions qu’elles offrent déjà, le croisement nombreuæ des ak “ #ances, tout tend à faire présumer, pour beaucoup d’entre eux ‘au moinz, que leur installation dans le pays est déjà ancienne “et date peut-étre de deux générations, quelques-uns même ‘“ comme les Martin, les Bourc, Landry, Tériau, Trahan, Gaudet, “ Boudro, remontaient peut-être jusqu'aux premiers temps de l’A- ‘ cadie et seraient alors les fondateurs de cette race.” (1) A la page 127, il avait dit la même ehose ; seulement, au lieu des peutétre, il affirmait carrément : ‘‘ il est évident que plusieurs familles “ sont à leur deuxième et froisième génération dans le pays, et da- ‘ tent, sinon des émigrants emmenés par Poutrincourt, au moins ‘“ de ceux qui survinrent après la prise du Port Royal rar Argall.” (en 1613). Û

Ce passage comme au reste tous les passages qui se rapportent à la même question, est plein de tâtonnements et de contradicions. Il dit d'abord qu’il est évident que plusieurs familles sont à leur deuxième et troisième génération dans le pays; puis, un peu plus loin, que ces mêmes familles ‘ datent peut-étre de deux générations.” Il avait avancé, à la page 123, que les premiers mariages mixtes remontent à l'établissement de Poutrincourt en 1606, et s'appuyant sur cette hypothèse, il avait découve:t dans les veines des Acadiens d'aujourd'hui une certaine mesure de sang sau-

(1) M. Rameau, p. 152-3,

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