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CHAPITRE PREMIER

PLANTES CULTIVÉES POUR LEURS PARTIES SOUTERRAINES TELLES QUE RACINES, BULBES OU TUBERCULES 1 2.

Radis, Raifort. — Raphanus sativus, Linné.

Le radis est cultivé pour ce qu’on appelle la racine, qui est, à proprement parler, la partie inférieure de la tige avec la racine pivotante 3. On sait à quel point la grosseur, la forme et la couleur de ces organes, qui deviennent charnus, peuvent varier, suivant le terrain et les races cultivées.

Il n’y a pas de doute que l’espèce est originaire des régions tempérées de l’ancien monde ; mais, comme elle s’est répandue dans les jardins, depuis les temps historiques les plus reculés, de la Chine et du Japon jusqu’en Europe, et qu’elle se sème fréquemment autour des cultures, il est difficile de préciser son point de départ.

Naguère on confondait avec le Raphanus sativus des espèces voisines, de la région méditerranéenne, auxquelles on attribuait certains noms grecs; mais le botaniste J. Gay’qui a beaucoup

1. Un certain nombre d’espèces, dont l’origine est bien connue, comme la carotte, l’oseille, etc., sont mentionnées seulement dans le résumé au commencement de la dernière partie, avec une indication des faits principaux qui les concernent.

2. Quelques espèces sont cultivées tantôt pour leurs racines et tantôt pour leurs feuilles ou leurs graines. Dans d'autres chapitres se trouvent aes espèces cultivées pour leurs feuilles (fourrages) ou pour leurs graines, etc. J’ui classé eu raison de l’usage le plus habituel. Au surplus, l’index alphabétique renvoie à la place adoptée pour chaque espèce.

3. Voir l’état jeune de la plante lorsque la partie de la tige au-dessous des cotylédons n'est pas encore renflée. Turpin en a donné une ligure dans les Annules des sciences naturelles , série 1, vol. 21, pl. 5.

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contribué à éliminer ces formes analogues 1 , regardait le R. salivus comme originaire d’Orient, peut-être de Chine. Linné supposait aussi une origine chinoise, du moins quant à une variété qu’on cultive en Chine pour extraire l’huile des graines 2. Plusieurs flores du midi de l'Europe mentionnent l’espèce comme subspontanée ou échappée des cultures, jamais comme spontanée. Ledebour avait vu un échantillon recueilli près du mont Ararat. Il en avait semé les graines et vérifié l’espèce 3. Cependant M. Boissier % en 1807, dans sa flore d’Orient, se borne à dire : « Subspontané dans les cultures de l’Anatolie, près de Mersiwan (d’après Wiedi, en Palestine (d’après lui-même), en Arménie (d’après Ledebour) et probablement ailleurs », ce qui ressemble aux assertions des flores européennes. M. Buhse 6 cite une localité, les monts Ssahend, au midi du Caucase, qui paraît devoir être assez en dehors des cultures. Les flores récentes de l’Inde anglaise6 et l’ancienne flore de Cochinchine de Loureiro indiquent 1 espèce seulement comme cultivée. M. Maximowicz l’a vue dans un jardin du nord-est de la Chine 1 . Thunberg en parle comme d’une plante généralement cultivée au Japon et croissant aussi le long des chemins 8; mais ce dernier fait n’est pas répété par les auteurs modernes, probablement mieux informés 9.

Hérodote ( Iiist ., 1. 2, c. 125) parle d’un radis, qu’il nomme Surmaia, dont une inscription de la pyramide de Chéops mentionnait l’emploi par les ouvriers. Unger 10 a copié dans l’ouvrage de Lcpsius deux figures du temple de Karnak, dont la première tout au moins paraît représenter le radis.

D’après cela, en résumé : lu l’espèce se répand facilement hors des cultures dans la région de l'Asie occidentale et de l’Europe méridionale, ce qui n’est pas mentionné d’une manière certaine dans les flores de l’Asie orientale; 2° les localités au midi du Caucase, sans indication de culture, font présumer que la plante y est spontanée. Par ces deux motifs, elle semble originaire de i’Asie occidentale, entre la Palestine, l’Anatolie et le Caucase, peut-être aussi de la Grèce; la culture l’aurait répandue vers l'ouest et l’est, depuis des temps très anciens.

Les noms vulgaires appuient ces hypothèses. En Europe, ils offrent peu d’intérêt quand ils se rapportent à la qualité de ra-

t. Dans A. de Candolle, Géogr. bot. raisonnée, p. 826

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