AVANT -PROPOS XI
grand défaut de toutes ces hypothèses me paraît être le manque de simplicité. Ce grave reproche ne saurait être encouru par l'œuvre de Laplace, et c'est ce qui explique l'immense faveur réservée par le monde savant à VExposilion du Système du monde.
N'est-ce pas aussi pour cette raison que Poincaré écrivait, à propos de la même hypothèse, mais non sans une pointe de mélancolie : « Sa vieillesse est vigoureuse et, pour son âge, elle n'a pas trop de rides. Malgré les objections qu'on lui a opposées, malgré les découvertes que les astronomes ont faites et qui auraient bien étonné Laplace, elle est toujours debout... » Oui, mais les partisans actuels du grand géomètre ont tout remanié, et de l'édifice primitif à peine reste -t- il quelques pierres.
L'essai de solution que je propose aujourd'hui, cl qui m'a été suggéré par les phénomènes accompagnant l'apparition des étoiles nouvelles, ne saurait avoir la prétention d'être définitif. Il ne pourrait, en tout cas, encourir le reproche que j'adresse à mes prédécesseurs, car il est d'une extrême simplicité.
Je n'ai essayé de résoudre le problème posé qu'à l'aide des lois de la Mécanique céleste les plus certaines et les plus connues, et si l'appareil mathématique accompagnant mes déductions était de nature à effrayer quelque lecteur, que celui-ci soit par avance pleinement rassuré : les formules ne sont là qu en manière de vérification et pour contrôler la vraisemblance des conclusions. Logiquement enchaînées, ces dernières m'ont