POMME CAT* ELLE
dit fl» spontanea ? Le nombre des localités dans cette partie de l’Amérique est assez significatif, .le n’ai pas besoin de rappeler qu’aucun arbre, pour ainsi dire, vivant ailleurs que sur les côtes, n’a été trouvé véritablement aborigène à la fois dans l’Asie, l'Afrique et l’Amérique intertropicales ’. L’ensemble de mes recherches rend un fait pareil infiniment peu probable, et, si un arbre était assez robuste pour offrir une telle extension, il serait excessivement commun dans tous les pays intertropicaux.
« D’ailleurs les arguments historiques et linguistiques se sont aussi renforcés dans le sens de l’origine américaine. Les détails donnés par Rumphius 2 montrent que 1 ’Anona squamosa était une plante nouvellement cultivée dans la plupart de îles de l’archipel Indien. Forster n’indique aucune Auonacée comme cultivée dans les petites îles de la mer Pacifique 3. Iiheede * dit l’A. squamosa étranger au Malabar, mais transporté dans l’Inde, d’abord par les Chinois et les Arabes, ensuite par les Portugais. Il est certain qu’il est cultivé en Chine et en Gochinchine 3, ainsi qu’aux Philippines 8; mais depuis quelle époque? C’est ce que nous ignorons. Il est douteux que les Arabes le cultivent 7. Dans l’Inde on le cultivait du temps de Roxburgh 8, qui n’avait pas vu l’espèce spontanée, et qui ne mentionne qu’un seul nom vulgaire de langue moderne (bengali), le nom Ata. qui est déjà dans Rheede. Plus tard, on a cru reconnaître le nom Gunda-Gatra comme sanscrit9; mais le D' Royle 10 ayant consulté le célèbre Wilson, auteur du dictionnaire sanscrit, sur l’ancienneté de ce nom, il répondit qu’il avait été tiré du Sabda ckanrika, compilation moderne comparativement. Les noms de Ata , Ati se trouvent dans Rheede et Rumphius ". Yoilà sans doute ce qui a servi de base à l’argumenta-
t. A. de Candolle, Géogr. bot. raisonnée, cliap. X.