‹ Origine des plantes cultivéesChapitre 207 sur 427 · Bretschneider, lettre du 23 août · texte numérisé non relu

Bretschneider, lettre du 23 août

MELON 20a

On ne connaît aucun nom sanscrit, et les noms indiens, malais et chinois ne sont ni très nombreux ni bien originaux, quoique la culture paraisse plus répandue dans l’Asie méridionale que dans les autres régions entre les tropiques. Elle l'était déjà au xmp siècle, d après YHortus Malabaricus, où l’on voit une bonne planche (vol. 8, pl. 2).

Il ne paraît pas que les botanistes du xvi« siècle aient connu celte espece, car la ligure de Dalechamp (Z/ist., I, p. 016). que beringe lui a attribuée, n’en a pas les caractères, et je ne puis découvrir aucune autre figure qui lui ressemble.

Courge â feuilles de figuier. — Cucurbita fici folia. Bouché — Cucurbita melanosperma . Braun.

Il s’est introduit, depuis une trentaine d’années, dans les iardins, une Courge à graines noires ou quelquefois brunes, qui diffère des autres espèces cultivées en ce qu’elle est vivace. On 1 appelle quelquefois Melon de Siam. Le lion jardinier dit qu’elle

ufiïa6 Pool06' Le, D' Bl’etschneider ne m’en a pas parlé dans la lettre de 1881 , ou il énumere les Courges cultivées par les Chinois.

Jusqu a présent, aucun botaniste ne l’a trouvée à l’état spontané. Je doute beaucoup qu’elle soit originaire d’Asie, car toutes les especes connues de Cucurbita vivaces sont du Mexique ou de

Melon. — Cucumis Melo, Linné.

La question de l’origine du Melon a changé complètement depuis les travaux de M. Naudin. Le mémoire qu’il a publié en 1859, dans les Annales des sciences naturelles , série 4, volume 11, sur le genre Cucumis , est aussi remarquable que celui sur le genre Cucurbita. Il rend compte d’observations et d’expériences, suivies pendant plusieurs années, sur la variabilité des formes et la fécondation croisée d’une multitude d’espèces races ou variétés venant de toutes les parties du monde. J'ai parlé ci-dessus (p. 199) du principe physiologique sur lequel il croit pouvoir distinguer des groupes de formes qu’il nomme des especes, quoique certaines exceptions se soient manifestées et rendent le critère de la fécondation moins absolu. Malgré ces cas exceptionnels, il est évident que si des formes voisines se croisent facilement et donnent des produits féconds, comme cela se voit, par exemple, dans l’espèce humaine, on est obligé de les regarder comme constituant une seule espèce.

Dans ce sens, le Cucumis Melo , d’après les expériences et observations faites par M. Naudin sur environ deux mille individus vivants, constitue bien une espèce, laquelle comprend un nombre extraordinaire de variétés et même de races, c’est-à-dire de iormes qui se conservent par hérédité. Ces variétés ou races peuvent se féconder entre elles et donnent des produits variés et

variables, Llles sont classées par 1 auteur dans dix groupes, qu'il appelle Cantaloups , Melons brodés , Sucrins, Melons d'hiver, serpents, forme de concombre, Chito , Dudaïm , rouges de Perse et sauvages , chacun contenant des variétés ou races voisines les unes des autres. Celles-ci ont été nommées de 25 à 30 manières différentes par des botanistes qui, sans s’inquiéter des transitions de forme, de la faculté de croisement ou du peu de fixité dans la culture, ont désigné comme espèces tout ce qui dilTère plus ou moins dans un temps et un lieu donnés.

Il résulte de là que plusieurs formes qu’on avait trouvées à l’état sauvage et qu'on décrivait comme espèces doivent être les types ou souches des formes culLivêes, et M. Nuudin fait la réflexion très juste que ces formes sauvages plus ou moins différentes l'une de l’autre ont pu donner des produits cultivés différents. C’est d’autant plus probable qu’elles habitent quelquefois des pays assez éloignés, comme l’Asie méridionale et l’Afrique tropicale, de sorte que les diversités de climat, combinées avec l’isolement, ont pu créer et consolider les différences.

Voici les formes que M. Naudin énumère comme sauvages :

1° Celles de l’Inde, qui ont été nommées par Willdenow Cucumis pubescens, et par Roxburgh C. turbinât us ou C. Maderaspatanus. Leur habitation naturelle est l’Inde anglaise dans toute son étendue et le Belouchistan. La qualité spontanée est évidente, même pour des voyageurs non botanistes 1 . Les fruits varient de la grosseur d’une prune à celle d'un citron. Ils sont unis, rayés ou bariolés à l’extérieur, parfumés ou sans odeur. La chair en est sucrée, fade ou aigrelette, différences qui rappellent beaucoup celles des Cantaloups cultivés. D'après Roxburgh, les Indiens récoltent les fruits du turbinatus et du Maderaspatanus , qu’ils ne cultivent pas, mais dont ils aiment la saveur.

Si l’on consulte la flore la plus récente de l’Inde anglaise, où M. Clarke a décrit les Cucurbitacécs (2, p. 619), il semble que cet auteur ne s'accorde pas avec M. Naudin sur les formes indiennes spontanées, quoique tous deux aient examiné les nombreux échantillons de l’herbier de Kew. La différence d’opinion, plus apparente que réelle , tient à ce que l’auteur anglais rapporte à une espèce voisine, Cucumis trigonus, Roxburgh, certainement sauvage, les formes que M. Naudin classe dans le Cucumis Melo. M. Cogniaux 2, qui a vu depuis les mêmes échantillons, attribue seulement le C. turbinatus au trigonus. La distinction spécifique des C. Melo et C. trigonus est malheureusement obscure, d’après les caractères donnés par les trois auteurs. La principale différence est que le Melo est annuel, l’autre vivace, mais cette durée ne paraît pas bien constante.

t- <iard>ner’s chronicle, articles signés : J. H. H., 1837, |p. 133; 1 S,

Page 1