INDIGOTIERS, HENNÉ
venant de l’Inde. Quant à la qualité spontanée de la plante, Roxburgh dit : « Lieu natal inconnu, car, quoique commune maintenant à l’état sauvage dans la plupart des provinces de l'Inde, elle n’est pas éloignée ordinairement des endroits où elle est cultivée actuellement ou l'a été. » Wight et Itoyle, qui ont publié des figures de l’espèce, n’apprennent rien à cet égard, et les flores plus récentes de l’Inde mentionnent la plante comme cultivée1. Plusieurs autres Indigofera sont spontanés dans l'Inde.
On a trouvé celui-ci dans les sables du Sénégal s, mais il n’est pas indiqué dans d’autres localités africaines, et il est souvent cultivé au Sénégal, ce qui me fait présumer une naturalisation. L’existence d’un nom sanscrit rend l’origine asiatique assez probable.
Indigotier argenté. — Indigofera argentea, Linné.
Celui-ci est décidément spontané en Abyssinie, Nubie. Kordofan et Sennaar 3. On le cultive en Egypte et en Arabie. D’après cela, on pourrait croire que c’est l’espèce dont les anciens Egyptiens tiraient une couleur bleue *, mais ils faisaient peut-être venir l'indigo de l’Inde, car la culture en Egypte ne remonte probablement pas au delà du moyen âge 6.
Une forme un peu différente que Roxburgh désignait comme espèce (Indigofera cærulea), et qui paraît plutôt une variété, est sauvage dans les plaines de la péninsule indienne et du Belouchistan.
Indigotiers d’Amérique.
Il existe probablement un ou deux Indigofera originaires d’Amérique, mais mal définis, souvent mélangés dans les cultures avec les espèces de 1 ancien monde et naturalisés hors des cultures. La synonymie en est trop incertaine pour que j’ose faire quelque recherche sur leur patrie. Quelques auteurs ont pensé que 17. Anil de Linné était une de ces espèces. Linné dit ■cependant que sa plante était de l’Inde (Mantissa, p. 273). La teinture bleue des anciens Mexicains était tirée d'un végétal bien différent des Indigofera, d’après ce que raconte Hernandez6.
Henné. — Lawsonia aida , Lamarek ( Lawsonia inermis et L. spinosa de divers auteurs).
L usage des femmes de l’Orient de se teindre les ongles en
J; Wight, /cône.», t .365; Itoyle, III. Himal, t. 105 ; Baker, dans Flora Of britis/i India, 2, p. 98; Brandis. Forest flora, p. 130.
2. Guillemin, Perrottet et Richard, Floræ Seneg. tentamen p 178
3. Richard, Tentamen fl. abyss., 1, 184: Oliver, Fl. of trou 1 trier, o
F». 97; 8ehweinfurth et Ascherson Aufznhlung , p. 236. ' ’ ’
i p i,43"ger’ pflanzend ■ alten Ægyptcns, p. 66; Pickeriug, Chronol. acramj.
; Reynier, Economie des lui fs, p. 43 ÿ; des Egyptiens, i>. 334 b. Hernandez, Thés. , p. 108. *
rouge avec le suc tiré des feuilles du Henné remonte à une grande antiquité. La preuve en est dans les anciennes peintures et momies égyptiennes.
Il est difficile de savoir quand et dans quel pays on a commencé à cultiver l’espèce pour subvenir aux nécessités de cette mode aussi ridicule que persistante, mais cela peut remonter à une époque très ancienne, puisque les habitants de Babylone, de Ninive et des villes d'Egypte avaient des jardins. Les érudits pourront constater si l’usage de teindre les ongles a commencé en Egypte sous telle ou telle dynastie, avant ou après certaines communications avec les peuples orientaux. Il suflit, pour notie but, de savoir que le Lawsonia , arbuste de la famille des Lythracées, est plus ou moins spontané dans les régions chaudes de l’Asie occidentale et de l’Afrique, au nord de l’équateur.
J’en possède des échantillons venant de l’Inde, de Java, de Timor, même de Chine 1 et de Nubie, qu on ne dit pas recueillis sur des pieds cultivés, et d’autres échantillons de la Guyane et des Antilles, qui proviennent sans doute d’importations de l’espèce. Stoks l’a trouvé indigène dans le Belouchistan *. Roxburgh le regardait aussi comme spontané sur la côte de Coromandel 3, et Thwaites 4 l’indique pour Ceylan d’une manière qui fait supposer une espèce spontanée. M. Clarke 5 la dit « très commune et cultivée dans l'Inde, peut-être sauvage dans la partie orientale ». Il est possible qu elle se soit répandue dans l’Inde, hors de la patrie primitive, comme cela est arrive au xvne siècle à Amboine 5 et plus récemment peut-être aux Antilles 7, à la suite de cultures, car la plante est recherchée pour le parfum de ses fleurs, outre la teinture, et se propage beaucoup par ses graines. Les mêmes doutes s’élèvent sur 1 indignai en Perse, en Arabie, en Egypte (pays essentiellement
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jours un cas assez rare qu’une telle distribution géographique. Voyons si les noms vulgaires indiquent quelque chose.
On attribue à l’espèce un nom sanscrit, bakacncra ; mais, comme il n’a laissé aucune trace dans les divers noms des langues modernes de l’Inde, je doute un peu de sa réalité. Le nom persan Uanna s’est répandu et conservé plus que les autres (ilina des Indous, Henneh et Alhenna des Arabes, huma des
2. ARchiso'n)1 Calai, of Punjab, etc., p. 60; Boissier, Fl. or., 2, p. 74.