EXCENTRICITÉS DES ORBITES DES PLANÈTES
NOMS
EXCENTRICITlî ACTUELLE
r.LMITE SUPÉRIEURE DE l'excentricité
Mt'i'cure
0,2056 0,0068 0,0167 0,0933 de 0,0 à 0,61 0,0483 0,0558 0,0463 0,0089
Vénus ...
Terre
Mars
Astéroïdes
Jupiter. , .
Saturne
Uranus
Neptune
Une fig'ure fera encore mieux saisir et la signification de ces valeurs et leurs relations réciproques. Les courbes supérieures de ce graphique (fig. 133) sont évidemment les seules à retenir, surtout pour les planètes inférieures. Nous constatons notamment que c'est d'une manière tout à fait fortuite que A'énus ne possède à l'heure actuelle qu'une très faible excentricité; celle-ci est, en elFet, destinée dans l'avenir à dépasser celle de la Terre et il en a été de même dans le passé.
Nous y voyons aussi que notre excentricité, qui est de 0,016 actuellement et plus forte que celle de Vénus, n'atteindra jamais la limite supérieure de cette dernière.
L'Analyse indique, nous l'avons déjà observé, que le phénomène obéit à une périodicité de longue amplitude ; c'est
' V. Additions à la Conn. des Temps, pour l'année 1843, p. 41.
ainsi que l'excentricité de l'orbite terrestre va diminuer pendant 24000 ans environ, jusqu'à une valeur de 0,003, pour s'accroître au cours des 40000 années suivantes et ainsi de suite.
Dernière remarque enfin : rien, mieux que le graphique des excentricités , ne peut nous faire toucher du doigt la différence de formation des grosses planètes et des planètes moyennes.
Alors, en effet, que ces dernières étaient encore engagées dans le petit ellipsoïde accompagnant l'équateur solaire et ses vicissitudes, les corps importants du système, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune, issus du plan équatorial de la grande nébuleuse, avaient déjà conquis une autonomie propre et avaient rassemblé dans leur sphère d'attraction presque tous les amas destinés à leurs systèmes respectifs.
Sans doute , chacun d'eux était loin de sa formation définitive; mais les matériaux répandus à la distance de leurs orbites et destinés au Soleil avaient en grande partie quitté ces régions extérieures pour s'amasser plus près du centre.
Au fur et à mesure que progressait la condensation et que la masse s'agglomérait, chacune des planètes, restant en arrière, subissait, une fois pour toutes, le contre-coup de l'accroissement central et se trouvait, pour ainsi dire, à peu près fixée sur son orbite.
C'est bien ce que montre la courbe de décroissance des excentricités à partir de Saturne. Au moment où Neptune se forme , la nébuleuse ne reçoit plus d'apports extérieurs ; la presque totalité des amas est déjà en deçà de son orbite et celle-ci est à peine excentrée.
La forte densité des matériaux à hauteur de Jupiter, densité qui s'explique par le fait que la précipitation des météores a été retardée en cet endroit par la petite masse ellipsoïdale tournant avec le Soleil, a dû accroître la résistance du milieu et annuler en partie l'excentration de l'orbite jovienne ; et c'est la raison pour laquelle la courbe des excentricités s'abaisse en cet endroit.
Nous ne reviendrons pas sur les excentricités des astéroïdes formés à la limite même du petit ellipsoïde central ; nous sommes là en présence d'un cas très particulier où les inclinaisons ont joué le plus grand rôle, et il est permis de croire que Mars n'a pas complètement échappé à cette loi,
Mtér
Jap.
Nept.
Fiç. 133. — Graphique des excentricités des orbites planétaires. Les ordonnées représentent les excentricités ; la courbe en trait gros réunit les valeurs actuelles ; celle en trait fin donne les limites supérieures des excentricités.
puisque la valeur de son excentricité peut s'accroître jusqu'à 0,14, son inclinaison pouvant atteindre, suivant les époques, jusqu'à 7*^9' ».
A partir de la naissance de la Terre, il va se passer ce que nous avons déjà constaté au début de la nébuleuse, les
' V. page suivante le Tableau des limites supérieures des inclinaisons.
excentricités vont croître dans de larges proportions: 0,0777 pour la Terre; 0,0867 pour Vénus et 0,22o pour Mercure. Nous suivons pas à pas l'aug-mentalion de la masse centrale.
D'ailleurs, la limite supérieure de l'inclinaison augmente constamment de la Terre à Mercure , ainsi que le prouve le Tableau suivant dû à Le Verrier, qui avait complété les résultats déjà obtenus par Lagrange*.
On pourrait sétonner de prime abord que nous ayons laissé subsister les nombres indiquant les limites supérieures des inclinaisons sur l'écliptique de 1800 ^ mais les mouvements dont il s'agit sont tellement lents, que les chiffres n ont pas changé depuis celte époque, si l'on se borne aux minutes d'arc.