VIGNE
ans la station lacustre de Wangen, en Suisse, mais dans ce derier cas à une profondeur incertaine *. Bien plus! Des feuilles 3 vigne ont été trouvées dans les tufs des environs de Mont- 3llier, où elles se sont déposées probablement avant l'époque istorique ^, et dans ceux de Meyrargue, en Provence, certainelent préhistoriques, quoique postérieurs à l'époque tertiaire des ^ologues *.
Dans le pays qu*on peut appeler le centre et qui est peut-être plus ancien séjour de l'espèce, le midi du Caucace, un botaiste russe, Kolenati *, a fait des observations très intéressantes ir les différentes formes de vignes, soit spontanées, soit cultives. Je regarde son travail comme d'autant plus significatif je l'auteur s'est attaché à classer les variétés suivant les caracres de la pubescence et de la nervation des feuilles, choses jsolument indifférentes aux cultivateurs et qui doivent reprénter, par conséquent, beaucoup mieux les états naturels de îspèce. D'après lui, les vignes sauvages, dont il a vu une imanse quantité entre la mer Noire et la mer Caspienne, se grouînt en deux sous-espèces, qu'il décrit, qu'il assure pouvoir (connaître à dislance, et qui seraient le point de départ des gnes cultivées, au moins en Arménie et dans les environs. Il s a reconnues autour du mont Ararat, dans une zone où l'on î cultive pas la vigne, où même on ne pourrait pas la cultiver, 'autres caractères, par exemple la forme et la couleur des raias, varient dans chacune des deux sous-espèces. Nous ne pou- >n8 entrer ici dans les détails purement botaniques du méoire de Kolenati, non plus que dans ceux du travail plus cent de Regel sur le genre Vitis ^ ; mais il est bon de constater i*une espèce cultivée depuis un temps très reculé et qui a aintenant peut-être 2000 formes décrites dans les ouvrages fre, quand elle est spontanée dans la région où elle est très icienne, et a probablement offert avant toute culture, au moins (ux formes principales, avec d'autres d'une importance moine. Si l'on étudiait avec le même soin les vignes spontanées de Perse et du Gachemir, du Liban et de Grèce, on trouverait ut-être d'autres sous-espèces d'une ancienneté probablement éhistorique.
l. Heer, /. c.
î. Planchon, Etude sur les tufs de Montpellier, 1864, p. 63.
\. De Saporta, La flore des tufs quaternaires de Provence, 1867, p. 15 et 27.
L Kolenati, dans Bulletin de la Société impériale des naturalistes de
}SCOU, 1846, p. 279.
5. Regel, dans Acta horti imp. petrop., 1873. Dans cette revue abrégée du
tnre, M. Regel énonce l'opinion que les Vitis vinifera sont le produit
'bride et altéré par la culture de deux espèces sauvages, V. vulpina et
. Labrusca; mais il n'en donne pas de preuves, et ses caractères pour les
snx espèces sauvages sont bien peu satisfaisants. H est fort à désirer
16 les vignes d'Asie et d'Europe, spontanées ou cultivées, soient compa-
tes dans leurs graines, qui fournissent d'excellentes distinctions, d'après
8 travaux d'Engelmann sur les Vignes d'Amérique.
L*idée de recueillir le jus des raisins et de profiter de sa fermentation a pu naître chez différents peuples, principalement dans l'Asie occidentale, où la Vigne abondait et prospérait. Adolphe Pictet \ qui a discuté, après de nombreux auteurs, mais d'une manière plus scientifique, les questions d'histoire, de linguistique et même de mythologie concernant la Vigne chez les peuples de l'antiquité, admet que les Sémites et les Aryas ont également connu l'usage du vin, de sorte qu'ils ont pu l'introduire dans tous les pays où ils ont émigré, jusqu'en Egypte, dans rinde et en Europe. Ils ont pu le faire d'autant mieux qu'ils trouvaient la plante sauvage dans plusieurs de ces contrées.
Pour l'Egypte, les documents sur la culture de la Vigne et la vinification remontent à 5 ou 6000 ans ^. Dans l'ouest, la propagation de la culture par les Phéniciens, les Grecs et les Romains est assez connue ; mais, du côté oriental de l'Asie, elle s'est faite tardivement. Les Chinois, qui cultivent à présent la Vigne dans leurs provinces septentrionales, ne la possédaient pas antérieurement à Tannée 122 avant notre ère ^. On sait qu'il existe plu* sieurs Vignes spontanées dans le nord de la Chine, mais je ne puis admettre avec M. Regel que la plus analogue à notre Vigne, le Vitis Amurensis^ de Ruprecht, appartienne à notre espèce. Les graines dessinées dans le Gartenflora^ 1861, pi. 33, en sont trop différentes. Si le fruit de ces vignes de l'Asie orientale avait quelque valeur, les Chinois auraient bien eu l'idée d'en tirer parti.
Jujubier commun. — Zizyphusvulgaris^ Lamarck.
D'après Pline "*, le Jujubier aurait été apporté de Syrie à Rome, par le consul Sextus Papinius, vers la fin du règne d'Auguste. Les botanistes remarquent cependant que l'espèce est commune dans les endroits rocailleux d'Italie -' et que d'ailleurs — chose singulière — on l'a pas encore trouvée sauvage en Syrie, bien qu'elle y soit cultivée, de même que dans toute la région qui s'étend de la mer Méditerranée à la Chine et au Japon ^.
La recherche de l'origine du Jujubier, comme arbre spontané, vient à l'appui du dire de Pline, malgré les objections que je viens de mentionner. D'après les collecteurs de plantes et les
1. Ad. Pictet, Les ovUjines indo-européennes^ édition 2, vol. 1, p. 298 à 321.
2. M. Delchevalerie, dans V l llustration horticole, 1881, p. 28. Il mentionne surtout le tombeau de Phtah-Hotep, qui vivait à Memphis, quatre mille ans avant Jésus-Christ.
3. Bretschneider, On the value and stiidtj of chinese botanical works, p. 16.