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les auteurs qui avaient admis une culture très ancienne, et j'en vois la confirmation la plus positive dans l'opuscule du D*" Bret- Schneider, rédigé àPéking avec les ressources les plus complètes sur la littérature chinoise ^ «Je n'ai pu découvrir, dit-il, aucune allusion à la canne à sucre dans les plus anciens livres chinois (les cinq classiques). » Elle paraît avoir été mentionnée pour la première fois par les auteurs du ii® siècle avant J.-G. La première description se trouve dans le Nan-fang-tsao-mu-chuang, au IV® siècle : « Le Chê-chê, Kan-chê (fCan, doux; che, Bambou] croit, dit-il, en Gochinchine {Kiaochi), Il a plusieurs pouces de circonférence et ressemble au Bambou. La tige, rompue pai fragments, est mangeable et très douce. Le jus qu'on en tire est séché au soleil. Après quelques jours, il devient du sucre (ici un caractère chinois composé), qui se fond dans la bouche.... Dans l'année 286 (de Tère chrétienne), le royaume de Funan (dans rinde, au delà du Gange) envoyait du sucre en tribut. » Selon le Pent-sao, un empereur qui a régné dans les années 627 à 65C de notre ère avait envoyé un homme dans la province indienne de Bahar, pour apprendre la manière de fabriquer le sucre.
Il n'est pas question dans ces ouvrages de spontanéité eu Chine, et au contraire l'origine cochinchinoise , indiquée pai Loureiro, se trouve appuyée d'une manière inattendue. L'habitation primitive la plus probable me paraît avoir été de la Gochinchine au Bengale. Peut-être s'étendait-elle dans les îles de la Sonde et les M oluques, dont le climat est très semblable ; mais il y a tout autant de raisons de croire à une introduction ancienne venant de Gochinchine ou de la péninsule malaise.
La propagation de la canne à sucre à l'occident de l'Inde esl bien connue. Le monde gréco-romain avait une notion approximative du roseau (calamus), que les Indiens se plaisaient à sucei et duquel ils obtenaient le sucre ^. D'un autre côté, les livres hébreux ne parlent pas du sucre ', d'où l'on peut inférer que la culture de la canne n'existait pas encore à l'ouest de l'Indus à Tépoque de la captivité des JuifsàBabylone. Ge sont les Arabes, dans le moyen âge, qui ont introduit cette culture en Egypte, en Sicile et dans le midi de l'Espagne *, où elle a été florissante, jusqu'à ce que l'abondance du sucre des colonies ait obligé d'> renoncer. Don Henrique transporta la canne à sucre de Sicile â Madère, d'où elle fut portée aux îles Ganaries en 1503 ^. De c€
1. Bretschneider, On the study and value of chinese botan. works, etc, p. 45-47.
2. Voir les citations de Strabon, Dioscoride, Pline, etc., dans Lenx Botanik der Griechen und Rômer, 1859, p. 267; FiDgerhut, dans Flora, 1839 vol. 2, p. 529; et beaucoup d'autres auteurs.