ÉTOILES FILANTES, BOLIDES, LUMIÈRE ZODIACALE
Lhypotlièse des dislocations cométaires, qui explique à merveille l'existence des groupes de comètes, aurait pu conduire logiquement à la théorie des étoiles filantes ; mais , comme il arrive souvent dans l'histoire des sciences où M l'occasion » et « l'intuition )) régnent en maîtresses incontestées, on commenta par élucider le dernier phénomène avant d'aborder le premier.
89. Nature cométaive des étoiles filatïtes. — Dans des lettres devenues célèbres depuis, l'astronome italien Schiaparelli expliquait au Père Secchi, dès 1(S65, le phénomène des étoiles lilantes, demeuré jusque-là mystérieux'. Il faut ajouter, pour être juste, que des pionniers d'avant-garde, Coulvier-Gravier, Adams et le professeur A. Newton, de Xew-llaven, avaient déjà singulièrement déblayé le terrain.
Le phénomène des étoiles lilantes est soumis à des variations que constate l'expérience : le nombre horaire, c'est-àdire le nombre de météores observés en une heure en un lieu déterminé, est plus grand dans la seconde moitié de l'année que dans la première ; il est aussi plus grand vers la fin de la nuit qu'au commencement; enfin, on observe davantage de météores du côté de lEst que du côté de l'Ouest.
A côté de ces variations régulières, qui ont pour cause notre rotation et notre translation autour du Soleil, il existe
' V. Les Mondes du 13 Dec. J86.Ï.
des recrudescences du phénomène à certaines époques, notamment vers le 10 Août et le 13 Novembre. Ce sont ces apparitions annuelles, se présentant souvent comme des averses, qui ont conduit aux théories actuelles.
Schiaparelli eut l'idée tout d'abord de déterminer l'orbite de l'essaim du mois d'Août, connu sous le nom des Perséides, et il trouva que cette orbite coïncidait sensiblement avec
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Fig. 80. — Orbite de la comète de 1866 I, en relation avec Tessaim des Léonides.
celle de la brillante comète de ïuttle (1862 III). Peu de temps après, Le Verrier et Oppolzer s'occupèrent de la question et c'est ainsi que Peters fut amené, un peu plus tard, à identifier l'orbite des Léonides avec celle de la comète Tempel 1866 I (%. 80).
On pouvait donc supposer que les comètes associées aux étoiles filantes représentaient seulement le gros de l'essaim et que des quantités de corpuscules s'égrenaient le long d'une orbite commune.
Toutes ces déductions furent corroborées par un fait assez curieux qui se produisit en 1872 à propos de la comète Biéla, dont nous allons retracer brièvement l'histoire.
Le 27 février 1826, un major autrichien, Biéla, découvrait
LKS MKTKORES COSMIQUES
à Johannesl)urf>;- une comète qui porta son nom. Dix jours plus tard, 1 astre était aperçu par Gambart à Marseille, et rastronome français, après en avoir calculé les éléments, reconnut immédiatement leur ressemblance avec ceux d'une comète observée en 18()o, même en 1772 et dont la période était de six ans trois (luarts.