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CIRCULATION

LE MONDE COMKTAIRE 207

exemple, qu à son apliélie, la comète Giacobini-Zinner se trouve exactement à 6 unités astronomiques du Soleil et à 3 unités de Jupiter. Evidemment, même à 3 fois la distance de la Terre au Soleil, l'action de la masse géante nest pas nulle; mais elle ne saurait être assez sensible pour provoquf^r la formation d'un nouvel aphélie.

Quant aux petites planètes 1906 "W . D. on 1920 H. Z., qui sont recensées parmi le groupe Troyen sous prétexte que leur distance aphélie voisine celle de Jupiter en tant que nombre, alors qu'en raison de leurs inclinaisons, la première s'en trouve à près de 4 unités astronomiques et que la seconde en est à 6, elles montrent simplement avec quelle piété parfois excessive les astronomes respectent les traditions.

Et puisque nous avons admis, d'après des autorités incontestées telles que Newcomb, Tisserand et Gylden, que Jupiter a été impuissant à faire naître des lacunes dans la répartition des astéroïdes, k plus forte raison devrons-nous penser que l'énorme planète n'est probablement pour rien dans l'agencement des comètes circulant autour du Soleil avec des inclinaisons supérieures à iTi ou 20 degrés.

Les distances aphélies, on le touche du doigt, ne devraient pas uniquement entrer en ligne de compte dans ces sortes de groupements plus artificiels que réels; cependant, on a étendu la méthode et, non content de nous parler des comètes de la famille de Jupiter, on nous convie à contempler des comètes de la famille de Saturne, d'Uranus, de Neptune, sans compter celles de la planète transneptunienne !

On voit même des auteurs sérieux se faire l'écho de semblables puérilités et nous annoncer gravement que la comète Tuttle, avec son inclinaison de 55 dégrés sur lécliptique , constitue la famille de Saturne (!). Cela, sous le prétexte que son aphélie est à 10,5 et que celui de Saturne se trouve h 10,1. Seulement, dès qu'on construit la figure dans l'espace, on s'aperçoit que la comète Tuttle, à son aphélie, est presque aussi loin de Saturne que du Soleil ; que l'action de Jupiter

serait même plus sensible sur elle; bref, que nous nous trouvons en plein roman. Ceci n'a rien de bien extraordinaire lorsque l'on connaît l'auteur d'une aussi brillante suggestion : KirkAVood , l'astronome américain déjà cité, est le premier, je crois, qui ait rattaché les comètes à quelque planète; il appliquait partout « la théorie de la capture », et nous avons vu (n° 83) qu'il n'avait pas hésité, en calculant les perturbations de la comète de 1812, à affirmer qu'elle avait été autrefois annexée par Neptune. Or, quand l'astre chevelu de Pons est à sa plus petite distance de la lointaine planète, il s'en tient encore à 5,36 unités astronomiques; je vous laisse à penser quelle action peut exercer sur cette masse, située à plus de 800 millions de kilomètres, l'astre découvert par Le Verrier !

A la rigueur, la comète 1867 I et celle de Tempel (1866 I), qu'on a rapprochée du courant des Léonides, auraient pu être influencées par Uranus , puisque leurs inclinaisons atteignent à peine 20 degrés ; mais il faut être par trop simpliste pour admettre que l'aphélie d'une comète comme celle de de Vico, avec son inclinaison de 83 degrés, a pu voir son aphélie déterminé par Neptune, situé dans un plan presque à angle droit avec elle ^

Il serait vraiment temps de voir disparaître ces appellations de familles, dont la plupart des membres n'ont rien à voir avec nos grosses planètes.

Le Tableau suivant résume les éléments des comètes périodiques tournant dans la sphère ayant pour rayon à peu près la distance aphélie de Neptune-. Ce tableau est complété par la figure 78.

Les mêmes remarques s imposent pour les comètes transneptuniennes dont M. Borelly a donné un tableau récent^. (( La presque totalité de ces 22 comètes, écrit-il, se réu-

2 Ces appellations : Famille de [Neptune, comètes transneptuniennes sont encore couramment employées dans Y Annuaire du Bureau des Longi-\ tudes.

' \'. la question dans The Story of the Cornets, de Chambers, p. 40.

3 V. Journal des Observateurs, Juin 1918.

LE MONDE COMKTAIHE

lussent par familles autour de certaines distances aphélies et forment plusieurs j^roupes. » Ici, j'avoue ne plus comprendre. (V. le Tableau de la page 212.)

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