Thwuites, En uni. plant. Ceylonx
94 PLANTES CULTIVÉES POUR LEURS TIGES Ou FEUILLES
l’arbuste qui produit le thé, Linné le nomma Thea sinnisis. Bientôt après, dans la seconde édition du Species plant arum, il crut mieux faire en distinguant deux espèces, Thea Uo/æa et Thea viridis , qu’il croyait répondre à la distinction commerciale des thés noirs et verts. On a prouvé depuis qu il n y a qu’une espèce, comprenant plusieurs variétés, et qu on obtient des thés noirs ou verts au moyen de toutes les variétés, selon les procédés de fabrication. Cette question était réglée lorsqu U s en est élevé une autre sur la réalité du genre Thea, en tant que distinct du Gamellia. Quelques auteurs lont du I hea une section de l’ancien genre Camellia ; mais, si l’on réfléchit aux caractères indiqués d’une manière très précise par Seemann *,ucst permis, ce me semble, de conserver le genre Thea, avec la nomenclature ancienne et usitée de l’espèce principale.
On mentionne souvent une légende japonaise racontée par Kæmpfer *. Un prêtre venu de l’Inde en Chine, dans 1 annee oiy de notre ère, ayant succombé au sommeil lorsqu il voulait veiller et prier, aurait coupé ses deux paupières, dans un mouvement d'indignation, et elles se seraient changées en un arbuste, e Thé, dont les feuilles sont éminemment propres à empêcher de dormir. Malheureusement pour les personnes qui admettent volontiers les légendes en tout ou en partie les Chinois n ont jamais entendu parler de celle-ci, quoique 1 événement se fût passé chez eux. Le thé leur était connu bien avant 1 année olJ; et probablement il n’avait pas été apporte de 1 Inde. Ç est ce que nous apprend le D' Bretschneider, dans son opuscule, riche de faits botaniques et linguistiques 8. Le Pent-sao, ^ dit-il , mentionne le Thé 2700 ans avant Jésus-Christ , le Rya 5 a 600 ans aussi avant Jésus-Christ, et le commentateur de ce dernier ouvrage, au quatrième siècle de notre ère a donne des de- . tails sur la plante et sur l’emploi de ses feuilles en m fusion. L’usage est donc très ancien en Chine. Il lest peut-être moi au Japon, et s’il existe depuis longtemps en Co< chmchir ie,c< e Ç1 est possible, on ne voit aucune preuve qu il jadis du côté de l’Inde; les auteurs ne mentionnent aucun ^no sanscrit, ni même des langues indiennes modernes. Le fait paraîtra singulier quand on verra ce que nous avons a dire sur
l'habitation naturelle de l’espèce. «ni tares et
Les <M’ai nés de Thé se répandent souvent hors des cultures et
met te ni les botanistes dans le doute sur la qualité spon'anéedes
pieds qu’on a rencontrés A et là.
sauvage au Japon, mais MM. l' ranchet et ba\ al e
1. Seemann, dans Transactions of the linnæan Society, 22, p. 3.37, pi- 1 •