I. Epeautre, Grande Epeautre. — TriticumSpelta, Linné
L 'Epeautre n'est plus guère cultivé que dans le midi de l'Allemagne et la Suisse allemande. Autrefois, il n'en était pas de même.
Les descriptions de céréales par les auteurs grecs sont tellement brèves et insignifiantes qu'on peut toujours hésiter sur le sens des noms qu'ils emploient. Cependant, d'après les usages dont ils parlent, les érudits * estiment que les Grecs ont appelé l'Epeautre d'abord Olyra^ ensuite Zeia^ noms qui se trouvent dans Hérodote et Homère. Dioscoride ^ distingue deux sortes de Zela, qui paraissent répondre aux Triticum Spelta et Tr, monococcum. On croit que l'Epeautre était le Semen (grain par excellence) et le Far, de Pline, dont il dit que les Latins se sont nourris pendant 360 ans, avant de savoir confectionner du pain ®. Comme l'Epeautre n'a pas été trouvé chez les lacustres de Suisse ou d'Italie, et que les premiers cultivaient des formes voisines, appelées T7\ dicoccum et TV. monococcum ', il est possible que le Far des Latins fut plutôt une de celle-ci.
L'existence du véritable Epeautre dans l'ancienne Egypte et dans les pays voisins me paraît encore plus douteuse. uOlyra des Egyptiens, dont parle Hérodote, n'était pas VOlyra des Grecs. Quelques auteurs ont supposé que c'était le riz, Oryza ®. Quant à l'Epeautre, c'est une plante qu'on ne cultive pas dans des pays aussi chauds. Les modernes, depuis Rauwolf jusqu'à nos jours,
1. Voir les planches de Metzger et de Host, dans les ouvrages cités tout à l'heure.
2. Essai d'un catalogue méthodique des froments^ Paris. 1850.
3. Seringe, Monographie des céréales de la Suisse^ in-8o, Berne, 1818.
4. Fraas, Synopsis Û, class.^ p. 307; Lenz, Botanik d. Alten^ p. 257.