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et après quelques négociations , un lakh de roupies fut enfin proposé et payé par Anrodh Singh comme nazarana de la succession qu'il venait de recueillir..
Hari Singh de Nalowa , qui devait , avec des forces imposantes , surveiller la turbulente population musulmane des montagnes de Gandgarh et Darband, parvint, par ses procédés vexatoires et surtout par la prise de la bellefille d'un Seïd , homme influent dans sa tribu , à déterminer une insurrection générale. Les insurgés étaient assez puissans pour forcer Hari Singh à rester sur la défensive, aussi écrivit-il à Randjit Singh , il lui représentait les difficultés de sa position et demandait des renforts.
Randjitlui ordonna de faire bonne contenance, de se maintenir comme il pourrait , mais il ne lui envoya pas de secours, car les pluies commençaient à tomber et c'était chose impossible. Hari Singh, attaqué par l'ennemi, eut à souffrir de grandes pertes et fut contraint de se retirer devant les insurgés. L'armée sikhe, en conséquence de ces désastres, dut donc entrer en campagne plus tôt qu'à l'ordinaire *£t se dirigea
- 2-iï -
sur Jes montagnes entre l'Indusel le Cachemire dès les premiers jours d'octobre. Le iq, Randiit avait pénétré, avec une division' de ses troupes , jusqu'à Gandgarh ; mais il n'y -trouva que des murs abandonnés et des maisons désertes , la population s'était dispersée; la ville et les villages environnans furent pillés et saccagés, les moissons encore vertes furent coupées pour les fourrages. Randjit Singh, voulant atteindre les fuyards, se détermina à passer l'Indus après eux* entreprise où il perdit du monde mais qui s'accomplit le 3 novembre. Lorsque l'armée fut sur l'autre rive , Mohammed Yar Kan fut sommé de venir trouver son suzerain à Peshaver ' ee qu'il fit , en effet, après quelque hésitation , le i6novembre.il amenait avec loi un présentai chevaux qui furent d'abord refusés 'comme 1 étant de trop peu de valeur ; mais il parvint à" faire accepter son offrande en (es ; renlplaçan't par .d'autres d'un plus grand prix, et .alors" les conditions sous lesquelles il ' gouvernait' Peshaver furent renouvelées avec dé nouvelles protestations de fidélité de sa part. Le 3o novembre, l'armée sikhé repassa Tlndus; non sans
Ofli«. et fho.;r . 16
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éprouver de nouvelles pertes par la profondeur et le mauvais Ut du fleuve. Le 10 décembre r Randjit Singh rentra dans sa capitale mécontent du peu de-résultat d'une expédition pour laquelle il avait fait de grandes dépenses, sans pouvoir cependant parvenir à châtier latùrbulence des Musulmans insurgés; mécontent aussi de n'avoir levé sur sa route que de faibles tributs, que de légères contributions. Il n'entreprit pas de nouvelle expédition en 1824, ni pendant la première partie de l'année suivante. Le gouvernement anglais avait commencé la guejre contre les .Birmans, et Randjit paraissait en suivre arec un vif intérêt les événemens et les opérations. Des rapports fort exagérés forant d'abord répandus sur les succès .des Birmans, et il ne manquait pas de conseillers pour dire au princesikh que le temps approchait, où il lui faudrait ouvrir la campagne du côté de J'esl.Ce fui àcette époque qufiM. Moorcroft envoya à Calcutta une lettre du prince de Nessclrode, ministre des affaires étrangères en Russie; dans cette lettre adressée à' Randjit Singh, on lui demandait l'introduction auprès
— 2« z de lui d'un agent nommé AghaMehdi. Cet agent voulut , à ce qu'il paraît , pénétrer à Lahor par la route difficile du Thibetj mais il mourut ou fut tué à peu de distance de Ladâk. M. Moorcroft parvint à se faire rendre ses papiers , et parmi eux la lettre en question, qu'il fit'tra*» duire ensuite par M. Ksoma de Koros aved lequel il s'était rencontré dans ses voyages. La lettre, excepté le passage relatifàl'introduction d'un agent , ne contenait rien que des complimens et des assurances de protection pour les marchands du Penjab que leurs a flaires pourraient amener sur le territoire de l'empire russe. Aucune entreprise militaire ne fut tentée dans la saison de i8a4-25; mais vers avril 1825, toutes les terres des djagirs et celles assignées particulièrement au dewa-n Makbain Tchand , furent mises sous le séquestre et données à Moti Tchand par Kripa Ram , le petitfils du dewan- La mauvaise administration des djagirs, les conlingens insuffisans fournis par Mokham Tchand, tellesfurent les raisons qu'on donna de ce séquestre ; quant à Moti Ram , il conserva son gouvernement du Cachemir , et
comme conséquence de ce séquestre , il n'eut à redouter aucun avanie , ni même à voir diminuer la faveur \lont il jouissait.
Après le Dasrah de i8a5, l'année entra eu campagne arec le but avoué d'une expédition eonife le Sindh. Randjit Singh dirigea donc ses troupes surPindDadar Khan, mais là . apprenant que le Sindh était en proie à la famine, il abandonna son dessein et retourna à Lahor. le 24 novembre. Un agent qu'il envoya dans le Sindh pour réclamer le tribut , revint avec des vakils (envoyés) des émirs, souverains du pays; ils résidèrent pendant quelque temps à Lahor. Ce. fut à celte épqque que l'associé fidèle jusqu'alors, et le frère (religieusement; dé Randjit' Singh , Fateh Sing Alouwala , conçut quelques doutes sur. sa sûreté au darbar de Lahor, et abandonna soudainement la capitale pour chercher un asile dans ses possessions de la rive du Satledj protégée par l'Angleterre. Randjit Sïngh fut très mécontent de la fuite soudaine de son ancien allié , et fit les plus grands efforts pour engager ce prince à revenir et à reprendre sa place dans son darbar. Les officiers anglais
lui ayant confirmé l'assurance que ses terres placées sous la protection de leur gouvernemenb étaient inviolables, il pensa que de vagues soupçons ne pouvaient être un motif suffisant pour briser les liens d'amitié qui avaient subsisté si .long-temps entre Randjit et lui. Aussi, peu de temps après, c'est-à-dire en 'avril 1827, il céda aux invitations du souverain de Lahor et reprit sa place au darbar. Il fut très bien reçu , le roi lui ayant envoyé son petit-fils NouNihal pour lui faire la conduite d'honneur. Mais il fut bientôt exposé à la rapacité de Kandjit qui exigea de lui des tributs , et voulut lui faire payer une rente exorbitante pour des terres qu'il avait possédées librement jusque-là, par la générosité de son frère.
L'année 1826 se passa sans autre entreprise militaire ou événement d'importance. Zadig Mohammed Khan , le nabab de Bahawalpour, mourut en avril et eut pour successeur Bahawal Khan, nabab actuel, qui renouvela avec Randjit les conditions et engagemens de son père , pour le territoire qu'il occupait à l'ouest et au nord du Salledj. En septembre la ques-
lion s'éleva lit: savoir si Koutab -oud-diu de Kasour pouvait être reçu sous la protection anglaise , comme propriétaire de Mandot et Ramnawala , sur la rive gauche du Salledj - Les relations de vassalité qu'avait eues ce chef avec Randjit Singh, pour ces mêmes terres , pomme pour ses autres possessions , déterminèrent le gouvernement anglais à lui ôter l'espoir d'être reçu sous la protection anglaise comme chef indépendant. (Joe malheureuse tentative de Bir Singh , ex-radja de Nourpour , dans les montagnes, pour recouvrer le territoire dont il avait été dépossédé en 1816, tel est le seul événement intéressant de l'année. Cest aux infirmités de Randjit qu'il faut attribuer l'inactivité de l'armée sikhe; ses souffrances s'accrurent à tel point que vers la fin de l'année il demanda au gouvernement anglais de lui adresser un médecin; le docteur Andrew Murray fut envoyé de Loudiana pour se rendre auprès de Son Altesse ( kit Highness).
Au commencement de l'année 1827,1e réformateur Seïd Ahmed releva le grand étendard de Mahomet dans les montagnes habitées par
les Youssoufzis, et commença la guerre religieuse contre les Sikhs. Cet homme avait d'abord été officier subalterne dans la cavalerie de Emir Khan. Lorsque la fortune militaire de ce dernier commença à décliner, vers 1818 ou 181g, Seïd Ahmed devint Musulman fanatique, et feignant de recevoir des révélations particulières de la divinité, il se rendit à Delhi, où il s'associa avec quelques saints Moulavis de cette ville. Quelques-uns d'entre eux réunirent ses révélations dans un livre qui fournit les textes dont le Seïd, ses associés et ses disciples se servirent pour prêcher contre quelques irrégularités qui s'étaient introduites dans les pratiques de l'islanisme. Tel était le culte pendu par les Musulmans de l'HindousUm aux tombeaux des saints, la manière dont ils célébraient ta mort de Hassan et Hussein, les fils de Ali, et autres coutumes semblables que ces réformateurs dénoncèrent comme idolâtres et des déviations des préceptes duKoran. En 182a, le Seïd Ahmed vint à Calcutta , où il fut bien accueilli de la population musulmane. Il s'y embarqua pour faire le pèlerinage de la Mecque. A son retour il traversa
l'Hindoustan et annonça son intention, de dévouer sa vie au service de sa religion en faisant une sainte guerre d'extermination aux Sikhs ■ infidèles. Quelques fanatiques se joignirent à lui et des secours d'argent lui arrivèrent de toutes les parties des possessions anglaises. Ainsi armé et préparé, il parvint jusque dans les montagnes, près de Peshaver , et leva le Djindhade Mahomet, comme nous l'avons dit, chez les Musulmans Youssoufzis. Le caractère redoutable d'une insurrection si fortement organisée força Randjit Sîngh à envoyer des forces condérables au-delà d'Attak, pour protéger Kheïrabad et défendre ses intérêts dans le pays. Au mois de mars 1827 le Seïd, à ta tête d'une innombrable armée irrégulière , osa attaquer l'armée sikhe, qui était commandée par Boudh Siugh Sindouvali, et avait élevé des ouvrages pour se fortifier dans ses positions. La discipline des Sikhs, la supériorité de leurs armes , leur assurèrent une victoire aisée, et le Seïd, complètement battu , se retira , avec les siens, dans les montagnes, d'où il fit une guerre de surprises et d'embuscades , dirigée
■contre les convois et les parlis isolés del'ennemi. Loc£ Amherst passa Télé de Tannée 1827 à la station de Shirala, près Soùbathou, dans lés montagnes à Test du Satledj. C'est sans doute en voyant le gouverneur-général si près de Lahor que Randjit Singh songea à envoyer à Sa Seigneurie une dépulalion pour la complimenter et lui remettre des présens , au nombre desquels se trouvait une magnifique tente de cachemires pour le roi d'Angleterre. La députatîon fut reçue avec distinction et chargée de rapporter des complimens au prince sikh. Le capitaine Wade , résident à Loudiana, qui conduisait toutes les négociations avec ce prince , fut député à Lahor avec quelques officiers de la suite personnelle du gouverneur-général, char? gés de présens et accompagnés d'une escorte convenable, pour exprimer à S. A. toute la satisfaction que causaient au gouverneur-général les liens de bienveillance et de cordialité établis entre les deux étals. En 1828 le commandant en chef anglais, lord Combermere, passa l'été à Shirala et-y reçut aussi de la part de Randjit Singh un vakil ( messager) , chargé de lui offrir
ses complimens. S. S. eût désiré une in vi laiton personnelle de se rendre à Laho»h mais le prince sikh suf éviter d'y répondre.
Au darbar de Lahor la plus grande faveor du souverain se partageait alors entre Radja Dhiati Singh, le chambellan et ses frères Goulab Singh et Soutchet Singh , Miaus de Djammou , où leur influence avait été rétablie sous l'autorité de Randjit Singh , qui avait fait , en 181g, de cette placj: un djagir en leur faveur, comme nous l'avons- dit . Hira Sing, enfant de douze ans environ, 61s du radja Dhîan Singh, était l'objet de la faveur particulière de Randjit Singh , qui ne pouvait se passer de le voir et paraissait prendre plaisir à tous ses caprices. Il avait été nommé radja en même temps que son père et ses oncles, et Randjit Singh s'occupait de lui faire faire un brillant mariage. ' Ce fut alors que le radja Anrodh Tchand , fils de Saosar Tchand de Kangra , vint avec sa famille rendre visite à son suzerain ; il devait aussi assister, sur sa route , au mariage du fils de l'Aloii wala, Nihal Singh. Il avait amené avec lui deux sœurs , sur qui le radja Dhian Singh
fêta les yeux pour les unir à sa famille par une alliance. L'orgueil du chef montagnard s'irrita à ta proposition d'une alliance qu'il regardait comme si peu digne de lui, mais l'influence de Randjit Singh lui arracha une promesse écrite par laquelle il disposait de' la main des deux jeunes femmes. Mais la mère de Anrodh Tchand les enleva et se réfugia avec elles, sous la pro- ■ tection anglaise, dans les montagnes, où Anrodh Tchand la suivit bientôt, laissant ses biens, situés sur l'autre rive du Satledj , à la merci de Itandjil Singh , qui les séquestra et se les lit remettre sans aucune résistance parFateh Tchand, frère de Anrodh. Une khawas, oh concubine du radja Sansar Tchand, nommée Gaddan , était alors séparée de la famille, elle tomba dans les mains de RaadjU Singh , avec plusieurs enfans qu'elle avait eus du dernier radja. Le prince sikh épousa lui-même deux des filles et conféra au fils le titre de radja, avec un dj agir considérable. Les noces de Hira Singh furent célébrées à la même époque avec une grande magnificence, quoîqu'aucun membre de la famille Kangra n'y fut présent.
Sigrzea'by GoOgk
Dans le cours de 1829, le Seïd Ahmed rentra eu campagne avec des forces considérables et dirigea sa vengeance contre Yar Mohammed Khan qui , disait-il , avait trahi la cause de la religion en jurant fidélité aux Sikhs et acceptant dil service parmi eux. A l'approche du Seïd , Mohammed sortit de Peshaver arec toutes les troupes qu'il put rassembler pour sa défense. Mais dans l'action qui s'engagea il reçut une blessure mortelle et ses troupes furent dispersées. Peshaver fut conservé à Randjit Siogh par la présence opportune du général Ventura qui était venu suivi d'une petite escorte pour traitertavec Yar Mohammed Khan de la remise d'un cheval fameux nommé Leïl. Ce cheval avait été demandé L'année précédente, mais les Afghans répondirent qu'il était mort. La fausseté de cette assertion ayantélé découverte, un engagement écrit fui arraché à Yar Mohammed par lequel il promettait de rendre le précieux animal ; Monsieur Ventura venait pour presser l'exécution de celle promesse. A la morldeYar- Mohammed il prît sur lui de faire les dispositions nécessaires à la défense de Peshaver et
demanda à Randjit Singh des instructions, sur ce qu'il avait à faire. Celui-ci dirigea sur la villepour la délivrer Sultan MohammedKhan, frère de Yar Mohammed, et recommanda de ; s'assurer de Leït comme préliminaire indispensable. Monsieur Ventura réussit dans la négociation et emmena le cheval en laissant le gouvernement de Peshaver entre les mains de Sultan Mohammed.
A peine M. Ventura était— il parti que le Seïd' ■Ahmed reparut avec son armée de .Yous.soufzis de\ant Peshaver. Sultan Mohammed hasarda une bataille contre lui et fut défait, ce qui mit pendant quelque temps Peshaver sous le pouvoir de ce chef fanatique. Randjit Singh entra en campagne avec son armée au commencement de i83o pour punir les insurgés. Lorsqu'il eut passé Attak et qu'il approcha de Peshaver, les forces des insurgés se dispersèrent devant lui , et il ne put les atteindre. Il laissa un fort détachement au-delà de l'Indus , pour être prêt à tout événement, et après avoir rétabli Sultan Mohammed dans son gouvernement, il retourna à Lahor. Ce chef, après le dé—
part de Randjit Singh , jugea convenable de faire un traité avec le Seïd Ahmed qui était revenu el qu'une attaque subite avait rendu maître de Peshaver. Le gouverneur s'engageait à laisser passer librement les hommes et les munitions destinés au réformateur,. à remettre L'administration de la justice dans la ville de Peshaver aux mains d'un certain kazi et d'autres disciples de la foi réformée, et enfin à payer au Seïd un tribut mensuel de 3,ooo roupies. A ces conditions la ville fut rendue à Mo- . hammed, mais le Seïd ne se fut pas plu/ôt retiré que le kazi et les deux moulavis laissés pour administrer la justice selon les principes réformés, fnrent massacrés dans une sédition populaire. La position du Seïd Ahmed était devenue très difficile , car il avait offensé le» , Youssoufeis par quelques innovations qu'il voulait introduire dans la cérémonie du mariage , et il avait alarmé la population par l'annonce qu'il, avait faite d'une dîme à percevoir sur les biens et les revenus pour soutenir la religion et l'état. Les montagnards sauVages el ignorans se révoltèrent, contre l'autorité du nouveau pro—
phète, et, non contens d'abjurer sa doctrine, le forcèrent avec ses partisans les plus déclarés à quitter leurs montagnes. Il passa l'Indus et trouva pendant quelque temps un-asile dans les montagnes de PeklielDhamsar. MaisRadjit Singh envoya contre lui un détachement, commandé par Shir Singh, qui eut au commencement de i83i le bonheur de le rencontrer. Bans la courte mais sanglante action qui s'ensuivit, les«forces du Seïd furent dispersées et lni-même.y périt. Sa tête fut coupée et envoyée à Lahor pour y être reconnue et que l'identité fut constatée. Mais ses disciples de l'Hindoustan ont peine à croire qu'il soit mort, et ils conservent l'espérance dele voir reparaître un jour d'une manière brillante et déployer sa valeur dans quelque grande action pour le triomphe de l'islamisme et l'accroissement delà puissance des. fidèles.
Depuis la mort du Seïd, Peshavèr a été' tranquille surtout par rapport au passé, il n'y a plus eu d'occasion pour l'armée sikhe dé rentrer en campagne ni pour Randjit Singh de faire quelque entreprise militaire importante.
cbyGoQgle
CïïAPITBB X.
Million Ju lieutenant Bu mes. — Il amène des chevaux île frai I a lii.rufjit Singh. — Son yojage * travers le Sindh, el remontant l'indm tt le lUvi jusqn'à I.ahor. — DëpoUtion envoyée à lord William Bcnlinil à Shlmla. — Entrevue du gouverneur-géne'rat et de Randjit Singli en octobre i83i. — Traité de commerça mglaij et le Sindh,
i8ag— i83i.
' Lorsqu'on 1828 Lord Amherst retourna en Europe, il emporta la tente de cachemires offerte par Randjil Singh au roi d'Angleterre. Il fut résolu qu'on enverrait d'Angleterre des présens en échange de ceux qu'on avait reçus. On fit un choix fort extraordinaire ; nous né savons pas qui l'a conseillé! On devait envoyer à Randjit Singh de la part de Sa Majesté, un attelage de chevaux de carrosse, quatre jumens et un étalon. On pensait qu'avec son amour pour les chevaux Randjit Singh ferait élever cet animal avec soin et serait enchanté d'avoir .des jumens de haute taille pour en croiser la race avec les élèves du Penjab. Mais en réalité Rand-
SigfzMby G00gle
jit Singh n'a ni goût ni établissement pour l'élève des chevaux et n'aime que les chevaux entiers de haut courage qui , domptés dans les manèges de l'Hindoustan , peuvent le porter à la parade et en- voyage ou être donnés à ses serdars et à ses favoris. C'est ce que prouva l'événement, car lorsque les chevaux arrivèrent à sa cour, il remitaussîtôt l'étalon entre le mains d'un écuyer chargé de le dresser à marcher le pas ordinaire. L'animal avec sa grosse tète et ses larges flancs se tient toujours dans la cour du palais ou devant la tente du roi, couvert d'une selle dorée et de harnais tout brillans de pierres précieuses en attendant, ce qui arrive quelquefois, qu'il aitl'honneur d'être monté par Randjit Singh en personne. Pour les jumens on ne les regarde pas, le roi les abandonne avec la plus profonde indifférence. Mais c'est anticiper sur notre histoire que de dire quel fut le sort de ces animaux à leur arrivée ; leurs aventures sur la route de Lahor méritent tout l'intérêt du lecteur.
On avait résolu de faire de la transmission de ces présens un moyen d'obtenir des ren-
Omc et PKOGii. 17
Digi^byGoOgle
seignemens sur ['Indus, sur les facilités on les obstacles qu'il présente à la navigation. Les récentes victoires de la Russie dans la Perse, l'apparence que cette puissance est loin de borner là ses desseins présens ou à venir , lorsque la succession d'Abbas Mirza au trône de Perse fera de ce royaume une province de la Russie , était un motif suffisant pour engager à réunir tous les documens sur les étals frontières de l'Inde et en particulier sur les moyens de défense que présente le grand fleuve Indus.
Les chevaux de trait furent donc envoyés à Bombay et le gouvernement siJprème ordonna à sir John Malcolm , gouverneur de cette présidence , de prendre ses mesures pour les diriger à destination sous la conduite d'un officier intelligent et prudent par les bateaux de l'Indus. On n'était pas assuré que les chefs sindhis livrassent passage à travers le delta et le cours inférieur du fleuve, mais ou présumait que les émirs, placés comme ils sont entre les états de Randjit Singh et les possessions anglaises , n'oseraient pas offenser les deux puissances eu refusant le passage si on le leur demandait.
Sir John Malcolm ayant reçu les chevaux, tes dirigea sur le Catch et chargea de la mission à Lahor le lieutenant Bûmes, aide-de-camp du çolouel Pollioger, qui était chargé de l'administration politique de ce district et des. relations anglaises avec le Sindh, Le jeune officier à qui cette tâche fut confiée avait travaillé dans le département du quartier-mai tre-général et était capable , à tous égards , de répondre à ce qu'on attendait de lui. On lui adjoignit l'enseigne Leekie pour l'accompagner et le remplacer en cas de malheur. Les chevaux sans voiture eussent été un présent inutile à Kaudjit Singh , aussi sir John Majcolm en acheta une sur ses propres fonds. Le magnifique carrosse envoyé à S, A, par lord Min to , en tSio, après avoir servi pendant quelques jours comme une eu-*riosité, avait été bientôt relégué dans le grand arsenal de Lahor. La voiture et leschevau*, embarqués sur un navire , partirent du Cotch vers la fin de *83o. Sir John Malcolm, pensa qu'il serait plus favorable à son desseinide les envoyer sans faire prévenir par avis ou par lettre les émirs du Sindh , il comptait que la
nécessité où ils se trouveraient de prononcef sans retard contribuerait au succès de l'expédition.
Le lieutenant Burnes partît donc emportant avec lui des lettres pour annoncer l'objet de sa visite, et entra bientôt avec son navire dans une branche de l'Indus. En passant près de la première ville habitée il envoya ses dépêches en avant à Haïderabad. Après s'êlce arrêté quelques jours il reçut, le i" février, un officier et son escorte , partis de Daradji , pour l'inviter à redescendre le fleuTe^'usqu'à l'arrivée des ordres qu'on attendait de Haïderabad. Il se rendit à cette invitation , mais il eut tant à souffrir de la grossièreté des Karatchis qui avaient relevé les Daradjis , qu'il prit le parti de revenir dans le Cotch jusqu'à ce que les émirs eussent décidé quelque chose à son égard. Mais comme leur réponse se faisait trop attendre , le lieutenant Burnes repartit pour l'Indus et entra dans la branche nommée Peïtiani . La permission d'avancer éftnt toujours refusée, et même la crue des eaux se faisant sentir, le lieutenant Burnes jugea convenable de retourner sur ses pas et faillit
périr dans une tempête qui battit son vaisseau et le jeta sur la barre , à l'embouchure du bras Peïtiani. Le mois de février s'écoula dans ces tentatives infructueuses pour pénétrer plus loin. La répugnance des émirs à accorder le passage paraissait invincible. Ils fondaient alors leurs refus principalement sur la difficulté de la navigation et sur l'état de trouble où se trouvait le pays compris entre le Sindh et Lahor; deux motifs qu'ils exagéraient dans l'intention de dissuader le lieutenant Burnes de suivre la route du fleuve. La mission étant 'retournée dans le Cotch , le 23 février le colonel Pottinger ouvrit une correspondance avec les émirs et envoya un agent à Haïderabad pour essayer de vaincre leur répugnance. Il passait légèrement sur la difficulté prétendue de la navigation et sur les dangers qui pourraient naître de l'élat du pays, mais il prétendit que les chevaux et la voiture ne pouvaient parvenir par une autre voie que par celle du fleuve , de sorte que ce serait blesser deux gonvernemens que de leur refuser le passage. La saison de i83i avançait toujours et cependant le conseil de Haïderabad
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S69 — tardait encore à faire connailre sa résolution. Enfin une lettre vigoureuse du colonel Pottinger convainquit les chefs, et en particulier Mir Mourad Ali, le souverain du pays , que le passage pour les chevaux et les autres présens destinés à Lahorne pouvait se refuser sans inconvenance-. La permission demandée fut donc accordée et le lieutenant Burnes repartit le io mars el entra dans la branche nommée Rachel par Kourâchi Bender, le chenal du fleuve qui avance le plus vers l'ouest. Des difficultés furent encore faites et des délais apportés, ce qui déter mirade -lieu tenant. Bûmes à se rendre par terre à Haïderabad, dans l'espérance qu'il lèverait enfin ces obstacles en traitant personnellement avec le conseil; mais il n'avança pas plus loin que Taira, où, après beaucoup de discussions , il reçut enfin la permission de passer par la route de llndus. On lui fournit alors des bateaux du pays, tous les secours lui furent offerts pour rendre son voyage à Haïderabad plus facile; on ne voulait rien négliger de tout ce qui pouvait lui faire oublier le traitement peu hospitalier dont il avait eu d'abord à se plaindre. A la ca-
pilale il fui reçu au darbar avec grande distinction; un chef d'un rang élevé fut désigné ]>our Tenir au-devant de lui, el les meilleurs bateaux de la rivière, même ceux de l'émir gouvernant lui-même, furent mis à son service. Partout , dans le Sindh , il rencontra la même attention. Il s'avança de Tatta à Haïderabad, après un court séjour à Bhakar, faisant de nombreuses observations, que favorisait la marche lente des bateaux. La mission atteignit Tatta le 1 5 el Haïderabad le 18 avril iS3i, elle mois de mai s'écoula avant qu'il eût quitté l'Indus pour entrerdansle Tcheuab. Les eaux du fleuve étaient alors au plus bas» maison ne rencontra ni obstacles ni difficultés dans sa navigation.
Il faut dire ici que le Sindh est divisé en trois gouvernemens indépendans : le premier est de beaucoup le plus considérable , c'est le pays de Haïderabad, gouverné alors par Mir (1) Mourad Ali, le dernier survivant de quatre frères, qui, en i 780, firent la révolution dont le résultat donna le gouvernement aux mirs actuels de Talpour.
(1) Abréviation uùlce du mot émir.
La seconde partie est celle de Kheïrpour, au nord de Haïderabad, et étendue des deux côtes sur le fleuve Indus. Son gouverneur actuel est Mir Roustam Khan, fils aîné de Mir Souhrab Khan , mort récemment. Le troisième gouvernement est celui de Mirpour, situé près du Cotch et administré par Mir Ali Mourad Khan.
Ces subdivisions viennent d'un partage qui se fit entre les principaux conspirateurs, dont les efforts ont mis le sceptre aux mains des Talpour. Après, avoir traversé le territoire de Haïderabad, le lieutenant Burnes fut reçu avec encore plus d'attention et de gracieuseté par le prince de Kheïrpour , qui manifesta un vif désir d'entretenir des relations plus intimes qu'il n'avait fait jusqu'alors avec le gouvernement anglais, et chargea le lieutenant Burnes d'une communication à faire au gouverneur- général. C'est ainsi que la mission arriva jusqu'au territoire du nabab de Bahawalpour sans éprouver le moindre danger ou empêchement. On ne trouva pas moins, en cet endroit , de huit pieds d'eau, et cependant le courant était modéré , facile à surmonter même lorsqu'il était resserré entre
des rochers ou par les acci tiens du terrain. Pendant le mots de mai la navigation est arrêtée sur le Gange par des vents de l'ouest violcns , ou par le manque d'eau ; à cette époque aucune difficulté de ce genre n'intercepte le passage sur l'Indus. Le chef de Bahawalpour était déjà en relation politique avec Kandjit Singh et le gouvernement anglais , aussi le lieutenant Burnes était sûr d'en recevoir toute espèce de services. Le 3o mai la petite flotte toucha Mïllankot et, s'embarquant sur d'autres bateaux préparés par le chef de Daoudpoutra (BihawalKhan), entra dans le Tchenab, ou, comme on dit quelquefois, le Penjnab, faisant allusion à la réunion de tous les cours d'eaux du Penjab qui sont affluens de ce fleuve. Un peu plus bas que Moultan, l'escorte envoyée par Randjit Singh, pour recevoir et accompagner le présent royal(i), rencontra le lieu-
(i) Il est singulier que dans toutes les instructions données par sir John Malcolm au lieutenant-colonel Poltingeretau lieutenant Burnes, il n'ait jamais mentionna ni rîeu dit qui pût faire comprendre à ces officiers que les chevaux étaient un présent du roi d'Angleterre. Ils le di-
- M6 — tenant Burnes et lui offrit des bateaux du Penjab, destinés à la navigation du sinueux Ravi. Le lieutenant s'y embarqua avec sa suite, le 12 juin, et atteignit bientôt Moultan. Le confluent du Ravi et du Satledj est plus loin , et on ' ne put atteindre cette rivière que le 23 juin. La saison des pluies y vint arrêter la mission et ralentir sa marche, car elle ne pouvait avancer qu'avec le secours du cordeau.
Le 17 juillet le lieutenant Burnes atteignit Lahor où son arrivée avec les présens du roi d'Angleterre et de la lettre de lord Eilenborough dont ils étaient accompagnés, fit le plus grand plaisir à Randjit.Singh: Les attentions dont il honora le lieutenant Burnes furent très marquées, et îl invita le capitaine Wadeà venir de Loudiana pour assister à la cérémonie de réception. De Lahor le lieutenant Burnes alla à Shimla rendre compte de sa mission au gou-*
couvrirent lorsqu'après avoir surmonté les difficultés qui s'opposaient au passage dans le Sindh, ils entrèrent en correspondance directe avec le gouverneur 'général ; mais déjà ils avaient offert leur présent comme envoyé par le gouvernement anglais dans l'Inde. (Note de Couleur. )
verneur-génèral , et remettre à Sa Seigneurie tous les renseîgnemens qu'il avait rassemblés. .Cet officier zélé et entreprenant obtint de Sa Seigneurie la permission de se rendre à la présidence de Bombay en explorant la roule par le Penjab, Caboul, Balk, Boukhara et la Perse, pour ajouter ainsi à ce qu'on savait sur celte route si peu conuue et à tous les renseignemens qu'il avait déjà recueillis par lui-même (ij.
Les dispositions favorables qui semblaient animer le souverain de Lahor, firent espérer à lord William Bentinck que la proposition d'une entrevue entre Randjit Singh et lui serait probablement bien reçue. Il manda en conséquence au capitaine Wade, tandis qu'il se trouvait à Lahor, de sonder les conseillers intimes de ce prince à ce sujet. Randjit Singh, comme s'il eût été prévenu par Sa Seigneurie, manifesta un grand désir de se rendre à celte réunion , mais quelques difficultés s'élevèrent sur l'étiquette. Randjil Singh attendait une ambassade
(i ) Voir pour les détails de la réception à Lahor le ré-, cit du lieutenant Bornes lui-même , ouvrage déjà cilé.
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en retour de celle qu'il avait envoyée à Sa Sei-. gneurie et composée comme celle qu'il avait adressée à lord. Amherst. Elle avait été reçue par lord William Bentinck en avril peu de temps après son arrivée à Shimla. Elle se composait de Dewan Mouti Ram , fils de Mokham Tchand, Hari Singh Serdar,le fàquir Azizoud-dîn en était le secrétaire. Ces personnages avaienlélé traités par legouveraeur général avec beaucoup de.dislinclion, et on avait promis en retour, ou plutôt on avait désigné, une ambassade de quelques-uns des principaux officiers de la suite de Sa Seigneurie. L'entrevue des chefs des deux puissances devait priver Kandjit Singh du plaisir de la recevoir. Deux cas en effet allaient se présenter, ou le temps manquerait, car le voyage projeté du gouverneurgénéral à Adjmir et dans le Radjpoutana exigeait, si l'entrevue devait avoir lieu, que ce fut avant la fin d'octobre, ou bien, si une ambassade officielle était envoyée immédiatement avant l'entrevue, elle aurait pu paraître' aux yeux du monde destinée à prier et engager le prince sikh à se rendre à cette entrevue, tani
disque le rang et Apposition du chef du gouverneur anglais lui demandait de faire rechercher l'honneur d'une conférence personnelle avec lui.
Avec une générosité que son caractère devait faire espérer, Randjit Singh, qui avait arrêté cette entrevue dans son esprit, passa sur le point d'étiquette et des deux côtés on fit des préparatifs pour s'y rendre. Elle devait avoir lieu vers le 20 octobre sur les bords du Satledj, sans être précédée d'aucune ambassade ; les environs de Roupour furent ensuite fixés comme le lieu le plus couvenable.
Pour donner tout l'éclat désirable à cette cérémonie et s'environner d'une brillante escorte, le gouverneur-général fit venir à Roupour de Mirât et Karnal deux escadrons de lanciers européens avec le corps de musique du régiment (16" régiment de lanciers), un régiment européen (3i° d'infanterie), deux bataillons d'infanterie indigène («4* et 3z'), huit pièces de l'artillerie à cheval et enfin deux escadrons de la cavalerie irrégulière, commandés par le colonel ^Skinner. L'escorte était ainsi composée
pour déployer aux yeu^Be Randjit Singh au-»
tant de variété qu'il serait possible, et en effet sa curiosité se porta surtout sur la formation et l'équipement des armes et des divers corps de notre force militaire. La marche des Euro*péens sur le territoire sikh fut une occasion de scandale pour la population qui apprit qu'un bœuf avait été tué pour la nourriture des troupes. L'animal fut abattu pendant la nuit aussi secrètement que possible, le fait transpira cependant et excita les plainlçsdes serdars sikhs. On leur répondit qu'ils n'avaient pas à s'occuper de "se qui se passait 4ans le camp anglais où nos usages devaient naturellement prévaloir contre leurs scrupules, et que d'ailleurs on avait pris toutes les précautions pour prévenir tout ce qui pourrait les offenser. Nul doute que les préjugés des Sikhs ne furent blessés, mais c'eût été d'une fort mauvaise politique décéder sur ce point. En effet, si l'on se fût soumis, que ferait-on maintenant dans le cas où il faudrait introduire dans le pays un nombre considérable de soldats européens ? N'exigerait-on pas une nouvelle concession lorsque peut-être il serait
impossible de l'accorder ?, La population ignorant nos usages, et peu préparée à les subir, ne serait-elle pas excitée contre nous autant par les inconvéniens résultant de notre occupation, que par le souvenir des concessions déjà faites à leurs idées religieuses.
Les troupes étant arrivées à Roupour , le gouverneur-général , qui avait quitté Shimla le in octobre, et avait profité de l'occasion favorable qui se présentait , pour faire une excursion dans les montagnes avec une suite peu nombreuse, arriva au camp dans la soiréedu 22. Randjit Singh se rendit au camp qu'il avait établi sur la rive opposée du Salledj , dans la matinée du a5, escorté par 10,000 deses meilleurs cavaliers et environ 6,000 hommes d'infanterie. Il reçut immédiatement une députation de la part du gouverneur-général , elle se composait du major-général Ramsay , frère du commandant en chef, lord Dalbousie , et du principal secrétaire de Sa Seigneurie. Kounwar Kharak Singh , avec six des principaux serdars sikhs, se rendit en même temps auprès du gouverneur-général pour lui présenter les compli-
mens du maha-radja. Il était convenu que Rand-» jil Singh viendrait visiter le gouverneur-général le lendemain matin.
Le moment de l'entrevue approchant, Randjit Singh commença à éprouver quelqu'inquiétude, à craindre que quelque trahison ou quelque lâche manœuvre n'eût été tramée contre lui ; pendant la nuit, il envoya dire à M. Allard qu'il ne voulait pas se rendre à la conférence du matin. M. Allard se rendit de suite auprès de lui et chercha à dissiper se* soupçons , à lui rendre ta confiance, offrant même de répondre, sur sa tête, qu'il ne lui serait rien fait qui pût lui être désagréable. Il quitta le maharadja encore irrésolu , car il fit appeler les astrologues. Ceux-ci consultèrent le Granth et déclarèrent que les résultats étaient favorables , mais ils conseillèrent à Son Altesse de porter avec elle quelques fruits qu'elle présenterait au gouverneur-général et à son secrétaire : si on les acceptait sans réflexion c'était un bon présage , elle devait s'avancer en tonte assurance et le résultat de ' l'entrevue lui serait" avantageux. Le matin du 26 octobre, une députalion
vint chercher te maha-radja pour le conduire au camp anglais, il était prêt depuis le lever du soleil. Un pont de bateaux plats avait été jeté sur le Satledj pour la commodité des communications. Raodjit Singh y fit passer avant lui environ 3,ooo hommes de sa cavalerie ghourchar , habillée de soie jaune , et 8do dragons formés par M, Allard. Il prit alors son déjeuner composé d'un cordial très épicé et envoya prévenir les chefs de sa suite de Venir avec leurs éléphans. Tout cela prit du temps, car les bateaux étaient assez faibles et ne pouvaient d'ailleurs livrer passage qu'à un très petit nombre «T éléphans à la fois. Enfin Son Altesse passa en personne, et alors, pour prévenir la confusion,. elle fit placer une gardeaupontavec ordre, d'empêcher toute personne de son camp de passer la rivière. Suivi de son escorte, Randjit s'avança dansla plaine àl'extrémité de laquelle était assis lé camp dn gouverneur-général. Au centre, les troupes anglaises avaient formé la haie , et en arrivant au bout de la ligne, le radja s'arrêta à examiner chaque corps; il fit une, multitude de questions sur les- équipemens, il s'informa Orhj. et pnooR. - 18
de l'usage et du prix de chaque objet qui feieila sa surprise, lia milieu de la haie il rencontra le gouverneur-général et lui présenta les frait& que se» astrologues lui avaient recommandés, ils furent acceptés de suite. Son Akesse passa alors dans le houdaàn gouverneur-général, et les d'eu chefs se dirigèrent ensemble viers les,. tentes d'audience oui avaient été préparées., Dans Tune d'elles tous les officiers européens» étaient rassemblés , Randjit Stngh s'v arrêta quelques insl&ns pour que chacun d'eux lui fiit présenté, et puis passa outre. Dans une astre* tente des fauteuils étaient prêt», le maha-radja* avee quelques-uns des chefe qui lui obéissent et des officiers de sa suite , y fut conduit par le gouverneur-général pour y commencer .une conversation plus intime. C'était une- chose curieuse de -voir toutes Us peines que prenait Randjit Srogh pour remplir dignement son personnage dans cette cérémonie. II allait à la porte de la tente,' il appelait,: il conduisait .hri« Jtriêïrtë les chefs qui devaient pénétrer dans l'intérieur , il les faisait marcher devant Loi pour prévenir le désordre et la contusion. 11»
étaient tous comme lui habillés du jaune qui compose, avec le vert, tendre, &s couleurs favorites de m coup , appelées basantis , c'est-à-dire ooiïleMrs da printemps. Quolques-swis portaient de brillantes armures avec des «harpes jaunes, la magnificence de leur tenue était très reniais quable. La curiosité et l'apparente franchisé du chef sikh Eurent cause q«e la confërepoe se passa avec beaucoup pins de vivacité que ce nfast L'usage dans des circonstances si sqten- »eilw; Dea ps-ésens composés de dUjEertjn t«s étoffifs onvoyiBs à Târauce de Calcutta , Dacca, Benarèf ,.4es armes et .des bijoux de prix, un bel êléphautbirman, deux jeunes chevaux dé chlnKé^résaui haras de Hjssar , furent amenés ou paués/ev. revue devant Son Altesse, Des habits «Pho'nneur , et des présens furent aussi o£fcrteiàJfbéritier présc-njpljf et à d'autres chefs, coniortnéinent à une liste fournie par Randjit Singh. "Le maha-radja examina aj.ec soin chaqnfi,article des présens qui lui avaient été faits, iiles eavara à riirtendaot de sa garde robe , et loâ ordonna d'en recevoir le dépôt et de les «Brrar.immédialemeBl. 11 prit -congé , très satû-
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fait eir apparence de celle entrevue, et à la porte de la tente il fit amener et manœuvrer devant le gouverneur-général, ses chevaux fa- ' voris, en- indiquant les noms et les qualités de chacun» En repassant à travers la baie des troupes , il s'arrêta encore pour examiner les dlSerens corps et renouveler ses questions sur chaque objet- en particulier. Il était midi lorsqu'il rentra dans son camp.
Le lendemain , le gouverneur-général rendit.
la visite et fut reçu au pont de bateaux par Riindjît Singh. Sa Seigneurie était escortée par les lanciers qui , avec la -musique de leur régiment, ouvraient le cortège, Randjit Singh fut très frappé de leur tenue et en particulier du corps de musique ; et après qu'ils furent passés et qu'ils eurent atteint l'autre rive du fleuve, il les suivit pour les écouter pendant quelque temps jusqu'à ce que toute l'escorte fût passée. Les troupes sikhes formaient la ligne depuis le pont jusqu'aux lentes du maha-radja, faites principalement de kandts et shamianas dispesésVvec beaucoup de goût. Elle étaient rouges et couvraient un grand espace. Les shamianas
sous lesquels des sièges étaient préparés, pour, le gouverneur-général et sa suite, étaient de châles admirablement travaillés , et celle sous laquelle étaient placés le gouverneur-général et Son Altesse était brodée de perles et de diaraans d'une grande valeur. Le maha-radja , lorsque tout le monde fut assis , fit introduire successivement les chefs qui lui obéissent, et chacun en arrivant offrait des nazars de sequirts d'or hollandais à Son Altesse .et au gouverneur -général. Les chevaux furent ramenés et montrés avec leurs magnifiques .harnais $ et après ■ une heure d?un entretien assez animé, les présens destinés au gouverneur-général avant été apportés, il prit congé du prince.
Ije soir des. conversations s'engagèrent, on passa aussi en revue les troupes réunies sur les detix, rives du ■ fleuve. Le raaha-radja parut frappé de quelques, évolutions exécutées devant, lui, par les régimens anglais, etji envoya ses serdars dans les rangs pour voir comment elles s'exécutaient. Il vînt lui-même dans les carrés formés par l'infanterie pour voir comment le premier rang se plaçait genou en terre fit com-
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ment les autres faisaient feu pur-dessus lui. Il montra pour toutes ces chose» une insatiable curiosité.
Le 3i octobre, dernier jour de l'entrevue, le maha-radjà passa le fleuve pour assister â quelques manœavres d'artillerie à mitraille et à Boulet. Son étonne m eut de Tenet produit sur lé but à différentes distances de 4obà'ïfU"oo pas était extrême: Après s'être amusé quelque temps à faire feu lui-même sur un tchatar(i)' d'une pièce de 6, et avoir Ait déployer à ses sérdars toute leur force et leur adresse d'ans lé maniement du cheval (2) , il reçut du gouVerneur-général deux canons d£ 9 aveè leurs che- 1 vaux et leur équipement complet.
Le soir de ce jour , après lequel on devah-se séparer, futconsacré à un' entretien particulier-. avec le gouverneur-général: -À là demandé de ' Randjit Singh" on lui donna par écrit uilé'pftW messe d'amitié étcrnelle/delapaçtdugouvtirae-
(1} Parasol, Il avait fait mettre un parasol eo guise de blanc.
(a) Randjit, nousa dit M. le général Allard,' prit part à ces exercices. ■ '
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men t a nglais . Le modèle d'un pou teusjtandu.» fait exprès à Calcutta pour Cette occasion,; futaufbî présenté à Son Altesse et excita vivemimt sou admiration. Le lendemain .matin,: i ".novembre i83i, les deux camps furent levés et se séparèrent dans des directions opposées après une semaine de magnificence et de. courtoisie, qui rappelait les jours du camp du Drap dW..
Aucune affaire d'importance ne fat traitée dans cette entrevue : cependant Randpt Stogh invita les deux officiers qu'il supposa: être-: le plus avant dans la confiance du gauveraour-r général à venir dans sa tente. Au milieu d'une conversation légère enapparence, iladressaau secrétaire officiel de Sa Seigneucis quelques questions sur le Sindh , comme s'il eut voulu ouvrir une négociation elconcertèrdesmesures relatives à cet état; ou au moins- parvenir * connaître les dessaisis du gouvernement britannique sur ce sujet. U dit que des^àkils (envoyés) du Sindb se trouvaient «lors dans son camp et il demanda qu'ils fussent présentés au gouverneur-général. Ayant reçu une réponse affirmative, il ajouta que c'était un, 'pays très
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riche où beaucoup de trésors étaient accumulés depuis l'invasion de FHindoustan par Nadir Shah et qu'on n'y rencontrerait ni armée régulière, ni d'autres soldats que la population qu'on serait obligé d'arracher à ses foyers pour résister à une armée envahissante. Alors il fit allusion aux refus que le lieutenant Burnes avait eus à essuyer de la part des émirs et à leur caractère général d'orgueil et de hauteur. U paraissait évident que le maba-radja avait apv pris ou au moins soupçonné que le gouvernement britannique avait quelques projets sur le Sindh, et même que rien ne lui serait plus agréable que d'être invité à coopérer à une attaque sur net état. Néanmoins , malgré ce déair évident de s'allier dans dé pareils desseins , il ne fut pas jugé convenable de faire dès-lors aucune communication au souverain deLahor?
car on pouvait craindre qu'une ibis informé des intentions du gouvernement anglais, il ne pût, tout en manifestant extérieurement le désir de les appuyer , les contrarier par des intrigues et et de secrètes manœuvres.
&a veille du jour où Son Altesse arriva à
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fioupour, des instructions avaient été envoyées au lieutenant-colonel Pottinger pour une mission dont on le chargeait auprès des gouvernemens du Sindfa. Il devait négocier un traité de commerce ayant pour objet d'ouvrir la navigation de l'Indus aux marchandises de l'Europe et de l'Inde- La négociation devait se conclure séparément arec chacun des trois émirs iodé-. pendons; le colonel Pottinger se dirigea d'abord sur Hafrierabad pour y négocier auprès de Mir Mourad Ali le libre passage des vaisseaux et marchandises par les embouchures et le delta de ce grand fleuve. L'objet principal de La négociation dut être d'obtenir des garanties contre la levée de droits .arbitraires ,et contre tout obstacle apporté au libre passage des bàtimens et marchandises , d'offrir une indemnité dans Je cas où l'adoption du plan proposé entraiaeragit quelque diminution dans les revenus du. gouvernement et de faire ainsi que l'Indus devînt le canal d'un commerce étendu et- pût être fréquenté avec sécurité par les embarcations et les vaisseaux des districts voisins ou même de l'Europe. Une telle négociation dans les cir-
constances actuelles était certes un acte de haute politique, surtout si l'on songea la nécessité de Se tenir prêt contre les entreprises que pourrait former la Russie si elle venait à établir son influence sur la Perse. Mais le gouverneur-général ne voulait ni offenser ni inquiéter les émirs, et un traité de commerce stipulant la libre navigation du fleuve lui parut être le moyen le plus avantageux d'ouvrir des relations ■avec' -le» gouvernemens et les chefs qui' occupent ses rives. Cependant on peut reprocher aux 1 traités de cette espèce de causer des discussions embarrassantes , de l'irritation: et des sehtilrriens haineux, et il faut avouer que les intentions du gouvernement' anglais nesont pasbien comprisses par ces chefs. Tout le Sindh est partage en* djagirs occupés par des chefs qui ont la i prétention d'être, et sont de fait , indépendans et exercent Pautorité la plus absolue dans leurspossessions respectives. Ces'serdars n'arriveront que difficilement à respecter lés bateaux- et les marchandises passant sur leurs territoires , les bâtîmens seront arrêtés sons prétexte de visité', des présens seront demandés et même extorqués,
des obstacles de taule espèce seront apportés ; les plaintes que ces: vexations- entraîneront , même en supposant <jue l'assemblée dé ©mûr* à Haïderabad soit disposée à lès écouler, anùr- ■ lieront de longues et irritantes discussions sans' pouvoir faire obtenir de justes iudoàmités à ceus qui auront souffert; La résidence, perpé— . tueJle d'un ag*nt anglais chargé de faire iairo droicàces représentations deriendra nécessaire, et .ce personnage, en s'acqiuUant deson devoir, deviendra la. cause de querelles continuelles-, . de méconteutemens qui engendreront une coin ■ lision. Mais ce qui est beaucoup plus probable, c'est que les marchands ne voudront pas Ve**. poser à courir les risques et les dangers que leur promet une telle route et qu'ils laisseront ainsi ce traité devenir une lettre morte comme tes 1 derniers traités conclus arec Siam, la Co— chinebine et .l'empire Birman où lfe gouverne-' nient anglais entretient des résidens pour y surveiller l'exécution des traités stipulés.
La compagnie des Indes : , dans ses derniers traités' commerciaux, parait s'être conduit* d'après un nouveau principe, c'est Texteu-
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sion de son commerce , ce sont les privilèges de ses propres bateaux , navires et marchandises qui semblent avoir été l'objet de ses négociations 'et de sa sollicitude. Son agent ne devait s'occuper que d'intérêts commerciaux et veiller à ce que les stipulations, ne fussent pas violées j.. c'était ainsi qu'elle était déjà parvenue à conclure un traité de commerce avee le Sindh, lequel traité , peu de temps après l'établissement des émirs Tarpours, fut annulé par l'expulsion brutale de l'envoyé britannique. La réouverture des négociations relatives à un traité purement commercial , et sans aucun objet politique ,! paraît avoir été calculée pour faire sentir quele gouvernement anglais n'a en vue que des, intérêts mercantiles. Certes, ce n'est pas. là, le. moyen d'élever son caractère, ni d'ajouter en rien à son crédit et à son influence sur les, conseils des divers chefs, avec lesquels on par-. viendra à établir ainsi des relations. Et après, tout, la plus forte objection qu'on puisse, faire à de tels traités, c'est qu'ils n'empêchent en aucune manière les cours avec lesquelles ils son,t conclus d'entamer ou" de poursuivre des
intrigues et des négociations directes arec les -états contre lesquels il serait à désirer, qu'on .prit des précautions. Au temps où l'on commença de négocier arec le Sindh , on sut qu'un agent de la Perse était à Haïderubad offrant la main d'une fille du roi au fils favori de Mir ' Mourad Ali. Or , si l'élat du Sindh venait à entrer dans des relations intimes avec ta Perse, le traité commercial que nous pourrions conclure ne saurait empêcher les Russes de s'insinuer là où la cour de Perse leur aurait préparé les voies. Ils pourraient ainsi tourner contre •nous les ressources du Sindh , ou au moins neutraliser les avantages que nous pourrions espérer d'en retirer pour la défense de la frontière occidentale de l'Inde. Si jamais l'Hindou»* tan est envahi par l'ouest , certainement on se battra sur l'Indus , et il faudrait manquer de la prévoyance la plus commune , pour ne pas chercher à s'assurer de l'accord unanime et courageux des chefs des. états et des tribus contre l'envahisseur. On dira peut-être que le temps n'est pas encore venu de s'occuper de tels sujets-, mais que le danger soit prochain ou
éloigné , ne serait*ce pas agir iaaprudeianieat que de prendre des mesures capables de pco- «luire de l'irritation ou de diminuer le respect «t l'influence que le gouvernement augl*», sonrerain déclaré de la pins grande partie de l'Hindoustan, doit naturellement posséder sur
l'antre. ,
Aussitôt qu'il eut refuses instructions, le colonel Pottinger fit prévenir les émirs du Sindh, et en particulier Mir Miourad Ali de Haïdeia*bad , qu'il avait reçu commission du gouverneur-général pour traiter avec eux de quelque point important. Il demanda la permission re* quise de se rendre àHaïderabad pour s'acquitter du sa mission. Cette permission lui ayant été ae> cordée, non sans quelque délai, et le gouvernement de Bombay l'ayant pourvu de l'escorte, des fends et des bagages nécessaires à l'envoyé du gouvernement . suprême, le colonel Pottinger partit <lu Cotch et arriva à ïlaïderabad dans le eoursdefévrier i83a Jlexposasansretsrdlesvues du gouvernement britannique et remit à Mir Moarad Ali une lettre dugouvorneur-géoéral, où elles étaient exposées tout au long. Alors <so«*
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nenca mie suite de longues et ennuyeuses dîscassioos pendant lesquelles quelques projets et
coulre-pwjetsfureitf échangés de part et d'autre, Aprèsmielougueué^ociatiou un iraitéftit enfin oenetw avec Mir iiowrad Ali, auoomdes ehe& assemblés* HaïdwaWd , le so avril i83a. Il fut ratifié à Shimla, par le gouverneur-général, le in juin suivant. Voici cette ratification ;
m Un traité comprenant .sept artielej ayant m été conclu le 10 lilhidji de 1W. 1347., de « l'Hégire, correspondant an 20 avril 183a, « entre l'bonorHbleoornpagtiiedeslndesQrieiir-
* taies et S. A. Mir Mourad Ali Khan , Tat-
* pour (i), Banâdour (2), souverain de HaSder « rabad, dans le Sindh, par l'intermédiaire du « lieutenant-colonel Henry: Paltinger , envoyé « du gouvernement britannique , agissant dV « d'après les pouvoirs à lui conférés par. le 1res
* honorable ]oi-dWilliamCavendishBentictck T « - grand-croix de l'ordre du Bain et de l'ordre tt de la Jarretière, gouverneur-général des
(1) Nom de tàntilte.
(t) Titre .honorifique qui signifie br.vvc.
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- fit» — n possessions britanniques dans les Indes, le « présent engagement à été fait à Shimla, ce « jour, 19 juin i83a, en langue anglaise et k persane, pour la parfaite confirmation et ré- « connaissance des obligations que contient « ledit traité et qui sont les suivantes :
« Article i*. — L'amitié déjà établie par de n précédera traités entre le gouvernement bii- « tannique et celui du Sîndh reste sans atteinte « et même reçoit une nouvelle force des stipua lations conclues par l'intermédiaire du lieu- « tenant-colonel Pottinger, envoyé, etc. , afin « que cette amitié et cette alliance , existant a maintenant entre lesdils états, puisse des- « cendre aux erifan s et successeurs de la maison « dudit Mir Mourad Ali Khan , d'héritier en a héritier, de génération en génération.
« Art. a. — ■ Les deux puissances contrac- « tantes s'engagent à ne jamais jeter des yeux « de convoitise sur les possessions Tune de a l'autre.
» Art. 3. — Le gouvernement britannique « a requis le passage pour les marchands et « trafiquans de l'Hindoustan, par le fleuve et
* les routes du Sindh, pour qu'ils y puissent ■*. transporter leurs marchandises et objets de fl négoce d'un pays à un autre. Ledit gouver- « nement de Haïderabad acquiesce à cette de- « mande aux trois conditions qui suivent :
(t. i" Aucune personne ne pourra lever de « plan des places militaires ,' sous préteste de ■« voyager par lesdits fleuves et routes.
« 2° Aucun navire ou bateau arme ne pourra « réclamer le passage sur ledit fleuve.
- « 3" Aucun marchand anglais ne pourra « s'établir dans leSindh, mais lorsqu'il sera k venu dans ce pays et y aura séjourné le temps « nécessaire à la conclusion de ses affaires, il -« devra retourner dans l'Inde. s ■
h. Airr. 4- — Lorsque des marchands vou- * dront faire un voyage dans le Sindh, ils de- « vi'ontpb tenir des passeports pour ce faire du « gouvernement britannique. Connaissance de « la délivrance de ces passeports devra être s i- « guifiée audit gouvernement de Haïderabad, « par le résident dans, le Cotch ou par quel- « que autre officier du gouvernement britan- « nique.
Ojug. et proge. 1!)
« Art. 5. — Le gouvernement de Haïde- « rabad ayant déterminé les droits fixes et mo- « dérés qui devront être levés sur les raar- <[ chandises. et objets suivant lesdites routes , « devra s'en rapporter à ce tarif et ne pourra, « ni arbitrairement , ai despotiquement r les ■ augmenter ou les diminuer. Afin, que les « cargaisons des marchands et trafiquant puis- « sent voyager sans éprouver ni délais si in- « terruption , il est entendu que les officiers de « douanes et fermiers: des revenus du gouver- « nement du Sindb devront veiller à ce qu'on « n'appocte aucun obstacle auxditstaacchaads, h sous prétexte de nouveaux ordres reçus de la « part du gouvernement, ou de la levée des •( droits. Ledit gouvernement promulguera un « tarif ou tableau des droits à lever sur « chaque espèce de denrées, selon jToccur- « rence.
« Art. 6. — Les stipulations des premiers ■m traités conclus entre les deux; état», qui.ne n sont pas altérées ou modifiées par le présent, m subsistent dans toufe leur force, aussi bien « que les stipulations qui, conclues. e» ce jour
ii par la bénédiction de Dieu , ne devront ja- « mais être violées.
« A»t. 7- — Les relations amicales entre les « deux états seront entretenues par (tes dé- « pêches toutes' les fois que les affaires ou un « accroisse itteot de rela-tions 1 amicales le rendra
Ce traité complémentaire Ait enconc conclu avec Mir Mourad Ali K .liant
« Les articles suivans- ayant été' agréés- te 1 24 « avril «832 , entre l'honorable compagnie des « Indes orientales et S. A. Mir Mourad' AH « Khan, Talpour, Bahadour, souverain de « Haïderabad, dans le Siodh, comme complé- « mentaires du traité conclu le 20 avril 1 83a , « pat l'intermédiaire du lieutenant-colonel « Heori Pottinger, envoyé de l'honorable com- 11 pagnie des Indes orientales et agissant en <( vertu des pouvoirs à lui' conférés par le très « honorable lord William Cavendish Bentihck, * grand-croix de l'ordre du Bain et de Tordre « de la Jarretière, gouverneur-général des « possessions britanniques dans llnde, le pré- « sent engagement a été fait à Shimla , ce jour,
m 19 juin i832 , en langues anglaise et per- « sane, pour la parfaite confirmation et recon- « naissance des obligations que contiennent n lesdits articles et qui sont :
a Art. 1 . — 11 a été inséré à l'article 5 du « traité perpétuel que le gouvernement de « Haïderabad fournira au gouvernement brin tanniqueun tarif des droits, etc., et qu'après «ce, les officiers du gouvernement brilan- « nique , experts dans les matières commer- « tiales, examineront ce tarif. Si ce tarif leur « parait juste,. équitable, convenable, il sera « aussitôt mis en vigueur , mais s'ils leur paraît 1 trop, élevé , S. A. Mir Mourad Ali Kban , sur. « la requête du gouvernement britannique , « présentée par le lieutenant -colonel Henri « Poltinger, voudra bien réduire ledit tarif.
« Art. 2. — 11 est clair comme le jour que le « châtiment et l'anéantissement des pillards » deParkhar,Thall,etc, ne peut être poursuivi « par un seul gouvernement, et que d'ailleurs « celte mesure est pressante et intéresse les « états , puisqu'elle, : tend à assurer la richesse « et le bonheur de leurs sujets et territoires
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n respectifs. Il est donc stipulé qu'aussitôt après « la saison des pluies , Mir Mourad Ali Khan , « ayant donné connaissance de cette circons- « tance dans les formes convenables , legouver- « nement britannique, ceux du Sindh et de « ' Djodhpour devront réunir leurs efforts pour « parvenir au but ci-dessus désigné.
« Art. 3. — Le gouvernement de l'honorable « compagnie des Indes orientales et celui de « Kheïrpour, représenté par son chef, Mir n Roustam, ont réglé, par un traité conclu entre « les deux états , que tout ce qui a été statué à « Haïderabad sur l'ouverture de l'Indus est « aussi accepté par les deux puissances con- « tractantes. Il est nécessaire cependant que des « coptes du traité conclu avec Mir Mourad Ali « Khan soient envoyées par les gouvernemens « britannique et de Haïderabad à Mir Rous- « la m pour sa satisfaction et son instruction.. » Il est bon de faire remarquer ici qu'aucune de ces conventions ne fut définitivement ratifiée que quand on eut déjà traité avec le chef de Kheïrpour. La jalousie que ces négociations firent éclater et la crainte que le chef de Kheïr-
pour ne se détachât, pour toujours de l'association des Mirs Talpours, fut la principale cause qui engagea Mir Mourad à signer. Le traité avec Mir Roustam était ainsi conçu :
a Un traité comprenant quatre articles ayant « été conclu le a du mois z\V kade de l'année « 1247 de Thégire , correspondant au 4 avril « (832, eDtrel'hoiiorableoompagnîedesIndes « orientales et Mir Roustam Khan, Talpour, « Bahadour, chef deJCheïrpoiiidansle Sindh, « |w L'intermédiaire du lieutenant- colonel « Henri Pottinger, envoyé du gouvernement « auglais , agissant en vertu des pouvoirs à lui a conférés par le très honorable lord William m Cavendish Bentink , grand-croix de Tordre « du Bain et de la Jarretière, gouverneur-gé- « nécal des possessions britanniques dans les k JoAes, le présent engagement a été fait ce < jour, dfl) juin 1-.83*, en langées anglaiseet « persane , pour la parfaite confirmation et reu coissaissance des ^obligations que contient le>- « dit traité et qui sont :
a Art. i. — Une amitié éterneMe subsisterai « entre les deux états.
<r Art. 2. — Les puissances contractantes «- s'engagent mutuellement, et de génération en « génération, à nepasjeterdesregardsdecon- « voitise sur les possessions l'une de l'autre.
« Art. 3. — Le gouvernement britannique « ayant requis le passage par l'Indus et les - « routes du Sindh pour les marchands de m l'Hindoustan, etc. , le gouvernement deKheïr- « pour garantit ce passage-dans les limites de n son territoire aux mêmes conditions que celles . m qui seront réglées avec le gouvernement de «t Haïderabad , c'est-à-dire Mir Mourad Ali n Khan , Talpour.
« Art. 4- — Le gouvernement de Kbeïr- « pour fournira par écrit un tarif juste et rai- « sonnable des droits à lever sur les marchan- « dises qui profiteront des bénéfices de ce ■ traité , et selon les conditions que les négo- « ci ans ne devront ni abandonner ni violer' « dans la conduite de leurs affaires .
iliqiiB de Banttjit Singll. — Ses revenus. m innée- — Observai i oui générale, (i)
Le caractère personnel du souverain actuel de Lahor peut être apprécié d'après ce que nous venons de rapporter dans les chapitres précédens j néanmoins , il pourra être utile d'en faire, en quelque sorte, le résumé, et d'exposer Fé'tat présent de son royaume , de ses ressources, de ses moyens militaires.
Nous avons dit que Randjit Sîngh n'avait reçu aucune instruction. Il ne sait lire ni écrire dans aucune langue, mais l'habitude d'entendre lire des papiers écrits dans des langues de la Perse , duPenjab, de l'Inde, les efforts de son attention qui s'attache même aux détails des affaires, lui ont donné une grande facilité pour suivre et comprendre la
(i) Voir comme complément de ce chapitre ce que dit M. Al. Bûmes, vol. I, chap. XIV, pag. 396.
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plus- grande partie des choses qui lui sont soumises. Aussi, bien qu'il soit incapable d'apprécier le mérite du style ou de dicter lui-même ce qu'il voudrait faire écrire, il traite cependant les affaires avec rapidité , ri est toujours prêt à donner des ordres précis et décidés sur les mé- ' moires et réclamations qu'on lui lit, et lorsqu'une copie convenablement faite lui a été remise , il sait bien reconnaître si elle remplit parfaitement ses vues. Ses secrétaires particuliers ne le quittent jamais, souvent ils sont réveillés pendant la nuit pour expédier les ordres qu'un souvenir subit ou le caprice du maha-radja lui fait donner. Sa mémoire est excellente , et se rappelle les détails aussi bien que les circonstances les plus importantes. Son esprit est toujours actif, et son œil vif et scrutateur ne laisse rien échapper ; sa perspicacité à apprécier les caractères , à deviner les motifs des actions d'autrui , lui donne de l'empire et de l'influence sur tous ceux qui l'approchent, et n'ont guère été que les instrnmens de sa puissance si rapidement accrue. A une grande finesse , il joint une imagination très vive;
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et quoiqu'il n'oublie jamais le but qu'il a eir vue , il a cependant dans la conversation une franchise et une naïveté pleines de charrae.'Ses observations et ses remarques , il les présente ordinairement dans* une phrase brève , claire , inachevée ou sons forme d'interrogation , mais elle» sont toujours si frappantes qu'elles restent fixées dans la mémoire de ceux à qui elles s'adressent, tant elles sont étranges et revêtues d'une séduisante originalité. 11 a un grand pouvoir de dissimulation; sous les dehors de la plus grande franchise et même dans le commerce de l'intimité il sait poursuivre de perfides desseins et des trahisons. Sur le champ de bataille, il s'est toujours montré brave et résolu de sa personne , mais rien dans ses plans n'est abandonné au hasard ou à l'aventure. Il a toujours préféré l'adresse , l'habileté et même la corruption , comme moyen de succès, aux entreprises éclatantes qui excitent l'admiration ou inspirent la terreur. Sa fertilité d'expédiens est vraiment incroyable , et jamais il n'a été embarrassé pour trouver des ressources même dans les plus grands dangers. Cependant quel-
ques-unes de ses actions trahissant le caprice et l'instabilité de ses desseins, car on ne saurait quelquefois en indiquer ou en imaginer les motifs. Sa conduite dans toutes les circonstances de la vie prouve qu'il est intéressé, sensuel, débauché même à l'excès; sans égard pour aucun lien d'affection, du sang ou de l'amitié dans la poursuite de ses vues ambitieuses ou de ses plaisirs. Démesurément avide , car c'est sans la moindre pitié et sans remords qu'il a ruiné et réduit à la misère des veuves , des orphelins , et des familles qui avaient des droits à sa considération et à son respect , qu'on s'étonne de ne lui avoir pas vu reconnaître, ne fûl-ce que par politique. Dans sa jeunesse 'il se montra prodigue pour ses favoris et libéral dans presque toutes les occasions , mais avec F âge est venue l'avarice, et le désir d'amasser a étouffé toutes ses autres passions , aussi tout le monde , même les officiers attachés à sa personne et ceux qui sont en faveur, ne l'approchent qu'avec la crainte d'être victimes de quelque exaction, loin d'espérer que sa générosité ajoutera quelque chose à leur fortune. Son tempérament était
excellent dans sa jeunesse, et en quelque sorte toujours à ses ordres, mais aujourd'hui la susceptibilité d'une constitution ruinée le domine souvent. On l'a vu transporté de colère, descendre jusqu'à user de violence contre les objets de sa rage ; mais cependant il ne s'est jamais abaissé jusqu'à commettre des actes de cruauté, et jamais la vie de personne n'a payé même les offenses les plus graves.
Ilest petit de taille, et la perte d'un œil, par suite de la petite vérole , lui ôte un peu de son apparence qui est loin cependant d'être vulgaire, car sa physionomie est pleine d'expression et de vivacité et s'embellit d'une magnifique barbe blanche qui descend jusque sur sa poitrine. Dans sa jeunesse il dut être très vigoureux et très actif, mais aujourd'hui il est si affaibli qu'il est forcé pour monter à cheval d'avoir recours à un procédé assez singulier. Un homme se met à genoux devant le maharadja qui passe la jambe sur son épaule , ensuite l'homme se lève en le portant : on fait alors approcher le cheval et Randjit Singh met, son pied droit dans l'étrier, il prend la crinière, et
passant la jambe gauche par-dessus la têle de l'homme et le dos du cheval , il chausse l'autre étrier. Son amour pour seschevaux est extrême, et nous avons eu plusieurs fois occasion d'en parler. Ils sont toujours auprès de lui , couverts de bijoux et de riches caparaçons; souvent il les caresse. Pour lui-même, il est simple dans sa toilette et peu recherché dans toutes ses habitudes ; son régime se compose de stimulans puissans dont il use immodérément. Il aime beaucoup cependant les parades et les spectacles militaires , il emploie près de la moitié du jour à passer des revues , inspecter des équiperaens ou à refléchir sur quelque moyen d'accroître la puissance de son armée. Il parait aussi prendre plaisir â voir ses officiers et ses courtisans couverts de bijoux et de magnifiques parures, et tout le monde convient qu'ils montrent beaucoup de goût, car la pompe du dnrbar de Lahor est vraiment remarquable.
Quoique peu! dévot, et qu'il se soit montré très habile à maîtriser le zèle et le fanatisme des Akalis et autres sectes religieuses, Randjit Singh se conforme cependant avec beaucoup de
scrupule à toutes les observances de la foi religieuse des Sikhs; tous les jours il se fait lire le Granth par les gourous ; il est généreux et charitable pour les fàquirs et les hommes qui ont acquis une réputation, de sainteté. Enfin il est superstitieux à l'excès , il se livre facilement à de fantastiques imaginations sur sa destinée et sa fortune, et jamais il ne manque de consulter ses astrologues avant de rienentreprendre d'important.
Le fait le plus remarquable de la- politique et du gouvernement intérieur deRandjilSingh, c'est le manque absolu, de tout ce qui ressemble à un système ou à des principes d'administration. Sa carrière a été celle d'un usurpateur qui empiète sans: cesse et s'empare de tout ce qui est à sa portée , mais tout ce qu'il a ainsi gagné il ne l'a soumis à aucun système de gestion. Le tout est confié à des fermiers arec pleine puissance sur la vie et les propriétés des classes productrices , fiandjit Singh s'en reposant sur ses forces militaires pour contrôler les comptes de ses fermiers, pour leur faire rendre tous les profits illicites qu'il pourraient faire.
Néanmoins ses exactions sont dirigées surtout contre tes vieilles familles sikhes et ses propre» officiers : les marchands et les voyageurs son* protégés, les droits et les taxes auxquels ils sont soumis sont généralement modérés. Randjit Singh a cependant manifesté l'intention de seréserver le commerce de quelques articles , comme les châles, le sel etc., mais on peut dire que toutes ses richesses lui viennent du monopole, qu'il les a tirées de ses exactions ou de sources impures.
On oe peut dire encore que Randjit Singh ait donné au Penjah une constitution ou une forme fixe de gouvernement. Il n'y a dans ce pays ni loi écrite ou orale, ni cour de justice. he Gourou-Mata, ou ancien conseil des Sikhs, a cessé d'exister comme toutes les institutions antérieures à rétablissement du pouvoir actuel'. La dernière assemblée de ce conseil se tint lorsque Hotkar, poursuivi par l'armée anglaise, entra dans le Penjab; il s'agissait de savoir quel parti les Sikhs prendraient comme nation, dans cette circonstance. Randjit Singh , quoiqu'il fût le chef le plus influent, refusa de reconnaître la
suprématie de rassemblée et prétendit que la question intéressant toutle corps de la nation , ne pouvait être résolue que par le suffrage universel. Aujourd'hui le gouvernement paraît être un despotisme pur; l'armée permanente et toujours prête au service actif, la force toujours armée contre les concussionnaires elles prévaricateurs, voilà les seuls ressorts de la machine administrative. C'est ainsi qu'elle remplit le trésor, contrôle les actes des fonctionnaires publics, sujets tout puissans, et enfin gouverne chaque classe de la population. L'influence personnelle et les ordres du chef de l'état, tel est le lien unique de la discipline et de l'affection des troupes. Ainsi tout le pouvoir et toute l'autorité sont concentrés dans les mains d'un individu que la fortune et ses propres lalens ont placé à la tête des affaires ; mais lorsqu'il sera éloigné de la scène, à moins qu'un autre ne se présente pour remplir sa place avec une énergie et un empire égal au; sien sur les altachemens et les affections des petits princes qui lui sont soumis , ce que, il faut le craindre, on ne saurait attendre du caractère de Kharak
505 — Singh, tout devra nécessairement retomber dans là confusion.
Les possessions territoriales de Randjit Singh comprennent aujourd'hui toute la partie du Penjab enfermée entre l'Indus et le Satledj. Il possède aussi le Cachemir et tout le pays des montagnes jusqu'à la chaîne neigeuse et même Ladak au-delà de l'Himalaya : en effet, quoique plusieurs radjas de la contrée aient encore conservé leurs gouvernemens, ils ont été réduits à l'état de sujets, ils paient un tribut proportionné à leurs ressources, envoient lorsqu'ils en sont requis leurs contingens à l'armée de Lahor. Outre celte étendue de territoire, Randjit Singh possède encore environ 45 talouks en personne ou en partage avec d'autres sur le côté anglais du Satledj; à l'ouest de l'Indus, il occupe Kheïrabad , Akona et Pesbaver , Darra-Gazzi- Khan, affermé au nabab de Bahawalpour , et Darra-Ismael-Khan assigné, comme nous l'avons dit , à HaBz Ahmed Khan de Mankera. Il lève encore des tributs sur les chefs Beloutchis de Touk et Sagour au sud. Le capitaine Murray estime que le total du revenu et des tributs
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levé annuellement sur toutes ces
possessions est i2,4o3,goo
En outre, les douanes du Penjab rapportent à Randjît Singh.. 1,900,600
Le mokarana , droit sur les papiers soumis au sceau de Randjit Singh 577,000
Formant le khalsa ou revenu
direct de i4,88i,5oo
Le même officier estime que le reste du territoire divisé en djagîrs ou fiefs tenus par de vieilles familles sikhes et les établissemens dont les revenus ne sont pas coinpris dans les khalsa, rapportent 10,928,000
Faisant ensemble pour tous les revenus du pays soumis à la domination de Randjit Singh un total de (2) 25,8o9,5oo
( 1 ) La roupie vaut a fr. 5o c. de notre monnaie ; le takh de roupies, 100,000 roupies ou s5o,ooo fr. ; le croie de roupies équivaut à 100 lacksou s5,ooo,ooo fr.
(2) Le général Allard pense que celte estimation est de beaucoup inférieure à la réalité. Il porte les revenus de
Ce chi«re n'est pa, loin de celui assigné d,„ s les hvres du gouvernement mogol pour le produit du souba de Lahor ; et si l'on considère que le Caehemir et le territoire au sud du Satledi y est compris , la correspondance du total fait bien présumer en faveur de l'exactitude de cette estimation,, car la province ne peut pas produire sous les Sikhs autant qu'au temps paisible de l'empire mogol.
Randjit Singh a depuis quelques années amassé un trésor, et lefortdeGovindgarh, bâti par lui et placé dans une excellente position, est le lieu principal de ses dépôts. Le Capitaine' Murray, d'après les meilleurs renseignerons qu'il put rassembler, qui doivent cependant être imparfaits et vagues, estime que 1„ nlear des richesses accumulées par Randjit Singh tant en monnaie qu'en bijoux, chevaux, éléphans ne doit pas s'élever à moins de dix crores de roupies ou environ dix millions de livres
sterlings( 2 5o,ooo,ooofr.);quelq„es personnes portent cette estimation beaucoup plus haut,
l'état de Lahor à environ cino croie, de
wuq «oies de roupies ou 1 20,000,000 fr.
maisdelelscalculsnepeuventreposerquesurdes conjectures et pêchentgénéralementpar l'excès.
Le même officier nous a donné des détails sur la force militaire de l'état de Lahor, et son autorité est la meilleure que nous puissions suivre.
Troupes régulières.
Cavalerie disciplinée par le général Allard, et troupes spéciales montées aux frais de l'état, Ghourchar et Ghourchar Khas (i). 12,81 1 wn. n „..
Infanterie. Bataillons disciplinés, Nadjibs et troupes dressées sous la surveillance du maha-radja. i4)94*
Total des troupes régulières, infanterie et cavalerie. 27,752
Garnisons , comprenant les troupes employées dans le Cachemir. — Cavalerie* 3,ôoo
Infanterie diversement armée et équipée a3,p,5o
(1) Dix mille, selon le général Allard.
Cont ingens de serdars , consistant pour les pays de plaines principalement en cavalerie , et pour les pays de montagnes en infanterie. 27,3l2
Total des troupes, infanterie et
cavalerie. 8a,oi4
L'artillerie de Randjit Singh consiste en 376 canons (i) et 370 tromblons portés sur des chameaux ou des voitures légères appropriées à leur calibre. Il n'a pas de corps d'artillerie enrégimenté et organisé comme dans les armées européennes. Un darogha est a la tête d'un grand établissement qui , si Randjit Singh lait des préparatifs pour un siège , occupe au moins 4 ou 5, 000 hommes. Mais dans le temps de paix , ou quand on ne se prépare pas à de grandes opérations, ce nombre est infiniment réduit. Quelques corps de cavalerie et tous les bataillons d'infanterie ont des compagnies d'artillerie qui leur sont attachées; le
(1) Cent pièces d'artillerie de campagne, complètement armées et équipées; le reste est employé à la défense des places.
nombre des artilleurs est proportionné à la force des corps respectifs. La djinsi, ou la grosse artillerie seule est distincte du reste de l'armée.
Toute cette puissance et toutes ces ressources sont l'ouvrage du maha-radja. Son père ne lui laissa qu'un corps de cavalerie sikhe , à peine supérieur à ceux de ses voisins qui tous sont réduits maintenant à la condition de sujets.
Randjit Singh, dans la création de sa puissance militaire, a particulièrement déployé cette activité curieuse, cette attention qui s'applique aux détails, cette persévérance à poursuivre l'exécution de ses plans, qui distingua à un si haut degré Pierre de Russie. Comparé à tout ce que nous voyons ou entendons dire de tous les princes qui se sont élevés par eux-mêmes à une p • grande puissance, Randjit Singh doit être placé parmi ceux qui ont employé les moyens les plus honorables pour arriver à leur but} sa carrière n'a été signalée par aucune exécution sanglante , et par un très petit nombre de ces actions qui s'élèvent contre la mémoire de presque tous les fondateurs de dynasties. Il manque
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de cet esprit de généralisation qui rapporte les choses à des principes fixes et conduit à concevoir ou adopter un système. Ce vice de l'intelligence , résultat du manque d'éducation et de rapports habituels avec des hommes d'un esprit élevé, est le principal défaut de son caractère, et sera cause que le gouvernement de Randjit Singh, basé sur des formes et des institutions essentiellement imparfaites, trahira tous ses défauts lorsque celui qui dirige aujourd'hui la machine sera éloigné de la scène. Mais n'estce pas avoir déjà beaucoup fait que d'avoir su en trouver les élémens dans une association de bandits sikhs , formée de tous les rebuts de la société et en particulier de la lie de la classe agricole, poussée parle désespoir et la misère au métier de voleur? Tout ce qui avait quelque lumière ou quelque éducation avait disparu du Penjab avantla naissance de Randjil Singh. Cependant le résultat naturel de la concentration de l'autorité dans sa personne , a été de créer une cour, où, avec le temps, la science et le bon goût pourront reparaître , dussent-ils y être apportés des pays voisins, lorsque le luxe et les
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habitudes de |la paix remplaceront le bruit et la perpétuelle activité de la guerre et des entreprises militaires.
Que ceux qui sont disposés à accorder à Randjit Singh la gloire due au fondateur d'un empire et d'une dynastie, ne pensent pas que le peu d'étendue de son royaume doive l'empêcher de soutenir la comparaison avec d'autres conquér rans. Les circonstances de sa position; d'un côté , la puissance anglaise que son pouvoir né d'hier n'aurait pu attaquer sans folie; de l'autre, la population fanatique des Musulmans de l'Afghanistan , sont des barrières qu'il n'a pu passer et qui ont dû lui ôter tout espoir de porter la domination sikhe au-delà de ses limites actuelles. Cependant tout ce qu'il a su déjà gagner sur les Afghans , et l'adresse avec laquelle il a réconcilié dans beaucoup de circonstances les braves el bigots Musulmans, à l'autorité d'une secte ennemie et même méprisée; voilà des titres de gloi réassurés pour le gouvernement et la politique de Randjit Singh.
En présence des Anglais, il n'a pas fait preuve dan? sa conduite d'une moindre sagacité. Àt-
(entif à éviter toute rupture , il a su tirer avantage des circonstances au moment même où le gouvernement anglais [lui imposait le Satledj pour limite de son empire , et arrachait à ses lois toute la région comprise entre ce fleuve et la Jumna , occupée alors par les Sikhs et qu'ils regardaient comme leur possession légitime et certaine. Lorsque la défiance et les soupçons excités par notre intervention dans ce pays furent apaisés, et qu'il se fui assuré que le gouvernement intervenant n'avait aucun désir de conquête ou de s'immiscer dans ses affaires avec des vues ambitieuses , Randjit Singh cultiva l'amitié de nos officiers , désira de paraître uni à nous par d'intimes relations et la plus parfaite intelligence. Il semble maintenant bien convaincu que cette amitié et ces engagemens pourraient être encore plus étroits, et on ne saurait douter que si jamais l'occasion se présentait de profiter de celte disposition pour faire des préparatifs contre iïn ennemi venu de l'ouest, Randjit Singh ne se rangeât sincèrement de notre coté et n'employât toutes ses forces à repousser l'envahisseur. Ses antécédens,
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ses intérêts, ses inclinations, tout cela est pour nous aujourd'hui } ajoutons aussi que c'est pour lui un gage de force et de sécurité que de pouvoir dire dans quels termes il en est avec le peuple anglais.
Ajant ainsi fait parcourir au lecteur les degrés pas lesquels- ta puissance des Sikhs s'est élevée Jusqu'à la splendeur dont elle brille maintenant, il nous reste maintenant à lui donner quelques détails sur les habitudes et les mœurs de cette secte, pour le mettre en état d'apprécier le caractère de la nation et les traits qui la distinguent des autres peuples de l'Hindoustan. Cette tâche a été remplie par le capitaine Murray, qui a rassemblé dans un appendice au mémoire qu'il adressa à lord \Yilliam . Bentinck , le résultat de ses observations pendant un séjour de plus de quinze ans au milieu des Sikhs, où il eut de fréquens rapports avec des individus de toutes les classes, où il fut dans la nécessité de s'instruire, pour être l'arbitre et le juge de leurs disputes.Xes remarques du capitaine Murray, les faits qu'il a réunis, quoiqu'ils laissent quelque chose à regretter
êous le rapport de leur distribution méthodique et qu'évidemment ils iraient pas dû être publiés, sont néanmoins si pleins de science et de renseignemens précieux, qu'on ne nous pardonnerait pas de retoucher à son travail. Eu passant par une autre bouche, et étant disposés par une autre main pour une forme plus étudiée, les faits pourraient perdre quelque chose de leur autorité. Nous avons donc terminé ce livre par la transcription littérale de l'appendice destiné par cet officier à peindre les mœurs, les lois , les coutumes des Sikhs. C'est une lecture dont l'intérêt paiera la peine du lecteur curieux.
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