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compte de cette maladie ne furent en réalité que des septicémies à pneumocoque.
M. Méxérrier, en 1886, dans sa thèse si documentée sur cette question, avant que l’ensemencement du sang ne fut entré dans la pratique courante, avait déjà entrevu qu'on faisait rentrer dans le groupe des pneumonies grippales beaucoup de pneumococcies.
Cette théorie est, en tout cas, d'accord avec les résultats fournis par les moyens d'investigation scientifique modernes.
On sait combien la grippe affecte volontiers l'allure d'une grande septicémie, au point même d’être souvent confondue au début avec la maladie qui peut en être considérée comme le type : la fièvre typhoïde.
Suivant l'appareil qu’elle frappe avec prédominance, on a pu, comme onle sait, lui distinguer trois formes : nerveuse, respiratoire et gastro-intestinale. En se rappelant ce que cette division peut avoir de schématique et en quelque sorte d’arbitraire, on doit reconnaître qu'elle rend un compte exact des divers syndromes présentés au cours de cette affection.
Quelle que soit la forme présentée, il est rare que les phénomènes pulmonaires soient absents : ils apparaissent tantôt au premier plan, tantôt au contraire passent inaperçus au milieu du complexus symptomatique.
Il suffit de lire attentivement toutes les observations publiées en ces dernières années et celles qui figurent dans la thèse de M. MÉNÉTRIER, pour se convaincre que les accidents qui se produisent dans l'appareil respiratoire au cours de la grippe sont manifestement secondaires à une septicémie préalable et, par conséquent, nettement d'origine sanguine.
Il nous a été donné d'observer, dans le service de M. le D' Caussane, une épidémie de grippe qui amena dans notre service de l'hôpital Tenon près de cent vingt malades en l'espace de deux mois : nous pouvons apporter quelques faits précis en faveur de cette hypothèse.