CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
culant dans le même plan. Or ceci est une fiction : à y regarder de très près, cha([ue orbite est plus ou moins inclinée sur le plan élu maximum des aires. La déviation est très grande pour certaines d'entre elles et nous constatons qu'elle atteint 6'' 20' j)our Mercure, par exemple. Comment expliquer une telle particularité? La question devient encore plus embarrassante pour les astéroïdes, Lo plan moyen de circulation est d environ S degrés par rapport à 1 écliptique, mais nombreuses sont les petites planètes qui s'écartent notablement de ce plan de référence. Des angles de 25, 30, même iO degrés et davantage, ne sont pas très rares.
La raison de l'existence de ces corps quelque peu mystérieux n'a jamais été fournie d'une manière satisfaisante. Personne ne croit plus à la planète morcellée d'Olbers, et si j'ai moi-même admis autrefois l'action dissolvante de la masse de Jupiter pour expliquer l'absence, à la distance 2,8, dune planète normale, j avoue cjue des considérations de ce genre ne satisfont plus mon esprit.
Les petites planètes s'apparentent, sans aucun doute possible, au moins comme trajectoires, aux comètes h courte période, celles dites de la famille de Jupiter, et nous montrerons par quelles gradations insensibles on passe, non seulement des unes aux autres, mais encore aux comètes fortement excentrées et dont l'aphélie va se perdre dans des régions très éloignées du Soleil.
Or, si ^L du Ligondès a essayé de fournir une explication de la présence des comètes, il faut avouer que la question reste encore très obscure, aussi bien dans son hypothèse que dans les autres.
On le voit, ces considérations très générales sur notre système sont de nature à montrer toute la complexité du nouveau problème que nous abordons. Si la première pnrtie de ce travail nous donne une idée du mécanisme possible de la formation d'une nébuleuse spirale, il faut cependanl admettre qu'elle n'est elle-même qu'une introduction nous conduisant au vestibule de l'œuvre entreprise.
Il s'agit maintenant, en effet, d'appliquer nos principes à la construction d'un édifice dont nous connaissons plus d'un détail. Le moment peut sembler inopportun à quelques-uns : nos explorations ne font que commencer et nous sommes évidemment en présence d'une esquisse à peine ébauchée. Soit, mais peu importe ! Si nos idées renferment quelque part de vérité, pourquoi attendre?
Il se peut même que l'orig-ine du Système solaire soit tout autre que celle imaginée; n'empêche que, fatalement, nos successeurs seront conduits à envisager la construction d'une nébuleuse en forme de spirale, puisque c'est là une conséquence des lois les mieux établies de la Mécanique céleste, dès que nous abordons le problème de la circulation d'une matière cosmique dans un milieu résistant. Si donc le commencement de notre théorie peut toujours rester sujet à revision, les considérations qui vont suivre, il y a tout lieu de l'espérer, semblent d'ores et déjà de nature à jeter une lumière nouvelle sur les lois qui ont présidé à la naissance des planètes et de leurs satellites.
Considérées d'un large point de vue, les grandes lois de la nature sont toujours extrêmement simples; leur complexité n'apparaît que dans les détails, lorsque généralement des lois moins importantes viennent masquer les premières. Discerner les unes à travers l'enchevêtrement des autres, telle est l'œuvre capitale de la Science. La Cosmogonie ne saurait échapper à ces principes; elle doit avant tout se donner pour mission de rechercher un mécanisme simple et général nous permettant de nous faire une idée rationnelle de la construction du Système dont nous possédons les principales caractéristiques.
54. Loi de rnltmiiuico dos pinnrtos. — Notre monde solaire, représenté généralement sous la forme d'un système plat, ne répond que de fort loin à une telle définition. Les comètes ofïrent . nous l'avons vu, toutes les inclinaisons par rapport à réclipli(|ue; (juoique plus assujettis à ce plan, les astéroïdes ont des trajectoires qui forment avec lui des inclinaisons atteignant jusrju'à iM degrés pour le moins; quant aux planètes, leurs orbites coupent celle de la Terre suivant des angles variés compris entre 4(j minutes et 7 degrés'.
On exprimerait donc mieux la réalité en disant simplement que les corps planétaires ont une tendance manifeste à se grouper autour du plan du maximum des aires f[ui forme avec celui de léclipticjue un angle faible de un degré et demi environ (n° 43).
Il existe même entre les planètes une sorte d'équilibre déjà remarcjué par Laplace et que ce grand géomètre a mis en évidence par sa fameuse loi de l'inclinaison des orbites :
(40) ^('"\ ^ tanj^-t) = consl.
Cette loi, cependant, reste muette sur les raisons des groupements, et l'on conçoit ([ue les planètes auraient aussi
* A première vue, ces inclinaisons pai-aissent faibles; mais, étant données les dimensions énormes du système solaire, les écarts deviennent imposants : c'est ainsi quà la distance 8, entre Jupiter et Saturne, les plans des orbites des deux planètes sont séparés par un intervalle de 12 millions de kilomètres. Entre Uranus et Neptune, à la distance 26, la différence des plans atteint 33 millions de kilomètres.
bien satisfait à l'équation précédente en se répartissant soit sur un plan unique, soit en des orbites à inclinaison plus accentuée. \'oyons donc d un peu plus près cette répartition.
Dans le Tableau que nous donnons, la seconde colonne exprime les inclinaisons par rapport à lécliptique i V. fig. 46y : un simple coup d'œil sur ces nombres divers suffit à se rendre compte de l'impossibilité de conclure à une règle quelconque. Il n'en va plus de même si nous rapportons les inclinaisons au plan du maximum des aires (3'^ colonne).
Dans la dernière colonne, nous avons traduit les ang-les en minutes; le signe -j- indique la distance au-dessus du plan du maximum des aires, le signe — la distance au dessous de ce même plan. (V. aussi lig. 47.)
Inclinaisons de l'Equateur solaire et des orbites planétaires rapportées à l'Écliptique et au plan du maximum des aires.