‹ Origine des Acadiens [microforme]Chapitre 9 sur 28 · OR!GINE DES ACADIENS · texte numérisé non relu

OR!GINE DES ACADIENS

vage. Ici où il scrute un peu plus les faits, il pense que ti les fondateurs de cette même race datent, sinon des émigrants emmenés par Poutrincourt, au moins de ceux qui survinrent après la prise du Port Royal par Argall ” ; (1). Et remarquez que tous ces peul-étre etces sinon, ne l'empêchent pas finalement de tirer la même conclusion, savoir : que ces familles remontent à Poutrincourt!

Que faire au milieu de tant de contradictions? Qu’entend-il ensuite par “ les émigrants qui survinrént après la prise du Port Royal par Argall?"” Sont-ce de nouveaux émigrés français, ou bien les colons emmenés par Argall, qui revinrent mourir de faim dans une colonie qui n'appartenait plus à la France? (2). En effet, après la conquête d’Argall en 1613, la France ne rentra en possession de l'Acadie qu’en 1632, par le traité de St. Germain.

M. Moreau essaye en vain de trouver et de saisir le fil de ce dédale. Abasourdi par toutes les suppositions, par tous les chiffres de M. Rameau, il ne voit bientôt plus d'issue et finit par endosser sans examen toutes les conclusions de l’auteur de la France aux Colonies, heureux eucore de s'en tirer à ce prix. Voici comment il se hâte de résumer : ‘ Les patientes recherches de M. “ Rameau ont démontré que la plupart des families acadiennes ‘“ sont descendues des colons de 1610.” (3). IL répète ensuite la même chose à différents endroits de son livre, avec une légère variante. Lisons plutôt: “M. Rameau fait remarquer très- “judicieusement qu’il résulte de ces indications fournies par le ‘“ recensement ‘(de 1671) que plusieurs familles en étaient à “leur deuxième et troisième génération, et qu’ainsi elles devaient ‘“ être sorties des colons emmenés par Poutrincourt.”’ (4). Une autre tournure: ‘“ Quand, à l’aide des recensements nominaux, on suit dans les familles l’ordre des filiations, on arrive presque toujours aux compagnons de Poutrincourt.” (5). Toujours la même finale. Et pourtant jamais syllogisme n’a été moins rigoureux dans sa conclusion. Parce qu'il y avait, en 1671, quelques pères de famille dont les enfants aînés étaient mariés der'is

(1) Rameau, p 152.

(2) Halliburton et M. Moreau disant que les prisonniers de St. Sauveur emmenés par Argall en Virginie, revinrent en Acadie. Mais à qualle date? Revinrent-ils tous? Iis étaient quinze prisonniers. Où so fixèrent-ils? N'auraient-ils pas préféré retourner en France sur:des bâtiments pêcheurs, y rejoindre leurs compagnons, que de rester en Acadie où ils n'étaient pas encore acclimatés, où ils ie à peine passé six mois? ou bien traverser à Québec avec ceux de Port

oya (3) M. Moreau, p. 15.

(4) M. Moreau, p. 276.

(5) M. Moreau, p. 286.

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quelques années, il ne s'ensuit nullement que ces vieillards soient venus en Acadie avec Poutrincourt.

Je dis donc que les familles indiquées dans le recensement de 1671, ne remontent pas aux établissements de Poutrincourt en 1606, ni en 1610 ; qu'elles ne survinrent pas, non plus, après l’expédition d’Argall, mais qu’elles sont venues s'établir en Acadie, après le traité de St. Germain (1), emmenées par Razilly, A’Aunay, etc.

Pour éclaircir cette question, il faut nécessairement remonter à Torigine de la colonie acadienne, en suivre le développement jus- ‘qu'aux générations qui tombent sous le domaine du premier recensement. Au milieu de tant de données disparates qui toutes, chose étrange, arrivent à la même conclusion, c'est par se moyen là seul que l'on parviendra à rétablir les faits sous leur véritable jour, et donner à la question une solution définitive.

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