ÉTUDE EXPÉRIMENTALE
Généralités sur les animaux et les cultures ayant servi à cette étude.
Nous avons vu, dans les chapitres précédents, que la clinique seule permettait de concevoir l’origine sanguine de la plupart des affections du poumon, et en particulier de la pneumonie. Nous avons cherché àréaliser expérimentalement des lésions variées du parenchyme pulmonaireen provoquant, avec des agents pathogènes différents, des septicémies.
Les microbes que nous avons le plus souvent inoculés furent le pneumocoque, le pneumo-bacille de Friedlander, le streptocoque et le staphylocoque.
Les animaux ayant servi à cette expérimentation sont : la
souris, le cobaye, le lapin, le rat, le chien et le porc. La souris est le réactif de choix pour reconnaître la présence du pneumocoque, puisqu'il suffit d’excorier la surface de la peau et d'y déposer une trace de culture ou d'exsudat pneumococcique pour que l’animal succombe en douze ou trente heures à une septicémie sans lésion pulmonaire avec un peu d'œdème local.
De nombreux auteurs ont déjà fait remarquer la difficulté que l’on avait à provoquer la pneumonie chez les souris, et ce fait tient à deux causes principales : elles meurent le plus souvent de septicémie avant qu'aucune localisation n'ait eu le temps de se produire ; lorsque les pneumocoques ont été atténués dans leur virulence, lorsque les animaux ont été au préalable immunisés contre l'infection pneumococcique, ils résistent suffisamment pour ne pas faire de pneumonie vraie.
Nous aurons l’occasion de voir cependant que, dans ces dernières conditions, il n’est pas rare de trouver, quand on sacrifie à temps les animaux, de la congestion pulmonaire à l’autopsie. < É
Le cobaye est beaucoup. plus résistant à l'infection par le pneumocoque, il paraît posséder une immunisation particulière ; il ne nous a pas été donné de constater dans son organisme la présence d'anticorps spécifiques : les réactions de fixation que nous avons tentées à ce sujet nous ont fourni des résultats incertains. Il n’est d’ailleurs pas démontré que l’on soit actuellement autorisé à considérer la réaction de fixation comme une réaction d'immunité.
Nous avons constaté, au contraire, que l’on pouvait arriver à provoquer chez ces animaux, en les mettant dans certaines conditions, des congestions pulmonaires avec les pneumobacilles de Friedlander.
Le rat est moins sensible que la souris à l’action du pneumocoque. Il faut de fortes doses pour le tuer, et la réaction locale est intense avec œdème séro-fibrineux gagnant toute la paroi abdominale et le thorax, mais il n'est pas rare de trouver quelques lésions pulmonaires, parfois même une véritable pneumonie lobaire. L’inoculation intra-pulmonaire engendre un noyau de pneumonie lobaire avec pleurésie séro-fibrineuse.
Pneumonies du lapin provoquées par l'injection sous-cutanée de pneumocoôques peu virulents.
Le lapin est un animal excessivement sensible à l’action du preumocoque. Sile pneumocoque est très virulent, quelle que soit la voie d'introduction, la mort survient en vingt-quatre heures par septicémie. Les lésions constatées sont plutôt hémorragiques : il y a de grosses pétéchies à la surface du grosintestin, des capsules surrénales, des reins, des poumons, parfois même de la peau, la rate est hypertrophiée, on re-