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sonne de Hari Singh de Naloua, djagirdarsikh, qui, à cheval et sans autre secours que celui de ses mains , avait tué un tigre ; cet exploit lui avait coûté son cheval.
Dans cette saison la cour de Lah'or reçut deux visites: l'une de l'ex-radja de Nagpour Moudadji Bhousla , appelé le plus souvent Apa Saheb; il s'était échappé en fugitif et à l'aide d'un déguisement après la campagne où futpris Asirgarh et se décida la chute définitive du dernier prince Mahralle qui essaya de résister par les armes à la. suprématie de l'Angleterre dans Trlindouslan. Le fugitif séjourna pendant quelque temps à Amritsar, tandis que Randjit Singh était avec son armée dans le sud-ouest , mais au retour de ce prince il reçut ordre de quitter la capitale et les terres de la domination sikhc. Il alla chercher un asile dans les montagnes auprès du radja Sansar Tchand. Là ayant noué quelques intrigues avec les princes de Caboul réfugiés à Loudiana, il dut, sur l'ordre du radja , quitter sa cour. Il se dirigea sur Mandi où le chef Ishari Sein lui accorda sa protection. Le gouvernement britannique, tout en.
surveillant le lieu de résidence du fugitif, ne fit aucune demande d'extradition et ne le troubla plus que pour obtenir des renseignemens sur ses démarches et ses desseins.
Le second visiteur fut le Surintendant des travaux scientifiques poursuivis par la Compagnie des Indes (superintendent ofthe compagny's Studs in India), l'aventureux voyageur Moorcroft , qui passa à Lahor en se rendant à Ladak sous le costume d'un marchand qui allait acheter des chevaux à Boukhara. Il fut reçu avec beaucoup d'égards et d'attention par le prince sikh , et de Ladak qu'il atteignit en passant par Mandi , il dirigea sa route par les montagnes au bord du Càchemir. De là descendant dans les plaines il se rendit à Balk où il mourut de la fièvre , victime d'une tentative téméraire qu'il fit pour traverser un pays malsain dans une saison où celte maladie sévit avec une violence particulière ; victime aussi de sa. trop grande confiance dans les médicamens européens et dans sa propre habileté médicale. .
Après le mois d'octobre la revue de. l'armé»
sikhe fut faite à Sialkot où Randji.t Singh se reu-r.
dU «d passant par Battala. De là longeant les montagnes , et envoyant des* détache mens pour ravager le territoire de la turbulente tribu de Tchib-Bhao, il s'avança jusqu'à Rawal-Pindi qu'il annexa au khalsa en dépossédant Nand Singh. Randjit Singh retourna àLahor le i3 décembre et fut occupé pendant le reste de la saison par des affaires domestiques.
Shir Singh, l'aîné des enfans queRandjit Singh n'avait pas voulu reconnaître, avait été adopté par SadaKounwaretélevéparelle.Ilapprochaitalors de l'âge viril et commençait à réclamer un djagir et un apanage séparé. Randjit encourageait ces prétentions espérant que la rani lui ferait un établissement convenable sur ses possessions duserdari de Ghani. Mais elle exigeait que le jeune homme fût reconnuet que les frais de son établissement fussent faits par Randjit Singh : celui-ci s'y- refusait obstinément. Le Sikh astucieux fomentait la discorde entre Shir Singh et sa mère adoptive et gagna à sa cause Beïsakh Singh , vieux et puissant tenancier du Ghanimisal, qui avait toute la confiance de Sada Kounwar. Lorsque le succès de cette intrigue fut as-
sure et que les plaintes de Shir -Singh eurent produit l'impression défavorable qu'où on attendait pour s'en faire une arme contre Sada Kounwar, Randjit j ugea que les choses en étaient venues au pomt où son intervention devenait nécessaire. Il envoya donc en octobre à sa bellemère l'ordre de partager son djagiit pour faire un établissement convenable aux deux jeunes gens Shir Singh.et Tara Singh , qu'elle avait élevés pour de si hautes espérances. Elle protesta en vain contre cet ordre , en vain elle quitta le camp sikh pour se rendre à Shah Dehra j elle y était encore au pouvoir de Randjit Singh, il fallut bien se plier à la nécessité de faire ce qu'on exigeait d'elle. Mais elle ne l'eut pas plutôt accompli qu'elle chercha les moyens de s'évader, et bientôt après quitta le camp secrètement dans un chariot couvert. La nouvelle de son évasion parvint à Randjit Singh par Beïsakh Singh. Desa Singh fut envoyé avec un détachement de cavalerie pour la poursuivre; elle fut mise en prison sur l'ordre de son gendre. Non content de cette punition , Randjit Singh ordonna à une division de son armée de mettre
— M9'— toutes ses richesses et toutes ses terres sous te séquestre. Celte mesure fut réalisée après une résistance de quelques semaines opposée par une de ses femmes dans le fort d'Attal-Garh , sa principale forteresse.
Ainsi après une haute influence de près de trente ans succomba celte femme d'un esprit vraiment élevé. Elle avait été réellement utile à Randjit Singh, c'était ell« qui avait jeté les fondemens de sa puissance pendant qu'il était encore si jeune, c'était par ses intrigues et par son assistance que Randjit Singh avait pu de si bonne heure prendre en main le pouvoir et éloigner sa mère et son ministre. Ses manières indépendantes et le ton élevé qu'elle avait pris avaient été pendant quelque temps à charge à Randjit Singh , aussi dut-elle attribuer sa disgrâce non moins aux événemens qu'à elle-même. Elle supporta son emprisonnement avec beaucoup d'impatience, se plaignant continuellement et appelant la malédiction sur la tête de son gendre ingrat.
Un autre événement domestique antérieur de quelque temps à la disgrâce île Sada Kounwar %
ce fui la naissance du fils de Kharak Singh. Cet événement, arrivé en i8ai, fut l'occasion de grandes fêtes et réjouissances, l'enfant fut nommé Non-Nihal Singh. En avril Randjit se rendit à Adina-Nagar, où il resta jusqu'en juin occupé à lever les tributs sur les montagnards. Les deux petits territoires de Kishtiwar etMan- Kôt furent alors annexés au khalsa de Lahor.
La rudesse de Hari Singh l'ayant rendu impopulaire dans le Cachemir , l'avait fait rappeler en décembre 1820 et remplacer par le doux et pacifique Moti Ram.
Ces événemens ayant rempli l'été etla saison des pluies de 1821 , l'armée sikhe fut convoquée comme à l'ordinaire après le Dasrati, et Randjit Singh, prenant le commandement en personne, la conduisit sur l'Indus' dans les possessions des chefs de Mankera, Bhakar et Lia au sud de Moultan. Des contributions annuelles et des présens avaient été pendant quelque temps extorqués selon l'habitude à Hafiz Ahmed, mais alors on se détermina à s'emparer ouvertement de tout le pays.
Dans cette vue, l'armée passant par Ram Na-
gar, NourMiani, Pind Dadar Khan , etBhira Khoushab, atteignit l'Indus le 5 novembre et campa devant Dera Ismaïl Khan. Un détachement de 8,000 hommes passa le fleuve et la place fut rendue le 9 par Manik Haï. Bhakar , Lia , Khangarh et Moudjgarh se rendirent successivement sans résistance. Mankera, entouré d'un mur de terre et défendu par une citadelle en briques mais surtout protégé par sa position dans le milieu d'un désert, était la seule place qui restât à soumettre. Elle étaitsituée entre des montagnes de sable dans lesquelles une armée assiégeante ne saurait trouver d'eau. Une division vint investir la place le 18. Les Bildars furenlenvoyés pour creuser des puits et chercher de l'eau, les troupes ne pouvant se fournir de cet objet de première nécessité qu'avec beaucoup de peinesetdedépensesenlefaisantvenirdeMoudjgarh à dos de chameaux, de chevaux etde bœufs. Lea5 novembre des puitssuffisans ayant été creusés, une nouvelle division s'avança pour compléter l'investissement de la place et bientôt arriva Randjit Singh lui-même avec son quartier-général pour conduire le siège en personne.
Chaque djagirdar dut, comme c'était l'habitude* faire son attaque particulière, et une rivalité active, un esprit d'émulation s'empara de l'armée. Du 26 novembre au 7 décembre les travaux des assiégeans s'avancèrent jusqu'au fossé, mais non sans souffrir du feu cotilinnel des assiégés. Le nabab Hafiz Ahmed, jugeant alors qu'il en avait assez fait pour son honneur, demanda à capituler sous condition qu'il lui serait permis de sortir de Mankera avec ses armes et tout ce qui lui appartenait et qu'on lui donnerait la ville de Dera Ismaïl Khan avec un djagir convenable. Randjit Singh accepta les propositions et demanda comme garantie à être mis en possession d'une des portes de la citadelle. Des sermens solennels furent échangés, de riches habits d'honneur furent envoyés au nabab pour détruire tous les soupçons dans son. esprit. Le i4 décembre il reçut un détachement sikh auquel il livra les portes; le 18 il sortit avec une suite de 3oo hommes et vint camper à un lieu qui lui avait étédésigné prèsdesSikhs. Le 20 il se rendit auprès de Randjit Singh qui le reçut avec beaucoup d'égards. Une escorte
lui fut donnée pour le conduire à Dera Ismaïl Khan , et le traité fut observé à la lettre et pleinement exécuté. C'était le premier exemple d'une fidélité si scrupuleuse de la part des Sikhs. Les tributs des Musulmans Beloutchis de Tonk et Sagar, à l'ouest de l'Indus, furent augmentés et l'armée sikhe se rendit de là à Dera Din Panah- Randjit Singh s'y embarqua sur l'Indus envoyant son armée par terre à Moultan. A Dera Ghazi Khan il accrut les tributs du nabab deBahawalpour, les rentes que celui-ci devait pour ses fermages dans celte place et à Mittin Kôt furent aussi augmentées. Le 10 janvier 1822 il rejoignit son armée à Moultan, mais le 16 il partit précipitamment pour Lahor en lui ordonnant de le suivre. A son arrivée dans sa capitale, le 27 , il apprit que l'un de ses principaux serdars et djagirdars , Djeï Singh Atariwala , était passé chez les Afghans à l'ouest de l'Indus.
Ce fut pendant le mois de mars de Tannée 1822 que pour la première fois des Européens se présentèrent au darbar de Randjit Singh, demandant de l'emploi et une solde dans ses
;-sstt4troupes. Celaient deux officiers français, l'un Monsieur Ventura, Italien de naisance, l'autre Monsieur Allard. Tous deux avaient quitté l'Europe pour chercher fortune en Orient , lorsque la sanglante défaite de Waterloo eut ruiné les espérances de la jeunesse militaire de France. Ils avaient déjà été employés en Perse, mais ne pouvant accepter le grade inférieur qu'on leur avait offert, ils étaient bientôt partis pourLahorà travers le Candatiar et le Caboul. Randjlt Singh soupçonna d'abord leurs motifs, il ne pouvait comprendre ce qui avait pu engager deux jeunes gens à quitter leur pays natal et à venir si loin. Il ne pouvait se persuader que le désir d'entrer à son service fût un motif suffisant d'entreprendre un tel voyage. Ils avaient exposé leur demande verbalement et reçu quelques réponses en persan, mais cela était loin de satisfaire ce prince soupçonneux. Il leur demanda donc d'écrire leur demande dans leur langue maternelle et s'élant ainsi procuré une lettre écrite en français, Randjit Singh l'adressa à son agent à Loudiana pour qu'elle lui fût traduite et renvoyée ensuite.
— SJftS — Après avoir obtenu cette satisfaction, Randjit Singh donna aux deux officiers français des assurances de service, des maisons à Lahor et quelque argent, dès-lors il les prit à sa solde (i).
(1) Ces détails ne sont pas en tout point conformes à ceux que nous tenons du général Allard sur ce sujet.
C'est en qualité de voyageurs que M. Allard et son compagnon, M.Ventura, se présentèrent à Randjit Singh. Informé qu'ils avaient servi sous Napoléon , dont le nom était parvenu jusqu'à lui, ce fut lui -môme qui les sollicita d'entrer à son service. Il est vrai qu'il leur demanda une lettre écrite en français, probablement dans l'intention de s'assurer de leur nationalité. Voici celte lettre :
A Sa Majesté le Roi.
Sire, les bontés dont V. M. nous a comblés depuis notre arrivée en cette capitale sont innombrables. Elles correspondent à la haute idée que aras nous étions faite de l'excellence de son bon cœur; (^p renommée , qui a porté jusqu'à noua Le nom du. roi de Lahor, n'a rien dit en comparaison de ce que nous voyons. Tout ce qui entoure V. M- est grand , digne d'un souverain qui aspire à l'immortalité. Sire, la première fois que nous avons eu l'honneur d'être présentés à V. M. , nous lui avons exposé
Obu>. et proor. * 15
1$. Ventura avait été colonel d'infanterie dans l'armée française, et M. Attarderait occupé
le motif de noire voyage. La réponse qu'elle a daigné nous fïtire nom tranquillise , mais elle nous laisse «lapa l'incertitude; sur l'avenir. C'est pour ce motif que pous ayons eu l'honneur de faire il y a déjà quelques jours une adresse à V. M., pour savoir si noire arrivée dans ses états lui était agréable , et si nous pouvions lui être de quelque utilité par 1103 connaissantes dans la guerre, acquises comme officiers sous les ordres immédiats du grand Napoléon Bonaparte, souverain de la France. T. H. ne noua a pas tirés de l'incertitude, puisque nous n'avons pas encore reçu d'ordres de sa part, Noua avons donc renouvelé notre demande en langue française, d'après le conseil de Nour-oud-din Saheb, qui nous fait croire qu'un employé auprès de votre auguste personne connaît notre langue. Dans notre incertitude, nous supplions V. M. de daigner nous faire transmettre ses ordres , que noua suivrons toujours avec la plus grande ponctualité. Noua avons l'honneur d'être, avec le plus profond res-
De Votre Majesté »
* les très humbles , très obéissansettres
dévoués serviteurs,
Alubo, Vbstdiia.
Uhor, i«»vril 1813.
MaisRandjitSingh n'avait pas attendu jusqu'alors pour
le même grade dans la Cavalerie (1). Ils forent chargés de former des troupes à la discipline , aux exercices et aux manœuvres de l'Europe.
Les commandans indigènes furent d'abord extrêmement jaloux de la faveur qu'obtinrent ces deux Européens et mécontens de les voir revêtus de couimandemens; mais ce qui les irrita surtout ce fut quand ils entendirent cesM. M., interrogés par Randjit Singh sur l'opinion qu'ils avaient de ses troupes, parler avec mépris de la
taire à ces deux officiers die riches présent. Selon la coutume orientale, ils avaient reçu dès leur arrivée les mehmans , ou présens de l'hospitalité. — Ce rie fut que plus tard qu'ils eurent une solde régulière.
(1) Le général Allait! avait été capitaine dans la cavalerie de la garde impériale. En 1 8 1 5 , aide -de-: camp du maréchal Brune, il était à Avignon lorsque le maréchal y fut assassiné ; il faillit lui-même devenir victime des royalistes du Midi. Ce fut à la, suite de ces malheureux événeinens qu'il quitta la France. Il se rendit en Egypte , oii Mehemet-Ali accueillait les officiers français j c'est de {à qu'il passa en Perse. Chevalier de la Légion-d'Honneiir en 1 8i5 , il vient d'être promu au grade 'de commandeur. — M. Ventura était officier d'infanterie dans l'armée d'Italie , commandée par le prince ^jugene de Beauharnais.
discipline et de la tenue de l'armée (1). Les officiers français furent d'abord sous les yeux de Randjit Singh attachés aux troupes qui occupaient la capitale, et M. Allat-d reçut ordre de former un corps de dragons disciplinés et équipés comme la cavalerie européenne. Ces officiers par leur conduite gagnèrent plus tard la confiance du radja; ef plusieurs autres, particulièrement M. Court (a), élève de l'Ecole Polytechnique Ile Paris , les suivirent et vinrent se joindre à eux. M, Ventura est maintenant (i833) à la tète d'un corps de 10,000 hommes et revêtu d'un commandement particulier et important dans le Moultan j il a su établir une confiance entière, une intelligence parfaite entre lui et ceux quPservent sous ses ordres. Mais
(i) Le général Allai'd se défend vivement d'un tel mauvais goût et d'une impolitesse que l'accueil amical qui leur fut fait rendrait inexcusable.
(3) Aujourd'hui commandant d'un corps d'infanterie et d'artillerie sur l'Indu». Voir ce que dit M. Bornes de cet estimable officier, qui a honoré le nom français dans l'Inde autant par son savoir que par son caractère perso nne). VoM.'Passim. Vol. II, pages 16, 3o , 5a et suivantes. Paris, î835.
les sentimens des serdars sont si opposés aux Européens, qu'ils pourraient bien rendre la position de ces officiers extrêmement hasardeuse et difficile à la mort de Randjit. Singh. De plus, M. Ventura en 1829 eut avec Kharak Singh , l'héritier présomptif de la couronne, une querelle qui s'apaisa difficilement et dont les conséquences pourraient lui devenir très fâcheuses lorsque ce prince succédera à son père.
Dans le commencement d'avril, Randjit Singh se rendit à Akhmar dans les montagnes de Djammou , son armée , sous les ordres de Misar pewan Tchaad , observait les niouvemens de Azim fChan qui était venu à Peshàver où il fut rejoint par le fugitif djagirdar Djeï Singh Atariwala, et de concert avec lui chassa jusqu'à l'Indus les postes- et les garnisons des Sikhs, et même menaça Kheïrabad, le point principal qu'ils occupaient sur la rire occidentale du fleuve. En juin, Randjit retourna dans sa capitale sans avoir rien accompli d'important.
Dans les possessions de Sada Kounwar était
Un petit territoire nommé Himraatpour Oudni, situé an sud du Satledj , et occupé par elle en 1 808 avec l'agrément de Randji t Singh, moyennant 1 5,ooo roupies. Ce territoire étant sur la rive du Satledj placée sous la protection de l'Angleterre, ne pouvait être confisqué avec le resle. Randjit Singh cependant força sa bellemère à faire une cession de droits en sa faveur, et armé de cet acte, ordonna à son agent de s'emparer du territoire par la force. Cependant sur la résistance opposée par le tenancier de Sada Koumvar et les plaintes faites aux autorités anglaises, le titre fut rejeté comme non valide et le pays contesté dut être rendu aux premiers occupans. C'est ainsi qu'il fut préservé de la convoitise du souverain de Lahor jusqu'en 1828, époque à laquelle, sur des nouvelles représentations, legouveroement suprême consentit à le laisser occuper par Randjit Singh. La position de Sada Kounwar ne fut pas améliorée par ce résultat . Elle fut, e t aujourd'hui^ 833} elle estencore prisonnière, et quellesque soient les réclamations que l'humanité élève en sa faveur, on ne saurait dire comment on pourrait
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- au -
la traiter autrement après la conduite qu'elle a
tenue (i).
(i) Sada Kounwar , nous a 1 dit le général Allard, n'était pas prisonnière , mais gardée à vue et jouissant de la liberté d'aller partout où elle voulait en ae faisant suivre de son escorte. Randjit Si ngh la traita toujours avec beaucoup d'égards et lui payait une pension considérable; plusieurs fois même il chargea le général Allard de faire des tentatives de réconciliation auprès de sa belle-mère, mais ce fut toujours en vain. Randjit Singh n'a jamais oublié que ce fut elle qui commença l'édifice de sa fortune. Cette princesse est morte aujourd'hui.
Opérations «or Peshaver. — Bataille contre une armée de Musulmans fanatiques. — M oh a m me il Aiim Khaa abandonne Pcihaver a Bandjil Singh. — Mort de Mohammed Aiira Khan et de 8an- >ar Tchand. — Troubles dam les montagnes de Gandgarh- — Yar Mohammed confirme' par Randjit Singh dam le gouvernement de Peshaver, — Fatch Singh Alociwala quille le Darbar de Lahor. — luiurreclion du Seïd Ahmed, reformaleur mabométan- Troubles qu'elle occagione. — Aurodb Tchand de Kangra. impliqué dans une intrigue, s'enfuit au-delà du Satledj. Ses poisession» ■ont confisquées* — Nouveaux désordres oecasiooés par le Seïd Ahmed. Sa défaite et sa mort.
En octobre, après IcDasrah de i8?.3, l'armée sikhe se réunit àRohtas où fut passée la revue des conlingens des djagirdars. Randjil Singh se montra encore plus sévère que de coutume sur le nombre et l'équipement des hommes. Parmi les chefs réprimandés pour leur négligligence était Dal Singh Miherna, vieux djagirdar qui avait servi avec beaucoup de zèle et d'honneur. Il fut menacé d'une forte amende et traité avec un mépris si cruel qu'il s'empoisonna pendant la nuit pour se délivrer à l'ave»
oir de pareilles avanies (î). L'armée se dirigea en décembre du côté de Rawal Pindi, d'où Hakim Aziz-oud-din fut envoyé en avant à Peshaver' pour réclamer le tribut du gouver- 'neurYarMohammedKhan.Cechef n'étant pas préparé à la résistance , rassembla quelques chevaux de prix , les offrit en tribut à Randjit Singh qui fut satisfait pour le moment, et re- ' tourna dans sa capitale en janvier, après avoir accompli un pèlerinage à Kitas qui se trouvait sur sa route.
Mohammed Azim Khan , mécontent du compromis fait par sou frère à Peshaver, vînt du Caboul pour rétablir en personne ses affaires. Il arriva à Peshaver le 27 janvier; et Yar Mohammed, craignant sa rencontre, cher-, cha un refuge momentané dans les montagnes des Yousoulzis. RandjitSingh ordonna alors à son armée de passer riudus ; le passage fut effectué le 27 mars. Firos Khan , chef des kha-
(1) L'auteur anglais a été induit en erreur. Dal Singh. mourut plus tard frappé d'une balle qu'il reçut dans uu combat sur les bords de l'Indus contre les Yousoufzis. Ce renseignement nous a été donné par le général Allant.
taks, étant mort, ses possessions forent mises sous le séquestre. Le *4 mars, l'armée entra à Âkora , où elle fut rejointe par le fugitif Djeï Singh Alariwala, qui voulait maintenant faire sa paix et rentrer en faveur. Son pardon lui fut accordé. On apprit bientôt que Mohammed Zaman Khan , neveu de Azim Khan , avec Sadiq Khan, 61s du chef khatak décédé , et Firox Khan étaient venus prendre position près an camp à Noushahar avec 4» 000 hommes et avaient déjà enlevé quelques partis de fourrageurs. Randjit . Singh ordonna à son armée, aussitôt qu'il eut appris cette nouvelle, de se ranger en bataille pour marcher en avant et attaquer les Musulmans. Le combat commença par une charge furieuse conduite par Phoula Siugh Akali, Sikh déterminé, habitué à commencer ainsi toutes les actions, suivi seulement de quelques cavaliers aussi impétueux que lui. Les Musulmans étaient animés aussi par la foi religieuse et ils s'élancèrent à la rencontre des Sikhs fanatiquesavecune rage égale; cesderniers furent défaits et perdirent leur chef. Randjit Singh envoya des troupes Fraîches , mais les
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musulmans tinrentièrmeetrepoussèrent toute* les attaques jusqu'au coucher du soleil, alors ayant perdu la moitié de leur monde, ils se maintinrent encore sur deux collines isolées. Randjit Singh ordonna à sa cavalerie de cerner l'ennemi dans ses positions, fit avancer les bataillons des Nadjibs et des (ïourkhas pour les charger et les déloger. Deux fois ces troupes s'élancèrent à l'attaque et deux fois elles furent repoussées par leurs vaillans adversaires, tous les efforts de l'armée de Randjit Singh ne purent les forcer avant la nuit. Mais alors le reste de cette troupe valeureuse s'ouvrit un chemin à travers les postes des Sikhs et parvint à opérer sa retraite dans les montagnes sans être inquiétée.
Les Musulmans n'avaient pas eu plus de quatre ou cinq mille hommes engagés dans cette action, encore étaient-ce des montagnards et des cultivateurs qui étaient sortis de chez eux pour un ghazi, c'est-à-dire pour un combat contre les Sikhs infidèles. Ils n'avaient point de soldats disciplinés parmi e.ux , et cependant ils avaient résisté tout un jouràl'arméeen-
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tière de ftandjit Singh qui avait sous ses ordres, au moins a^coo hommes et encore desesmeilleures troupes. i ,000 hommes environ (le capitaine Wade dit 2,000) furent tués ou blessés du côté des Sikhs , et dans ce nombre figuraient quatre officiers de distinction , Phoula Singh Akali, Gharba Sinjjb, Karam Singh de Tchahal, tous deux djagirdars, et Balbhadar Singh de Gourkha. Ce dernier était celui qui avait défendu Nalapani avec une résolution si remarquable contre les généraux Gillespie et Martindell au commencement de la guerre des Anglais contre le Népal. A la paix, il rentra dans son pays , mais ayant entretenu des intelligences coupables avec une femme mariée, il fut obligé de s'expatrier pour se soustraire à la loi du Népal, qui abandonnait sa 1 vie à la discrétion de l'époux outragé. Ce fut alors qu'il vint prendre du service dans l'armée de Randjît Singh, où il mourut d'une manière digne de lui après de brillans faits d'armes (t).
(1) Le général Allait), qui assistait à celte bataille, ne s'accorde pas avec l'auteur anglais. Il dit que l'armée mahométane était beaucoup plus nombreuse , qu'elle y
Mohammed Azim Khan éleit, pendant la bataille des GAazw (c'estrà-dire des 'combattans pour la foi), à Tchamkawa situé à quatre milles environ à Test de Peshaver. Il ne fit aucun effort pour secourir ses partisans; il était observé dans sa position par un corps sikh sous les ordres de Kripa Ram , Shir Singh et Hari Singh qui s'avançaient sur l'autre rive du fleuve. En apprenant la défaite et la dispersion des siens , il se retira à Djalalabad sur la route du Caboul, laissant la campagne à Randjit Singh et à son armée.
Le 17 mars, Randjit Singh entra à Peshaver et fit avancer ses troupes jusqu'à Kheïbar Darra qui fut pillé, les cultures furent détruites. I^es Sikhs cependant eurent beaucoup à souffrir de l'activité et du fanatisme des populations musulmanes qui attaquaient les clétachemens isolés et enlevaient les traînards;
perdit tous ses bagages el ton artillerie. Elle fut jetée dans le fleuve, où elle périt presque tout entière, et le petit nombre de ceux qui échappèrent ne durent leur salut qu'à la nuit, qui empêcha de les poursuivre. lisse réfugièrent à Peshaver.
pendant les nuits le camp était tenu dans de continuelles alarmes par leurs escarmouches audacieuses.
En avril , Randjit Singh s'assura de la soumission de Yar Mohammed Khan qui vint avec quelques beaux chevaux, parmi lesquels était le fameux Kahar, lui demander d'occuper Peshaver comme tributaire de Lahor.'Le Sikh accepta avec plaisir ce projet d'établissement pour la ville et le territoire qui l'environne , et après l'avoir ratifié , il retourna dans sa capitale le 26 avrils
Mohammed Azim Rhan mourut le mois suivant, et sa mort augmenta la confusion dans les affaires de l' Afghanistan. Tantqu'il vécut, on regarda comme chef de la famille e,t comme son successeur Fateh Khan, maisaprèssamort, les nombreux frères et neveux de ce chef ne voulurent reconnaître l'autorité de personne , et leurs querelles couvrirent de crimes et de désordres la plus belle partie de l'Afghanistan. Mahmoud et son fils Kamran étaient enfermés dans la forteresse de la ville de Hérat , car hors des murs ils ne pouvaient faire res-
pecter leur nom ni exercer aucune autorité.
Après le Dasrah, en octobre, Vannée sikhe réunie sous les ordres de Randjit Singh, Ait conduite aux bouches de Tlndus, avec le dessein avoué de foire une attaque sur le'Sindh. On passa le fleuve fjp novembre et on employa tout cernais à réduire les villages des Bhatis, à lever des contributions sur les Beioutchis et les autres djagirdars dont les possessions touchaient la frontière nord du Sindh. Randjit Singh se contenta cependant de cette expédition, et fit rentrer. en novembre l'aimée dans son pays. A la fin de cette année mourut Sansar Tchand, radja de Kangra, qui eut pour successeur son fils Anrodh Tchand. On demanda un ,nazarema sur la succession , et comme te jeune radja faisait attendre le paiement, Randjit Singh le somma de se rendre en personne a sa résidenced'sléakAdina-Nagar.LefaquirAziz-ouddin .persuada an radja d'obéir à la sommation et de transporter sa cour à Djawala Moukhi; à son arrivée un échange de turbans fut fait , de mutuelles protestations d'ami lié furent échangées entre kti et Kharak Singh pour le Darbar,