‹ Origine des plantes cultivées; (volume 2)Chapitre 156 sur 372 · Rheede. Malabar, 3, pi · texte numérisé non relu

Rheede. Malabar, 3, pi

MANGUIER ISg*

ancienne, par les Portugais, d'Amérique dans l'archipel asiatique *. Le nom malais qu'il cite, Cadju, est américain; celui usité à Amboine signifiait fruit de Portugal ; celui de Macassar était tiré d'une ressemblance avec le fruit du Jambosa. L'espèce, dit Rumphius, n'était pas très répandue dans les îles; Garcia ab Orto ne l'avait pas trouvée- à Goa en 1550, mais Acosta l'avait vue ensuite à Gouchin, et les Portugais l'avaient multipliée dans l'Inde et l'Archipel indien. D'après Blume et Miguel, l'espèce est seulement cultivée à Java. Rheede dit, il est vrai, qu'elle abonde au Malabar (provenit ubique), mais il cite un seul nom qui paraisse indien, Kapa-rnava, et les autres dérivent du nom américain. Piddington n'indique aucun nom sanscrit. Enfin les botanistes anglo-indiens, après avoir hésité sur l'origine, admettent aujourd'hui l'importation d'Amérique à une époque déjà ancienne. Ils ajoutent que l'espèce s'est naturalisée dans les forêts de l'Inde anglaise *.

L'indigénat en Afrique est encore plus contestable, et il est aisé d'en montrer la fausseté. Loureiro ^ avait vu l'espèce sur la côte orientale de ce continent, mais il la supposait d'origine américaine. Thonningne l'a pas vue en Guinée, et Brown ne l'indiquait pas au Congo *. Il est vrai que l'herbier de Kew a reçu des échantillons de ce dernier pays et des îles du golfe de Guinée, mais M. Oliver parle de l'espèce comme cultivée ^. Un arbre dont l'habitation est vaste en Amérique, et qui s'est naturalisé dans plusieurs régions de l'Inde depuis deux siècles, existerait dans une grande étendue de l'Afrique intertropicale s'il était indigène dans cette partie du monde.

Mangaier. — Mangifera indica, Linné.

Be la même famille que le Pommier d'Acajou, cet arbre donne cependant un véritable fruit, de la forme et de la couleur à peu près de l'abricot ^.

On ne peut douter qu'il ne soit originaire de l'Asie méridionale ou de l'archipel indien quand on voit la multitude des variétés cultivées dans ces pays, la quantité des noms vulgaires anciens, en particulier un nom sanscrit'^, et l'abondance dans ^es jardins du Bengale, de la péninsule indienne et de Geylan, môme à l'époque de Rheede. Du côté de la Ghine la culture en «lait moins répandue, car Loureiro la mentionne seulement en Gochinchine'. D'après Rumphius % elle avait été introduite, de

J- Rumphius, Herb. Amboin., 1, p. 177, 178.

*• Beddone, Flora sylvatica, t. 163 ; Hooker, Flora of brit, India, 2, p. 20.

^' Loureiro, FL cochinch., p. 304.

*• Brown, Congo, p. 12 et 49.

«• Oliver, Flora of tropical Africa, 1, p. 443.

j Voir la planche 4510 du Botanical magazine.

g 2^oxburgh, Flora indica, éd. 2, vol. 2, p. 435; Piddington, Index.

• ^Umphius, Herb, Amboin,, 1, p. 95.

mémoire d'homme, dans certaines îles de Tarchipel asiatique. Forster ne la mentionne pas dans son opuscule sur les fruits des îles de la mer Pacifique, lors de l'expédition de Gook. Le nom vulgaire aux Philippines, Manga *, montre une origine étrangère, car c'est le nom malais et espagnol. Le nom vulgaire à Ceylan est Ambe^ analogue au sanscrit Amra et d'où viennent les noms persan et arabe Amb^^ les noms modernes indiens, et peut-être les noms malais Mangka^ Manga^ Manpelaan, indiqués par Rumphius. Il y a cependant d'autres noms usités dans les îles de la Sonde, des Moluques et en Gochinchine. La variété de €es noms fait présumer une introduction ancienne dans l'archipel Indien, contrairement à l'opinion de Rumphius.

Les Mangifera que cet auteur avait vus sauvages dans l'île de Java et le Mangifera sylvatica que Roxburgh avait découvert à Sillet sont d'autres espèces; mais le véritable Manguier est indiqué par les auteurs modernes comme spontané dans les forêts de Ceylan, les districts au pied de FHimalaya, surtout vers l'est, dans l'Arracan, le Pégu et les îles Anda'man ^. Miquel ne l'indique comme sauvage dans aucune des îles de l'archipel malais. Malgré l'habitation à Ceylan et les indications moins affirmatives,. il est vrai, de sir J. Hooker, dans la Flore de l'Inde anglaise, l'espèce est probablement rare ou seulement naturalisée dans la péninsule indienne. La grosseur des graines est telle que les oiseaux ne peuvent pas les transporter, mais la fréquence de la culture amène une dispersion par l'homme. Si le Manguier est seulement naturalisé dans l'ouest de l'Inde anglaise, ce doit être depuis longtemps, vu l'existence d'un nom sanscrit. D'un autre côté les peuples de l'Asie occidentale doivent l'avoir connu assez tard, puisqu'ils n'ont pas transporté l'espèce en Egypte ou ailleurs vers l'ouest.

Aujourd'hui, on la cultive dans l'Afrique intertropicale et même aux îles Maurice et Seychelles, où elle s'est un peu naturalisée dans les forêts *.

L'introduction en Amérique a eu lieu d'abord au Brésil, car c'est de là qu'on fit venir des graines à la Barbade dans le milieu du siècle dernier ^. Un vaisseau français transportait des pieds de cet arbre de Bourbon à Saint-Domingue, en 1782, iorsquii fut pris par les Anglais, qui les portèrent à la Jamaïque, où il réussit à merveille. Quand les plantations de café furent abandonnées, lors de l'émancipation des esclaves, le Manguier, dont

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