TOURS
sur la réalité de l'hépatisation pneumonique-centrale. Voici ce qu'il écrit à ce sujet :
« Après une période de quelques jours pendant laquelle existent seulement de la fièvre et des râles distincts dans une portion d’un poumon, apparaît un souffle plus ou moins tubaire à l'endroit où l’on soupçonnait la pneumonie. En général, c'està ce moment seulement que le malade expectore des crachats rouillés, et souvent il y a, en même temps, une recrudescence de la fièvre. Assurément, on peut supposer, comme l'ont fait jusqu'ici les auteurs, que l'hépatisation a débuté par le centre du poumon et a gagné la surface après quelques jours ; mais on peut aussi admettre, et c'est l'interprétation que je propose, pour le plus grand nombre des cas, que l’hépatisation ne s’est faite qu'au moment où l'on à entendu le souffle tubaire. »
Deuxfaits quel’auteur aeu l’occasion d'observertémoignent, en effet, en faveur de cette manière de voir.
Ogservarion (Résumé). — Un jeune homme de seize ans fut pris brusquemment de fièvre sans point de côté et présenta l’aspect d’un typhique n'ayant à l’auscultation de la poitrine que des ràles de bronchite diffuse et quelques crachats aérés visqueux et non colorés. La température les jours suivants, oscille entre 39°, et 399,8. Cinq jours après, l’examen radioscopique permet de constater — et ce fait est d'accord avec les résultats signalés par MM. Varior et Cæicoror — que le diaphragme à gauche n’exécute aucun mouvement et se trouve sur un plan horizontal notablement supérieur à la moitié droite. Dès le lendemain on entend un
souffle aux deux temps à la base gauche et le malade expectore des crachats colorés.
Cette observalion paraît démontrer que le poumon gauche, d'abord congestionné, ainsi qu'on pouvait en juger par de la submatité et le défaut d’expansibilité, n'était pas en état d'hépatisation, car il était absolument translucide. Or on sait que l'hépatisation se révèle par une diminution fort nette de la transparence. L’hépatisation ne s’est donc produite que le jour où elle s'est manifestée par un souffle, et il paraît tout au moins logique d'admettre que pendant les premiers jours il s’agissaitnon pas d’une pneumonie centrale, mais bien d’une
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Septicémie à pneumocoquequi n'avait encore produit aucune localisation pulmonaire. M. le Pr Lépine cite d’autres faits semblables et, sans contester la possibilité d’une hépatisation centrale qui ne donne lieu au début à aucun signe physique, en raison de la couche du poumon sain qui sépare lenodule primitf de la surface pleurale, il conclut de la manière la plus nette, que pareil cas ne peut se présenter qu'à titre purement exceptionnel.
Il est évident, en tout cas, qu'il ya quelques années, les observations que nous avons relatées, dans lesquelles le contrôle bactériologique nous permit d'établir de façon indiscutable la septicémie précédant les phénomènes pulmonaires, auraient été qualifiées de pneumonies centrales.