‹ Origine des plantes cultivéesChapitre 203 sur 427 · POTIRON · texte numérisé non relu

POTIRON

examiner avec d’autant plus de soin qu’on m’a reproché aux Etats-Unis do n’en avoir pas tenu suffisamment compte.

D abord, sur dix espèces connues du genre Gucurbita, six sont certainement spontanées en Amérique (au Mexique ou en Gai ifornie), mais ce sont des espèces vivaces, tandis que les Courges cultivées sont annuelles.

La plante nommée Jurumu par les Brésiliens, figurée par Pison etMarcgrat est rapportée par les modernes au Cucurbita maxnna. La planche et les courtes explications des deux auteurs conviennent assez, mais il parait que c’était une plante cultivée. Elle peut avoir été apportée d’Afrique ou d Europe par les Européens, entre la découverte du Brésil, en 1504, et les voyages des auteurs sus-mentionnés, qui ont eu lieu en 1637 et 1638. Personne n’a trouvé l’espèce sauvage dans l’Amérique méridionale ou septentrionale. Je ne rencontre dans les ouvrages sur le Biésil, la Guyane, les Antilles aucun indice de culture ancienne ou d existence spontanée, soit d’après les noms, soit d’après des traditions ou opinions plus ou moins précises. Aux Etats-Unis les savants qui connaissent le mieux les langues et les usages des indigènes, par exemple le Dr Harris autrefois, et M. Trum- , ,u plus récemment -, ont soutenu que les Gucurbitacées appelées Squash par les Anglo-Américains et Macock ou Caskaio, Lushaiv par d anciens voyageurs en Virginie, répondent à des Courges. M. Prumbull dit que Squash est un mot indien. Je n en doute pas, d’après son assertion, mais ni les plus habiles linguistes m les voyageurs du xvii* siècle 3 qui ont vu les indigènes pourvus de fruits appelés dans leurs livres Citrouilles tourr9esp Rompions Gourdes , n’ont pu donner la preuve nue ce lut telle ou telle des espèces reconnues distinctes auiourdhui par les botanistes. Cela nous apprend seulement que les indigènes, un siècle après la découverte de la Virginie vingt a quarante ans après la colonisation par W. llaleigh ’ faisaient usage de certains fruits de Cucurbitacées. Les noms vulgaires sont encore si confus aux Etats-Unis que le Dr Asa Gray, en 1868, indique Pumphin et Squash comme répondant a des espèces de Cucurbita \ tandis que Darlington 5 attribue le nom de Pumphin à la Courge ordinaire ( Cucurbita Pepo) et celui de Squash aux variétés de celle-ci qui rentrent dans les tonnes Melopepo des anciens botanistes. Ils n'attribuent pas

un nom vulgaire, particulier et certain, au Potiron ( Cucurbita maxima). '

En définitive, sans ajouter une foi implicite à I’indigénat sur les

1. Piso, Brasil., éd. 1638, p. 264; Marcgraf, éd. 1048, p. 44.

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