‹ Origine des plantes cultivéesChapitre 105 sur 427 · Tiedemann, p · texte numérisé non relu

Tiedemann, p

6. Martius, Sgst. mal. med. bras., p. 120; Fl. hras.. vol. X p 191

'•A. de Gandolle, Géogr. bot. raisonnée , p. 849. ’ 1 2 *

je n’avais pu connaître d’autres échantillons de N. Tabacum paraissant spontanés que ceux envoyés par Blanchet, de la province de Bahia, sous le n° 3223, a. Aucun auteur, avant ou après cette époque, n’a été plus heureux, et je vois que MM. Fliickiger et Hanbury, dans leur excellent ouvrage sur les drogues d’origine végétale *, disent positivement : « Le tabac commun est originaire du nouveau monde, et cependant on ne l'y trouve pas aujourd’hui à l’état sauvage. » J’oserai contredire cette assertion, quoique la qualité de plante spontanée soit toujours contestable quand il s’agit d’une espèce aussi facile à répandre hors des plantations.

Je dirai d’abord qu’on rencontre dans les herbiers beaucoup d’échantillons récoltés au Pérou, sans indication qu’ils fussent cultivés ou voisins des cultures. L'herbier de M. Boissier en contient deux, de Pavon, venant de localités différentes 2. Pavon dit dans sa flore (vol. 2, p. 16) que l’espèce croît dans les forêts humides et chaudes des Andes péruviennes, et qu’on la cultive. Mais, ce qui est plus significatif, M. Edouard André a recueilli dans la république de l’Équateur, à Saint-Nicolas, sur la pente occidentale du volcan Corazon , dans une forêt vierge, loin de toute habitation, des échantillons, qu’il a bien voulu me communiquer et qui sont évidemment le N. Tabacum à taille élevée (2 à 3 mètres) et à feuilles supérieures étroites, longuement acuminées, comme on les voit dans les planches de Hayne et de Miller 3. Les feuilles inférieures manquent. La fleur, qui donne les vrais caractères de l’espèce, est certainement du TV. Tabacum , et il est bien connu que cette plante varie dans les cultures sous le rapport de la taille et de la largeur des feuilles4.

La patrie primitive s’étendait-elle au nord jusqu au Mexique, au midi vers la Bolivie, à l’est dans le Venezuela? C est très possible.

Le IVicotiania ruslica , Linné, espèce à fleurs jaunâtres, très différente du Tabacum s, et qui donne un tabac grossier, était plus souvent cultivé chez les anciens Mexicains et les indigènes au nord du Mexique. Je possède un échantillon rapporté de Californie par Douglas, en 1839, époque à laquelle les colons étaient encore rares, mais les auteurs américains n admettent

\ . Flûckiger et Hanbury, Histoire des drogues d’origine végétale, traduction eu français, 1878, vol. 2, p. 150. .

2 L’un d eux est classé sous le nom de hicot. frultcosa, qui, selon moi, est ’la même espèce, à taille élevée, mais non ligueuse, connue le nom le ferait croire. Le N. auriculata Bertero est aussi le Tabacum, d apres mes

échantillons authentiques. , , .

3. Hayne, Arzneikunde Gewachse, vol. 12, t. 41; Miller, Gardener s dict.,

La capsule est tantôt plus courte que le calice et tantôt plus longue, sur le même individu, dans les échantillons de M Anure.

5. Voir les figures de iV. ruslica dans Idée, Tapes de familles naturelles de France, Solanées ; Bulliard, Herbier de b rance, t. 1.89.

TABAC

pas la plante comme spontanée, et le Dr Asa Gray dit qu’elle se sème dans les terrains vagues1. C’est peut-être ce qui était arrivé pour des échantillons de l’herbier Boissier, que Pavon a récoltés au Pérou et dont il ne parle pas dans la llore péruvienne. L i espèce croît abondamment autour de Cordova, dans la république Argentine2, mais on ignore depuis quelle époque. D apres 1 emploi ancien de la plante et la patrie des espèces les plus analogues, les probabilités sont en faveur d’une origine du Mexique, du Texas ou de Californie.

Plusieurs botanistes, même des Américains, ont cru l’espèce , 1 ancien monde. C est bien certainement une erreur, quoique

la piante se répande çà et là, même dans nos forêts et quelqueois en abondance 3, à la suite des cultures. Les auteurs du xvin siecle en ont parlé comme d’une plante étrangère introduite dans les jardins et qui en sortait quelquefois*. On la rouve dans quelques herbiers sous les noms de JY. tatarica , turcica ou sibmca mais il s’agit d’échantillons cultivés dans les jauhns, et aucun botaniste n’a rencontré l’espèce en Asie ou sur les confins de l Asie, avec l’apparence qu’elle fut spontanée.

Ceci me conduit à réfuter une erreur plus générale et plus tenace, maigre ce que j ai démontré en 1853, celle de considérer quelques especes mal décrites d’après des échantillons cultivés, comme originaires de 1 ancien monde, en particulier d’Asie. Les preuves de J origine américaine sont devenues si nombreuses et si bien concordantes que, sans entrer dans beaucoup de détails, je puis les résumer de la manière suivante •

à lVlîum,ve^n<ï.Uantain<i d’esPèces du g^re Nicotiana trouvées savn [?rl f. il $?’ deUX s/eule"}ei^t sont étrangères à l’Amérique, savoir - 1 le /V. suaveolens , de la Nouvelle-Hollande auquel on

7,nl-atlt IeiV- ro ttindifolia du même pays, et celui que Vmlenat avait appelé par erreur Ar. undulata; 2° le N. frnqrans Hooker (Bot. mag., t 4865), de l’île des Pins, près de la Nouvelle-Caiedome, qui diffère bien peu du précédent.

U. Quoique les peuples asiatiques soient très amateurs de tabac et que des une époque reculée ils aient recherché la fumée de certaines plantes narcotiques, aucun d’eux n’a employé le Tabac £ETn .à- a découverte de l’Amérique. Tiedemann l’a

Iles vôv ^ ' PC Par desArecherches approfondies dans les écrits

des voyageurs du moyen âge ». Il cite même pour une époque

moms ancienne et qui a suivi de près la découverte de PAménque, celle de 1340 a 1603, plusieurs voyageurs dont quelques-

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