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Doduubloiiu'ul de la conii'le do Hiéla en ISlti

Damoiseau reprit les calculs en tenant compte des observations et annonça bientôt le retour de la comète Biéla pour le 27 Novembre 1832: elle l'ut exacte au rendez-vous à un jour près. On ne put l'observer en 1839 en raison de circonstances défavorables, mais l'astre revint en 1846.

Toutefois , son aspect physique était changé ; on y voyait une sorte de protubérance au nord du noyau. Un mois plus tard environ, on pouvait constater la présence de deux noyaux (15 Janvier); une douzaine de jours après, les deux

astres, munis d'appendices distincts, étaient séparés par un intervalle de 300 000 kilomètres ^fig. 81).

Ce fut donc avec impatience qu'on attendit leur retour en 18o2. Les deux comètes reparurent à répoc[ue fixée: mais rintervalle, cette fois, était de plus de 2 millions de kilomètres.

Ce fut en vain qu'on les guetta en i8o9 et en 1866, et l'on se demandait s'il fallait escompter leur retour pour le mois de Novembre 1872.

Cependant Novembre arriva sans ramener la comète et, au moment où les observatoires s'apprêtaient à l'inscrire au registre des astres disparus, tout à coup, le 27 Novembre, une pluie d'étoiles filantes s'abattit sur le globe terrestre (fig. 82, pi. VIII). On put compter plus de 30 000 météores en six heures et, au moment où la rafale battait son plein, on en observa 400 par minute. C'était la comète ou plutôt un morceau de la comète que nous venions de traverser.

Ainsi se confirmaient les idées de Newton, de Peters et de Schiaparelli; elles se complétaient en même temps, puisque l'exemple de la comète Biéla suggérait pour l'origine de certains essaims la dislocation possible d'une comète.

Si nous considérons, en effet, une masse composée de menus fragments, un nuage cosmique à peu près rond, et dont les éléments sont réunis par leur mutuelle attraction, il est facile de démontrer, en appliquant les principes de la Mécanique, que l'action du Soleil sur l'ensemble aura pour résultat d'allonger le nuage et d'en disperser peu à peu les parties constituantes. Finalement, tous les corpuscules se répandront à la longue sur l'orbite primitive et se suivront en files plus ou moins régulières.

Or, cette théorie est applicable en tout point au mécanisme de la désagrégation cométaire. On admet généralement, en effet, que les noyaux des comètes, c'est-à-dire la partie la plus dense de leur tête, sont formés d'une sorte de milieu poussiéreux, dont les grains offrent des dimensions variables : ce seraient des bancs de sables ou de rochers

LES METEORES COSMIQUES

voyageant de concert dans lespace ; chaque particule serait entourée d'une petite atmosphère gazeuse.

Dès lors, il suffirait d'une minime différence d'attraction sur les parois constituantes d'un noyau cometaire pour en disperser les morceaux.

Ainsi s'expliqueraient non seulement les courants météoriques dont les comètes- mères ont maintenant disparu, mais aussi les essaims associés à des comètes encore existantes.

L'hypothèse se tient assez bien et rend compte des principales particularités observées : les météores d'un même essaim sont animés dune même vitesse, généralement la vitesse cometaire; ils semblent dériver d'une même région du ciel, d'une aire plus ou moins large qu'on nomme radiant. lui réalité , si les corpuscules rencontrés se meuvent sur des trajectoires parallèles, nous devons les voir diverger en apparence, par un effet de perspective, à la fa(,on dont nous voyons des rails parallèles émaner du point de fuite sur un dessin.

La théorie s'est depuis étendue considérablement et nombreux sont les essaims (pi'on a pu associer à une comète périodique. Ces essaims sont généralement désignés par la constellation d'où ils semblent provenir, celle qui contient leur radiant à l'heure actuelle.

Le Tableau suivant réunit les essaims sûrement identifiés.

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