‹ Origine Sanguine des Pneumonies et BronchopneumoniesChapitre 18 sur 56 · IMMUNITÉ DE CERTAINES RACES · texte numérisé non relu

IMMUNITÉ DE CERTAINES RACES

Si l’on admet la théorie classique de l’origine pneumonique de toute septicémie à pneumocoque, on explique difficilement les pneumococcémies d'emblée généralisées sans lésion du poumon. Un fait signalé par MarcHoux est à ce point de vue bien démonstratif.

On sait que les races africaines se montrent plus réfractaires que les Européens à certaines maladies comme le paludisme, tandis qu'elles contractent plus facilement les affections pneumococciques.

Marcxoux a été, au Sénégal, le témoin de plusieurs faits probants à cet égard. C’est ainsi que sur deux cents tirailleurs sénégalais engagés au Soudan et amenés à Saint-Louis, quarante-huit, soit 24 p. 100, furent atteints d’affections de ce genre et que douze d’entre eux, soit 6 p. 100 de l'effectif, succombèrent. De nombreuses épidémies sur différents points de la région soudanaise reconnaissent le pneumocoque comme agent pathogène. La fréquence de ces manifestations pneumococciques parmi les noirs est d'autant plus remarquable

que les Européens qui résident dans la colonie y sont complètement insensibles, en cinq années de séjour au Sénégal.

Tantôt le pneumocoque se localise sur le poumon —- et c’est là un fait relativement rare; — le plus souvent la maladie est envahissante et atteint toutes les séreuses. C'est la méningite cérébro-spinale qui est la manifestation la plus grave et la plus fréquente.

Au mois de mars 1898, le chef de la province du Oualo informait l'administration que la mortalité s'élevait à d'énormes proportions : l'affection qui régnait ressemblait au tétanos et la mort était rapide. Les ensemencements de sang pratiqués donnèrent du pneumocoque, et l'on nota en même temps la présence de nombreuses pneumonies.

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