‹ Origine des plantes cultivéesChapitre 133 sur 427 · Molina, traduction française · texte numérisé non relu

Molina, traduction française

Iraité du PJÜ"*’ ’ »:?• Paris, 1811 ; Risso et Boileau, Histoire natuielle des Orangers, 1818, m-folio, 109 planches.

uniquement cultivés, c’est-à-dire plus ou moins factices et peut-être, dans certains cas, hybrides. Les botanistes sont plus heureux maintenant. Grâce aux découvertes des voyageurs dans Inde anglaise, ils peuvent distinguer des espèces spontanées, par conséquent reelles et naturelles. D’après sir Joseph Hooker < qui a lui-même herborisé dans l’Inde, c’est à Brandis * qu’on doit le meilleur travail sur les Citrus de cette région. Il le suit dans sa flore. Je ferai de même, à défaut d’une" monographie du genre, et en remarquant aussi qu il reste à rapporter le mieux possible aux espèces spontanées la multitude des formes qui ont été décrites dans les jardins et figurées depuis deux siècles .

.Les mêmes espèces, et d autres peut-être, existent probablement à l’état sauvage en Cocbinchine et en Chine ; mais on ne la pas encore constaté sur place ni au moyen d’échantillons examinés par des botanistes. Peut-être les-ouvrages importants de M. Pierre, qui commencent à paraître, nous feront-ils savoir - ce qu’il en est pour la Cocbinchine. Quant à la Chine, je citerai le passage suivant du Dr Bretschneider 4, qui a de l’intérêt, vu les connaissances spéciales de rauteur : « Les oranges, dont il y a une grande variété en Chine, sont comptées par les Chinois dans le nombre des fruits sauvages. On ne peut pas douter que la plupart ne soient indigènes et cultivées depuis des temps anciens. La preuve en est que chaque espèce ou variété porte un nom distinct, est en outre représentée le plus souvent par un caractère particulier, et se trouve mentionnée dans les Shu-king, Rh-ya et autres anciens ouvrages. »

Les hommes et les oiseaux dispersent les graines d’Auranfiacées, d’où résultent des extensions d’habitation et des naturalisations dans les régions chaudes des deux mondes. On a pu le remarquer en Amérique dès le premier siècle après la conquête J, et maintenant il s’est formé des bois d’orangers même dans le midi des Etats-Unis.

Pompelmouse. — Citrus decumana, Willdenow. — Shaddock, des Anglais.

Je parlerai d’abord de cette espèce, parce qu’elle a un caractère botanique plus distinct que les autres. Elle devient un

t. Hooker, Flora of british India, 1, p. 515.

2. Stewart et Brandis, The fovest of norlh-west and central India, 1 vol. in-8, p. 50.

3. Pour arriver à un travail de ce genre, le premier pas serait de publier de bonnes figures des espèces spontanées, montrant en particulier leurs fruits, qu’on ne voit pas dans les herbiers. On pourrait alors dire quelles sont, dans les planches de Risso, de Duhamel et autres, celles qui s’approchent le plus des types sauvages.

4. Bretschneider, On the stuay and value of chine. se bolanical works, p. 55.

5. Acosta, Ilist. nat. des Indes, traduction française, 1598, p. 187.

CÉDRATIER, CITRONNIER, LIMONIER 141

plus grand arbre, et elle est seule à avoir les jeunes pousses et le dessous des feuilles pubescents. Le fruit est sphérique ou a peu près, plus gros qu’une orange, quelquefois même aussi gros qu’une tête d’homme. Le jus est d’une acidité modérée, la peau remarquablement épaisse. On peut voir de bonnes figures du fruit dans le nouveau Duhamel, 7, pl. 42, et dans Tussac, llore des Antilles, 3, pl. 17, 18.

Le nombre des variétés dans l’archipel du midi de 1 Asm indique une ancienne culture. On ne connaît pas encore d une manière bien précise le pays d’origine, parce que des pieds qui paraissent indigènes peuvent venir de naturalisations, suites d’une culture fréquente. Itoxburgli dit qu à Calcutta on avait reçu l’espèce de Java \ et Rumphius 1 2 la croyait originaire du midi de la Chine. Ni lui ni les botanistes modernes ne l’ont vue à l'état sauvage dans l’archipel Indien 3 4 5. En Chine, 1 espèce a un nom simple, Yu ; mais le signe caractéristique * paraît trop compliqué pour une plante véritablement indigène. Selon Loureiro, cet arbre est commun en Chine et en Cochinchine, ce qui ne veut pas dire qu’il y soit spontané B. C’est dans les îles à l’est de l’archipel Indien qu’on trouve le plus d’indices d’une existence sauvage. Forster 6 disait déjà autrefois de cette espèce : « très commune dans les îles des Amis. » Seemann 7 est plus affirmatif pour les îles Fidji : « Extrêmement commune, dit-il, et couvrant le bord des rivières. »

Il serait singulier qu’un arbre aussi cultivé dans toute l’Asie méridionale se fût naturalisé à ce point dans certaines îles de la mer Pacifique, tandis que cela n’a guère été vu ailleurs. Il en est probablement originaire, ce qui n’empêche pas qu’on le trouvera peut-être sauvage dans d’autres îles plus rapprochées de Java.

Le nom de Pompelmouse est hollandais ( Pompelmoes ). Celui de Shaddock vient de ce qu’un capitaine de ce nom avait apporté le premier l’espèce aux Antilles 8.

Cédratier, Citronnier, Limonier. — Citrus medica, Linné.

Cet arbre, de même que l’Oranger ordinaire, est glabre dans toutes ses parties. Son fruit, plus long que large, est surmonté, dans la plupart des variétés, par une sorte de mamelon. Le suc est plus ou moins acide. Les jeunes pousses et les pétales sont

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