PNEUMONIES POST-OPÉRATOIRES
Les complications pulmonaires, et principalement les pneumonies, sont loin d'être rares après les opérations et surtout après les interventions sur l'abdomen. La pneumonie post-opératoire est un accident souvent grave et malheureusement assez fréquent, puisque dans certaines statistiques de laparotomie, elle est notée chez 4 à 8 p. 100 des opérés.
L'origine aérienne est certainement la théorie la plus séduisante pour expliquer sa production. L'action irritante de l'agent anesthésique sur la muqueuse respiratoire était naturellement l'idée qui s’imposait tout d’abord pour comprendre cette complication. Mais à cette hypothèse on ne tarda pas à faire les objections les plus sérieuses, et cette question importante donna lieu, en Allemagne, à un grand nombre de discussions. A la clinique de Breslau, on constatait, par exemple, que les pneumonies étaient aussi fréquemment observées à la suite de l’anesthésie locale, qu'après l’anesthésie générale.
HENLE, après avoir communiqué les observations faites dans le service de von MrexuLicz à Breslau, attribue le rôle
sobre
prépondérant, d'une part, au refroidissement des malades pendant la désinfection et l'opération et, d'autre part, à l'existence d’un foyer d'infection préalable dans l'organisme. C'est ainsi, dit-il, qu'en employant une table chauffable et en réduisant au minimum les chances du refroidissement, on a vu diminuer progressivement les cas de pneumonie postopératoire malgré le nombre toujours croissant des laparotomies. L'autopsie des patients ayant succombé à cette affection a démontré l'existence fréquente d'un foyer d'infection péritonéale, souvent pendant la vie. Hexze à d'ailleurs pu confirmer ces données par des expériences sur les animaux. Il a réussi à réaliser des affections pulmonaires au moyen du refroidissement associé à la narcose, par l'introduction d'un microorganisme infectieux dans la circulation sanguine où dans le péritoine.
KezzuxG (de Dresde), après avoir admis que les bronchopneumonies se font le plus souvent par voie bronchique, croit, au contraire, que la voie sanguine est la règle quand il s'agit de pneumonie et rapproche ces faits des embolies microbiennes si fréquentes à la suite des opérations de hernie étranglée.
Hgusxer (de Barnen) conclut de cette discussion que la pneumonie post-opératoire est une infection ordinaire par le pneumocoque, qui se trouve presque constamment répandu dans les diverses parties de l'organisme humain et peut à chaque instant aller, en empruntant la voie sanguine, se fixer sur un lieu de moindre résistance.
Les auteurs sont loin d’être d'accord sur cette question. IL est possible que la voie aérienne puisse devenir la porte d'entrée de ces infections à la suite de l’'irritation produite sur Son épithélium par les anesthésiques. Il n'en reste pas moins démontré que le point de départ est souvent le péritoine par exemple, et que dans ces cas l’origine sanguine est la seule possible.
Les septicémies latentes sont loin d'êtrerares, à la suite des
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opérations. Nous avons eu l’occasion de pratiquer un certain nombre d'hémocultures chez des opérés, un jour ou deux après l'opération. Nous avons été étonné de trouver dans quelques Cas, Sans grand cortège symptomatique, des germes pathogènes dans le sang (colibacille, pneumocoque, staphylocoque doré et anaérobies).