‹ Origine des plantes cultivéesChapitre 32 sur 427 · Gérard, Herbal, 1597, p. 781, avec figure · texte numérisé non relu

Gérard, Herbal, 1597, p. 781, avec figure

des tubercules de Pommes de terre comme provision, et W. Raleigh, faisant une guerre de flibustier aux Espagnols, lui ou un autre peut avoir pillé quelque vaisseau qui en contenait. Ceci est d’autant moins invraisemblable que les Espagnols avaient introduit la plante en Europe avant 1585.

Sir Joseph Banks1 et Dunal 2 3 4 ont eu raison d’insister sur ce fait de l’introduction première par les Espagnols, attendu que pendant longtemps on a parlé surtout de Walter Raleigh, qui a été le second introducteur, et même d’autres Anglais, qui avaient apporté, non la Pomme de terre, mais la Batule, plus ou moins confondue avec elle a. Un botaniste célèbre, de L'Ecluse \ avait , pourtant précisé les faits d'une manière remarquable. C’est lui qui a publié la première bonne description et bonne figure de la Pomme de terre, sous le nom significatif de Papas Peruanorum. D’après ce qu’il dil, l’espèce a bien p u changé par l’eiTet d’une culture de près de trois siècles, car elle donnait à l’origine jusqu’à 50 tubercules de grosseur inégale, ayant de un à deux pouces de longueur, irrégulièrement ovoïdes, rougeâtres, qui mûrissaient en novembre (à Vienne). La fleur était plus ou moins rose à l’extérieur et rosée à l’intérieur, avec cinq raies longitudinales de couleur verte, ce qu’on voit souvent aujourd’hui. On a obtenu sans doute de nombreuses variétés, mais l’état ancien n’est pas perdu. De L’Ecluse compare le parfum des fleurs à celui du tilleul, seule différence d’avec nos plantes actuelles. Il sema des graines qui donnèrent une variété à fleurs blanches, comme nous en voyons quelquefois.

Les filantes décrites par de L’Ecluse lui avaient été envoyées en 1588 par Philippe de Sivry, seigneur de Waldheim, gouverneur de Mons, qui les tenait de quelqu’un de la suite du légat du pape en Belgique. De L'Ecluse ajoute que l’espèce avait été reçue en Italie d’Espagne ou d’Amérique (eertum est vel ex Ilispaniis, vel ex America habuisse), et il s’étonne qu'étant devenue commune en Italie, au point qu’on la mangeait comme des raves et qu’on en donnait aux porcs, les savants de l’école de Padoue en avaient eu connaissance par les tubercules qu il leur envoya d’Allemagne. Targioui B n a pas pu constater que la Pomme de terre eût été cultivée aussi fréquemment eu Italie à la lin du xvie siècle que le dil de L’Eeluae, mais il cite le Pi re Magazzini, de Valombrosa, dont l'ouvrage posthume, publié

Page 1