‹ Origine et formation des mondesChapitre 55 sur 83 · DE JUPITER · texte numérisé non relu

DE JUPITER

V (le plus proche). 3»18' 2,53 laO

I lo 3 3 5,91 4000

II Europe 2 39 9,40 3 300

III Ganymède . . . 3 10 14,99 5700

IV Callisto .... 2 58 20,36 4800 VI 30 • 100,46 (très petit)

VIII (rétrograde)

IX (rétrograde)

Inclinaison de l'équateur de Jupiter sur son orl^ite =r 3°5'. Rayon équatorial de Jupiter ^76750 km.

DIAMETRE

EN KILOMÈTRES

au moment où 1 inclinaison atteignait 2o degrés ; à cette époque, la circulation était devenue nettement rétrograde sur les bords de l'ellipsoïde basculé, et la meilleure preuve, c'est que, même lorsque l'inclinaison dépassa la valeur de 33 degrés et que se détacha le VIII'' satellite, c'est-à-dire à 7 millions de kilomètres de la périphérie, le second-né de la famille jovienne tourna, comme son aîné, dans le sens rétrograde (V. fig. M 9 et 120).

A partir de cet instant, où lamas ellipsoïdal s'étendait à près de 24 millions de kilomètres, la contraction sembla tout entière employée à combattre l'influence rétrograde et à imposer la rotation directe ; ce travail fut d ailleurs grandement favorisé par l'arrivée des météores attardés circulant dans le plan de l'orbite de Jupiter (V. n" 110).

Ganvmède - „■ >

7r^ iv.Callisio

Fig. 121 monlrant ques les satellites intérieurs de Jupiter se sont détachés successivement, après de faibles mouvements de bascule, de i'amas planétaire.

On aurait pu voir alors tout le système se redresser lentement (fig. 121j; aussi, lorsque se détachèrent les satellites VI et VII, malgré une diminution égale à la moitié du rayon primitif, l'inclinaison avait diminué seulement de 3 degrés. Et nous voici de nouveau en présence du phénomène déjà signalé à propos de Phobos et de Deimos ; mais, cette fois, le cas est plus typique encore : les VP et VIP satellites sont à tel point jumelés, que leur distance moyenne ne diffère que de deux fois le diamètre de Jupiter et que leur durée de révolution est égale à quelques jours près, les inclinaisons restant toujours très voisines. Nul doute, par conséquent, que ces deux objets ne se soient détachés en même temps et sur les bords diamétralement opposés de la lentille (V. fig. 119).

Les satellites VI, VII, VIII et IX, aussi bien les directs cjue les rétrogrades, sont tous des pygmées , compris entre la 14" et la 19'' grandeur, et n'ont pu être découverts que par la photographie; cela s'explique d'ailleurs aisément, si l'on songe au régime instable et précaire sous lequel ils se sont formés (tig. 122).

Fig. 122. — Dimensions comparées de Jupiter (grand disque blanc), de ses 9 satellites, de la Terre et de la Lune.

Il n'en sera plus de même à la phase suivante : dans le long intervalle séparant la naissance des deux derniers venus de celle de Callisto (IV), la période directe aura le temps de s'affirmer définitivement; la masse de l'ensemble sera devenue plus compacte, plus dense, et, si l'influence rétrograde se fait encore sentir par quelques rares soubresauts, l'amplitude de ces derniers, en aucun cas, ne dépassera quelques minutes d'arc.

On comprend mieux maintenant que même ces faibles mouvements alternatifs de bascule aient pu provoquer le décrochage de masses imposantes.

L'équateur du système est en effet à peine revenu vers sa position primitive, redressé par l'influence directe, que nous voyons le satellite IV commencer à se détacher, sous une inclinaison de 3 degrés environ. Or, Callisto est presque aussi gros que Mercure. L'oscillation suivante donne Ganymède, intermédiaire, comme volume, entre Mercure et Mars; puis c'est le tour du II*, Europe, un peu plus petit que notre Lune; lo, le suivant, est un peu plus gros. On le voit, l'évolution du système jovien a donné lieu à de véritables planètes (lig. 122).

Quant au satellite V, le plus intérieur, son diamètre est faible, de loO kilomètres environ; il a dû ramasser la matière éparse autour de la planète géante. Les météores restant ont, depuis, formé autour de Jupiter cette sorte de couronne dont nous avons parlé. Peut-être y avait-il là matière à un nouveau et très petit satellite; mais la formation d'un tel corps était impossible, et voici pourquoi.

Depuis les travaux d'Edouard Roche, de Montpellier, nous savons en effet qu'aucun satellite ne saurait exister en deçà d'une limite fi.\ée à 2,44 fois le rayon de sa planète; or, cette limite était déjà presque atteinte par le V^ satellite, dont la distance à Jupiter n'est que de 2,o3 rayons équatoriaux. Ce théorème de Roche est d'une importance capitale et nous aurons bientôt l'occasion de l'utiliser à nouveau en étudiant le système suivant de Saturne.

H 7. Le système de Saturne: dix satellites. — Placé par les anciens à la limite du système solaire, Saturne effectue sa longue révolution, de près de 30 années, à une distance moyenne d'environ 1 milliard et demi de kilomètres; mais l'excentricité donne, entre le périhélie et l'aphélie, un écart de plus de 1.j9 millions de kilomètres. Toutefois, quelle que soit sa position par rapport à la nôtre, on conçoit que l'éloignement reste toujours énorme, et c est une

osmognnie.

dilïiculté réelle pour lobservation physique. Aussi, malgré les perfectionnements apportés à nos moyens optiques et en dépit des méthodes spectroscopiques, nos connaissances sur la planète nont fait que des progrès insignitiants depuis Willinm Herschel. On sait que ce dernier, à Taide de taches fugitives, avait conclu, en 1794, à une période de rotation de 10 h. 16 m.; mais l'indétermination reste la même que pour Jupiter : les bandes nuageuses distribuées suivant les parallèles sont animées de vitesses ditTérentes selon les latitudes; à la hauteur de la bande tropicale, une tache située au Nord a donné 10 h. 14 m. 24 s.

Ainsi s'accuse cette parenté déjà signalée entre les grosses planètes, dont la période de rotation , très courte, amène comme conséquence un aplatissement prononcé : 1/16 environ pour Jupiter, 1/9,5 pour Saturne. Les deux planètes en sont encore à leur phase de première formation , globes entièrement gazeux; mais Saturne paraît moins avancé; sa densité de 0,64, plus faible que celle de l'eau, en est la preuve indiscutable. J'ajoute que cette conclusion s'accorde avec tout ce que nous savons de son aspect physique (pi. XIV, fig. 123).

Et cependant Saturne est né avant Jupiter. A quelles causes faut-il donc attribuer cette lenteur dans son évolution ? A deux principalement : tout d'abord les matériaux destinés au globe saturnien étaient primitivement répandus sur une couronne circulaire plus large que celle de Jupiter ; d'autre part, le volume de la planète ne vaut que 812 fois celui de la Terre, alors que le colosse jovien représente, en volume. 1341 globes terrestres; quant aux masses, qui doivent surtout compter en la circonstance, elles sont dans le rapport de 1 à 3,3 ; l'attraction sur les amas environnants a donc été moindre de la part de Saturne que de la part de Jupiter. On comprend aisément que, dans ces conditions, la formation des deux planètes ait pu différer quelque peu; Saturne a dû s'agglomérer fort lentement. Cette conclusion admise va nous donner la clef, pour ainsi dire, d'une quantité de particularités au premier abord inexplicables : forte

inclinaison de la planète et de certains satellites, présence d'un anneau, etc ..

118. Les satellites de Saturne. — Quoi qu'il en soit et à part quelques différences non essentielles, le système de Saturne semble avoir été soumis aux mêmes lois que celles mises en jeu pour la formation de Jupiter.

Outre son anneau, qui fera l'objet d'un paragraphe spécial, Saturne est accompagné d'un cortège de dix satellites ; tous ont reçu un nom.

Voici les éléments principaux de ces satellites ; pour les autres données, on pourra se reporter aux Tableaux placés à la lin du volume.

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